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La communauté Ahmadiyya, qui prône un islam laic, est présente dans 178 pays.

 

La construction de la première mosquée dans l'ex-RDA rencontre une opposition hystérique dans le quartier berlinois de Pankow.

 

L'imam est toujours sous le choc. "J'habite en Allemagne depuis 24 ans. Je n'ai jamais été confronté à autant de racisme", assure Abdul Basit Tariq de la communauté musulmane Ahmadiyya, d'origine pakistanaise. "Notre communauté a construit douze mosquées en Allemagne de l'Ouest. Il y a toujours eu des résistances, surtout depuis le 11 septembre 2001",

explique-t-il. Mais à chaque fois, le dialogue avec les habitants a permis de débloquer la situation.

 

A l'Est de Berlin, il avait compté sur des résistances. Pas sur une vague d'hystérie. C'est tout

un quartier qui a été pris de panique quand la nouvelle est tombée. Lors de la première réunion d'information organisée en mai par la mairie du quartier, la police a fait évacuer une salle surchauffée de 1500 personnes. Retraités, pères de famille, mais aussi une douzaine de néonazis étaient venus protester contre la construction d'une mosquée à Berlin Est, la première autorisée sur le territoire de l'ancienne RDA.

 

"Nous sommes le peuple !" ont scandé les opposants, reprenant à leur compte le slogan du soulèvement pacifique est-allemand de 1989 (Wir sind das Volk !). "Si nous laissons faire, notre quartier finira aux mains des Turcs", a lâché une femme. L'imam a du quitter la salle sous la protection de la police. Quelques semaines plus tard, les opposants sont venus perturber un conseil municipal extraordinaire. "L'ambiance me rappelle les pages les plus noires de l'histoire allemande" a déclaré ce soir-là une dame qui a vécu la dictature nazie.

 

Le maire, qui reconnaît avoir informé tardivement la population, a été lui aussi menacé par mail. "La mosquée va brûler!" a-t-il lu dans son courrier électronique.

 

Depuis cette soirée explosive, l’imam est à la recherche du dialogue. "Je veux voir les gens en petits groupes pour leur dire qui nous sommes" explique Abdul Basit Tariq. "Les habitants de l'ancienne Allemagne de l'Est n'ont pas l'expérience des étrangers. Ils ont peur parce qu'ils ne connaissent pas l'Islam" pense-t-il (en ex-RDA, le nombre d'étrangers était faible : 2% contre 10% à l'Ouest).

 

Autour du lieu incriminé, un terrain vague de 4700 m2 situé entre un fast-food et une sortie d'autoroute, les affichettes fleurissent. "Pas de mosquée à Pankow!" lit-on. "Nous ne voulons pas de ces gens chez nous" répètent les habitants dans la rue. La liberté de religion, garantie par la constitution, leur importe peu. "Non, c'est non! Même sur 10 mètres carrés" hurle un passant. "Ces gens-là n'ont rien à faire ici. Ils ne partagent pas les mêmes valeurs que

nous" assure Heiner Fleck, porte-parole de l’association anti-mosquée (Bürgerinitiative). Ce

médecin à la retraite ne croit pas les services de renseignements qui qualifient les Ahmadis de "communauté pacifique" disposant de toutes les autorisations administratives. « Selon des orientalistes allemands, c’est une secte », croit-il savoir en citant l'extrait d'un ouvrage «spécialisé».

 

La "Bürgerinitiative" refuse d'être assimilée à l'extrême droite. Mais leurs manifestations continuent d’être infiltrées par les néonazis du NPD (un parti que le gouvernement Schröder voulait interdire). Fin juin, en pleine Coupe du monde de football, plusieurs responsables de ce parti violent, raciste et antisémite s’étaient mêlés aux 2000 manifestants contre la mosquée sans être inquiétés.

 

Malgré la brutalité des réactions, la communauté Ahmadiyya de Berlin, forte de 200 membres, ne veut pas céder. Installée dans un pavillon au bord de l'aéroport de Tegel, elle cherchait un terrain depuis dix ans. "Si nous reculons, le problème se répétera ailleurs" craint l'imam Tariq.

 

Dans l’état actuel des choses, rien n'empêche le commencement des travaux. Mais ils devraient se faire sous la protection de la police. Un scénario que l'imam refuse.

 

Christophe Bourdoiseau

 








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banjo /// Dienstag, 07-10-08 12:40

vous pouvez pas supprimer les propos d'un pareil débile?

je sais qu'à la gazette vous aimez la diversité, mais y a des limites à la liberté d'expression! non?

 
 

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