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Allemagne, bien choisir sa caisse d'assurance maladie - le système à deux vitesses
Les Français qui arrivent en Allemagne sont tous confrontés au problème du choix de leur caisse d’assurance maladie. En effet, contrairement à la France, l’Allemagne a un système où se côtoient des caisses d’assurance privées mais aussi des caisses d’assurance publiques qui se font une certaine concurrence entre elles. La question revient souvent de savoir quelle caisse choisir.
Tout d’abord, un salarié n’a accès aux caisses d’assurance privées qui si son salaire brut mensuel dépasse 3.562 €. Si cela n’est pas le cas, il ne peut qu’adhérer à une caisse publique et devra choisir parmi les différentes qui s’offrent à lui en fonction de leurs tarifs respectifs (la caisse « AOK » étant à environ 15 % du salaire brut – partagés entre salarié et employeur – plus chère que la caisse « Barmer », celle-ci à son tour plus chère que d’autres caisses). Le principe de la caisse publique est qu’elle assure toute la famille au même tarif.
Les caisses privées sont accessibles aux salariés qui perçoivent un salaire supérieur à 3.562 € par mois et, ici encore, le choix existe entre environ 50 caisses différentes. Contrairement aux caisses publiques, les caisses privées peuvent refuser d’assurer une personne et déterminent librement le montant des primes d’assurance en fonction de l’âge et des antécédents médicaux de l’assuré. Les primes sont payées pour chaque personne au foyer : plus il y a d’enfants, plus la prime est chère.
Notons que, d’une manière générale, les caisses privées remboursent plus facilement et plus largement les soins des assurés. A tel point que l’Allemagne prend conscience que son système d’assurance maladie peut se révéler malsain et discriminatoire pour les gens assurés auprès d’une caisse publique. Comme l’a révélé la chaîne de télévision ARD dans un reportage diffusé récemment, le mode de fonctionnement et de décision dans les caisses publiques est parfois si mal conçu que certains assurés affichant un besoin vital d’obtenir certains soins ne peuvent y accéder faute de prise en charge. Certaines caisses publiques laissent alors sans soins leurs assurés, même en cas de péril pour la vie, comme l’a souligné le reportage susmentionné, sans qu’un mécanisme de couverture d’urgence ne soit mis en place.
Rien d’étonnant à ce que l’on assiste, depuis quelques années, à un transfert massif d’assurés du public vers le privé, du moins pour ceux qui le peuvent financièrement. La belle Allemagne affiche donc un système à deux vitesses, selon que l’on soit « riche » et assuré dans le privé ou « pauvre » et assuré dans le public (« 2 Klassen-Gesellschaft »). Espérons pour les malades en attente de prise en charge que cela change très rapidement.
Hugues LAINÉ