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Voler de Berlin à Londres pour 15€ ? Oui, c’est possible grâce aux compagnies à « bas coût », les fameuses « low-cost ». Elles permettent aux 450 millions d’Européens de traverser le continent en large et en travers, pour un prix inférieur à celui du péage d’un trajet Paris - Lyon en voiture. Mais qui sont donc ces compagnies, quel est leur modèle, et comment font elles pour gagner de l’argent ?

 




L'aéroport de Schönefeld acceuille les compagnies low cost depuis 2003


 

 

 

Les « low-cost » sont nées aux Etats-Unis à la fin des années 70. Mais c’est en arrivant en Europe dans les années 90 que le concept s’est modernisé pour devenir très rentable. Car si les prix d’appel proposés aux clients volent en rase motte, les coûts de fonctionnement de ces compagnies ne sont pas en reste. On économise sur tout, du papier du billet au traditionnel repas froid agrémenté d’un verre de mauvais vin servi à bord par les compagnies « classiques ». Les « low-cost » se contentent de vendre un vol du point A au point B, sans fioritures. C’est une des bases du modèle. Ainsi ne proposent elles pas de correspondances, qui nécessitent une coûteuse infrastructure pour transférer les bagages. Si elles n’ont pas la côte auprès des agences de voyages, c’est qu’elles ont décidé de se passer d’elles, et de leurs commissions élevées. Profitant du développement d’internet, les low-cost vendent leurs billets elles mêmes, suivant un système très simple : plus l’avion se remplit, plus les prix augmentent. Cela encourage les réservations à l’avance. Réservations qui, bien sûr, ne peuvent être modifiées gratuitement par la suite. Imparable.

 

Il faut faire vite, les avions doivent ne rester en moyenne que trente minutes au sol, histoire de maximiser leur utilisation et ainsi en rentabiliser l’achat. Le système et bien huilé, à l’image des moteurs des avions. Souvent soupçonnées d’inclure la sécurité dans leur liste de coûts à réduire, les compagnies low-cost sont cependant soumises aux mêmes règles que les autres compagnies européennes, notamment en ce qui concerne l’entretien des avions. Et font même mieux pour l’âge moyen des appareils : en septembre 2003, Easyjet a ainsi commandé pas moins de 140 Airbus A319 flambants neuf.

 

Une vraie « success story » à l’européenne pour la compagnie orange, qui fêtera ses onze ans en octobre prochain. Son fondateur, Stelios Haji-loannou a débuté grâce à un prêt de son père armateur grec (ce qui peut aider dans la vie), grâce auquel il ouvrit deux lignes de Londres vers l’Ecosse avec deux avions en leasing. En 1997, c’est la libéralisation du ciel européen et, pour Easyjet, l’envolée. Au cours des deux années qui vont suivre, la compagnie ouvrira 32 nouvelles lignes vers neuf pays d’Europe. Après avoir transporté 30 millions de passagers en 2005, la compagnie n’a pas encore atteint son altitude de croisière et compte poursuivre son exceptionnel développement.

 

Mais elle n’est pas la seule. Pour elle et ses concurrents, l’irlandaise Ryanair en tête, il reste beaucoup de marchés à prendre en Europe, notamment à l’est, mais aussi en France (voir par ailleurs). Malgré le prix du pétrole, les compagnies low-cost volent vers un ciel sans nuages.

 

Constant von Meerkamp

 

 

Par delà les nuages

Les compagnies low cost à l’assaut de l’Allemagne

Décollage difficile pour les low cost en France

Pollution : la fin du non droit ?

Y a-t-il des « Low Cost » dans le ciel africain?

 








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