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La nouvelle Beetle de Volkswagen parade sur les Champs-Élysées

 

Alors que la France enregistre toujours un taux de croissance supérieur à celui de l’Allemagne, ses performances sont nettement moins favorables dans le domaine du commerce extérieur. Depuis 2001, ses exportations stagnent et son déficit du commerce extérieur se creuse : il s’élevait à 26,4 milliards d’euros l’an dernier contre 6 milliards en 2004. En revanche, les exportations allemandes progressent à un rythme plus soutenu que le commerce mondial, ce qui se traduit par un excédent de 160 milliards d’euros pour la seule année 2005, faisant de l’Allemagne le champion du monde de l’exportation.

 

Parallèlement, la part des produits allemands dans le commerce mondial est passée de 8,6% en 2000 à 9,3% l’an dernier, celle des produits français recule de 5,1% en 2000 à 4,4% en 2005. Cette situation est d’autant plus surprenante que depuis l’introduction de l’euro, tous les pays de la zone euro sont logés à la même enseigne. Il en va de même de la hausse des prix du pétrole qui touche la France et l’Allemagne de la même manière.

 

Quels sont donc les principaux éléments, susceptibles d’expliquer les raisons de ce décrochage de l’économie française?

 

Selon Patrick Artus, le directeur des études économiques de la banque parisienne Ixis, l’explication essentielle réside dans le fait que les entreprises françaises ne proposent pas assez de produits haut de gamme et disposant d’une avance technologique. Une grave erreur stratégique, car l’Allemagne et le Japon réalisent la moitié de leurs exportations dans le haut de gamme, un segment de marché qui représente le tiers de la demande mondiale. Et face à la présence croissante de la Chine, il est désormais important de pouvoir se positionner sur des segments de marché à très forte valeur ajoutée, comme le haut de gamme et la technologie de pointe. « Aujourd’hui, la France ne sait exporter que des Airbus et du tourisme » explique Artus. Et d’argumenter : en dehors des avions et des bateaux, les exportations ont baissé de 30% en six ans. A cela s’ajoute, selon l’économiste, un manque de performances des entreprises françaises dans de nombreuses branches comme la machine outil, le matériel informatique mais aussi l’automobile qui représente à elle seule plus de la moitié des exportations en 2005.

 

Seuls deux secteurs viennent limiter la surperformance allemande : la pharmacie et dans une moindre mesure le fer et l’acier. De plus, les entreprises allemandes sont deux fois mieux positionnées dans les pays importateurs que les firmes françaises. Un atout appréciable puis qu’il leur permet de maintenir les prix et les marges en cas de recul conjoncturel, explique Patrick Artus.

 

Mais selon cet économiste, qui vient de révéler cette analyse dans un rapport pour le Conseil d’Analyses Economiques (CAE), les entreprises hexagonales ne doivent pas seulement offrir davantage de produits de qualité. « Suivant l’exemple de l’Allemagne, la France doit aussi favoriser la croissance des petites et moyennes entreprises » explique-t-il. Beaucoup plus que les politiques habituelles d’aide à l’exportation, « il est nécessaire de rendre les PME plus productives, plus grandes et plus flexibles, donc plus réactives ». Pour cela, il faudrait lever les blocages de financement, d’accès au marché et de concurrence. Dans son rapport, Artus propose de donner une partie minimale des marchés publics aux PME, « leur offrant ainsi une garantie de chiffre d’affaires pour qu’elles puissent prendre le risque de la création d’emploi et de l’exportation ». Autant dire que la stratégie du gouvernement français, qui consiste à favoriser en priorité la création de champions nationaux, n’est pas optimale pour relever les défis de la mondialisation.

 

Lothar Gries, Francfort

 








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