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L'Insitut Français, 211 rue de Kurfürstendamm à Berlin


Du 7 septembre au 23 octobre 2010, pour ses 60 ans, l’institut français de Berlin connu plus intimement sous le nom de Maison de France, ouvre ses portes à tous les curieux envieux de découvrir son histoire. Une exposition d’archives manuscrites, radio et vidéo raconte les moments forts vécus dans cette maison avant et après la chute du mur. Parmi les nombreuses archives papiers, des coupures de journaux, des lettres jaunies, tapées à la machine, où on y découvre les plumes de grands écrivains français, philosophes, journalistes qui à un moment de leur vie ont fait appel ou ont été sollicités par la maison de France berlinoise. Marguerite Duras, Cousteau ou encore Claude Simon prix Nobel 1985 ont collaboré ou sont passés par le 211 de la rue Kurfürstendamm dans le quartier historique de Charlottenburg. Passionnés de grandes et de petites histoires, venez vous régaler…


Le 21 avril 1950, l’institut français de Berlin ouvrait ses portes au public berlinois et francophone, pour renouer les relations franco allemandes troublées par les deux guerres mondiales. Lectures, spectacles, concerts étaient organisés régulièrement pour faire découvrir la culture française dans ce quartier que l’on appelait le centre de Berlin Ouest. L’histoire de la maison de France, c’est aussi la triste date du 25 août 1983 où le dernier étage fut réduit en poussière. Johannes Banerich, un des bras droit du terroriste Carlos, issu de l’Armée Secrète Arménienne de libération de l’Arménie commet un attentat contre le consulat de France installé à l’époque dans l’institut, un film retrace cet événement. Peu de temps après, en 1984, le mur de séparation entre Berlin Est et Ouest a conduit la maison de France à se dédoubler de l’autre coté du mur pour y installer un centre culturel français à Berlin Est à Unter den Linden afin de continuer ses actions culturelles durant la guerre froide, 22 ans après l’érection du mur. Les archives présentées viennent donc des deux instituts. Depuis 1995, les deux maisons ne font plus qu’une dans l’actuelle Maison de France rue Kurfürstendamm qui abrite aussi le cinéma Paris. C’est l’occasion pour La Gazette d’interroger la première femme à la tête de cette institution, Carine Delplanque, ancienne directrice du centre culturel français d’Innsbruck en Autriche. Cette grande dame élancée a plus d’un tour dans son sac.




Carine Delplanque, directrice de l'Institut Français et Annik Spelsberg son assisante dynamique.

La Gazette : Que représente ces 60 ans pour l’institut et pour vous ?

Carine Delplanque : Pour ces 60 ans on a décidé de rénover la maison, ce qui explique que nous sommes aux couleurs de Berlin, en chantier avec un bel échafaudage devant nos fenêtres, car le bâtiment est classé monument historique, c’est d’ailleurs le 1000ème de Berlin.

Donc malgré les travaux on a poursuivi notre projet de fête, nous allons donc mélanger  tapis rouges et échafaudages. L’événement s’appelle Sechszig sexy Jahre in Berlin (60 ans sexy à Berlin) pour reprendre le slogan du maire de Berlin « Cette ville est pauvre mais sexy ». Nous savons que ces 60 ans n’ont pas été seulement sexy pour cette ville et pour l’ institut français mais 60 ans c’est avant tout trois fois 20 ans, une troisième jeunesse et cela tombe 20 ans après la chute du mur, cela sonne bien.


La Gazette : Qu’avez-vous décidé de faire pour l’événement ?

Carine Delplanque : Nous avons voulu faire un retour sur notre passé avec des archives venant des deux instituts, rassemblées par Oliver Rohe, un écrivain français, berlinois depuis quelques années. Il s’est penché sur les programmes de l’époque et sur les courriers que les différents directeurs des instituts français ont reçu d’auteurs connus et moins connus avec l’appui de partenaires précieux comme les médias allemands et français, Radio France, et l’INA (institut national audiovisuel), qui ont retrouvé des pellicules retraçant des moments forts de la maison de France, son ouverture en 1950, l’attentat de 1983 et les échos dans les presses allemande et française. Nous veillons actuellement à être visible dans les médias pour constituer qui deviendront les archives de demain. Dans la démarche d’intégrer des artistes à nos activités vous pourrez aussi profiter de l’exposition photo de deux artistes français vivant à Berlin, ils ont fait 16 portraits de berlinois habitant sur les collines berlinoises qui ne sont autre que les fameuses Trümmerberg datant de la seconde guerre mondiale, et dont beaucoup ignorent où elles se trouvent. Ces portraits sont très révélateurs des berlinois aujourd’hui et c’est un bel état des lieux de ce qu’un français peut comprendre de Berlin quand il y vit quelques mois ou quelques années. On espère que cette exposition ira jusqu’en France.

Le 7 septembre, pour l’inauguration un chorégraphe viendra avec six danseurs de tous les âges, peut être même un danseur de 60 ans qui sait ! pour réaliser une performance. Il s’inspire de l’idée que le corps humain peut être une archive génétique, identitaire, il va donc nous surprendre et interpréter les temps forts de l’institut.




Portraits de Berlinois.


La Gazette : L’institut français, c’est quoi aujourd’hui ?

Carine Delplanque : Cet institut donne l’impression d’être en France, avec un coin lecture presse française où les visiteurs viennent aussi profiter du wifi. Le personnel et les visiteurs que l’on chiffre à 150 par jour parlent français en général et les allemands qui viennent à la médiathèque sont ravis de pouvoir parler avec la bibliothécaire en français. L’actualité littéraire est très riche avec de nouveaux ouvrages et romans renouvelés régulièrement. Nous proposons également des cours de français, cette année 1800 élèves ont suivi des cours dans les locaux de la maison, et nos professeurs sont également amenés à donner des cours à l’extérieur, dans des entreprises.


La Gazette : De quelle manière dirigez-vous l’institut français ?

Carine Delplanque : J’essaie de mettre une touche féminine pour accueillir le public en proposant  des thèmes sur la génération de femmes engagées qui ont ouvert la voix du féminisme. Lorsque je programme une lecture d’Isabelle Badinter avec un public de 200 personnes, je suis heureuse. Nous essayons de faire venir régulièrement des auteurs français, et des chanteurs qui j’espère dans quelques années seront aussi connu que Georges Moustaki, ou Léo Ferret qui sont également passés à l’institut français. Diriger un centre culturel en Allemagne c’est surtout aimer ce pays, c’est avoir eu un goût pour l’échange culturel franco allemand, étant jeune j’ai bénéficié du système Erasmus mais j’ai aussi participé aux échanges culturels entre les deux pays. Dès que je peux intégrer des partenaires locaux je le fais avec plaisir, par exemple la semaine prochaine avec le Literaturfestival (festival de la littérature), quatre manifestations se dérouleront ici. J’essaie d’avoir une programmation au rythme des saisons mais aussi au rythme de la culture et de l’actualité berlinoise. Je tente de cerner les intérêts des berlinois, faire venir des gens connus et en même temps me lancer dans des événements un peu audacieux comme la musique contemporaine. Et j’entreprends un travail de veille afin de poursuivre les programmes que l’on a envie de voir grandir.


Hélène Bourgon

03/09/2010


Vous pouvez assister le mardi 7 septembre 2010 à l’inauguration de l’exposition en vous inscrivant sur le site :

 

http://www.institut-francais.fr/-berlin-.html









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