
 |

|
 Thomas Florschuetz, Ohne Titel (Palast) #53, 2006, C-Print, Diassec, im Besitz des Künstlers
|

Pas tout à fait disparu et déjà au musée ! La mini exposition de la Hamburger Bahnhof se penche au chevet du Palast et propose quelques variations autour de sa destruction. Chronique artistique d’une disparition.
Dans cette exposition, Sophie Calle questionne le phénomène de disparition des traces de la RDA, ou plutôt comme cette artiste a souvent l’habitude de le faire, elle interroge les autres : ceux qui, par exemple, ont vu le cercle accroché à la façade du Palais avec les emblèmes de la RDA, le compas, le marteau et la couronne de céréales. Elle présente également ses Souvenirs de Berlin-Est, un travail réalisé en 1996 et dans lequel elle photographiait l’emplacement vide où se trouvait ici une statue de Lénine, là un soldat russe, ou encore le nom d’une rue débaptisée… Vide, témoignages et photos du monument forment un triptyque qui met en lumière la fragilité du souvenir lorsqu’il ne reste plus aucune trace.
Dans les photographies grand format de Thomas Florschuetz, le Palais de la République prend des allures de nature morte, ou plutôt de Stillleben, le mot allemand convient mieux : la vie calme. De ces photographies en bichromie rouille et vert de gris surgissent des traces du passé récent (par exemple une pancarte où figure le mot Kunstsalon, vestige d’une période de 2002 ou 2005 durant laquelle le palais s’est transformé en centre culturel). Puis à partir de 2006, les clichés s’éclaircissent, les vitres disparaissent peu à peu, le Palais devient transparent. Mais Thomas Florschuetz continue de le montrer de « l’intérieur », les vitres filtrant le monde du dehors : la silhouette menaçante de la cathédrale de Berlin.
On se met alors à imaginer ce qu’il restera du Palais de la République quand le démontage sélectif (euphémisme pour parler de destruction) sera achevé en…2008! (voir article associé)
Dominique Treilhou
Une exposition sur le Palais de la République avec les œuvres de Sophie Calle, Thomas Florschuetz, Tacita Dean, Nina Fischher et Maroun El Sani à la Hamburger Bahnhof jusqu’au 27 août.