Longtemps inquiétée par un procès lié au dopage, la Juventus a plongé pour une vaste affaire de matchs truqués. Quelques semaines après la victoire italienne en Coupe du monde, le Milan AC, la Fiorentina et la Lazio de Rome ont tous été sanctionnés dans le plus grand scandale du foot italien.
Quand le scandale du dopage a surgi à la Juventus, les accusés se sont composés des visages effarés. Pourtant d’investigations en interrogatoires – allant jusqu’à impliquer Zinedine Zidane – la « Vieille Dame » s’en était jusqu’ici habilement tiré.
Mais cette année, la justice a fini par la rattraper. Impliquée dans une vaste affaire de matchs truqués, la Juventus de Turin, accusée de s’être acheté des arbitres, a entraîné dans sa chute l’AC Milan, la Fiorentina et la Lazio de Rome. En une semaine, après le titre mondial de son équipe nationale, le football italien a connu le paradis et l’enfer. Voici la « Juve » sanctionnée pour fraude sportive, perdant ses deux derniers titres de champion d’Italie (2004 et 2005), reléguée en deuxième division avec 30 points de pénalisation et condamnée à payer 80 000 euros d’amende. Elle qui n’avait jamais connu que la Serie A devra compter sur un miracle pour ne pas descendre encore d’une division à la fin de la nouvelle saison. Le purgatoire, dans l’optique d’une rapide remontée dans l’élite, durera au moins deux ans.
La Fiorentina (amende de 50 000 euros, pénalité de 12 points) et la Lazio de Rome (40 000 euros et 7 points) évolueront également en Serie B. L’AC Milan de Silvio Berlusconi (30 000 euros, 15 points) est la moins pénalisée. Elle est cependant privée de Ligue des champions. Et les hommes dans tout cela ? Peu ont été épargnés : de Luciano Moggi (5 ans de suspension de toute fonction sportive), ex-directeur général de la Juventus au centre du scandale, à Franco Carraro, président démissionnaire de la Fédération italienne de football en passant par Tullio Lanese, président démissionnaire de l'Association italienne des arbitres. À l’unanimité les quatre clubs ont décidé de faire appel. Romano Prodi, président du conseil italien, a été clair : «On sait combien le football est important pour les jeunes et pour la moralité du pays.»
Julien Bels