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L'Hôte de Ville d'Hambourg (Foto:Daniel Schwen)

Maire de Hambourg depuis 2001, Ole von Beust (CDU) avait annoncé sa démission le 18 Juillet 2010. Christoph Ahlhaus (CDU), ministre des Affaires Intérieures du Land de Hambourg, a été choisi le 25 Août par le parlement local pour lui succéder. Mais son élection avec un résultat presque trop confortable (70 voix sur 121 là où seulement 68 étaient attendues !) n’a pas été exempte de soubresauts. En Schleswig-Holstein, le Land entre Hambourg et le Danemark, la CDU doit faire face à d´autres difficultés liées à l’invalidation de la loi électorale.




Ole von Beust (Foto: E.S. Myer)

Ole von Beust est le premier ministre-président* qui a réussi à former une coalition entre les Verts et les Chrétiens-Démocrates dans un Land. Hambourg étant une ville-Etat,** le maire est aussi le ministre-président du Land et le parlement est à la fois celui de la ville et du Land. Ole von Beust a formé en 2008 une coalition avec le GAL (Grüne-Alternative Liste), une composante des Verts. En désignant Ahlhaus pour successeur, Von Beust a provoqué la colère du GAL.

 

 


La coalition Noir-Verte menacée d’un coup d’épée ?

 

En effet, s’il faisait lui partie de l’aile plutôt libérale de la CDU, Christoph Alhaus est un tenant de la ligne dure au sein de la CDU, plus à droite et plus conservateur que son prédécesseur. De plus, quelques temps avant l’élection, l’appartenance de M.Ahlhaus à une corporation étudiante traditionnelle et très conservatrice, la « Turnerschaft Ghibellinia zu Heidelberg », s’est ébruitée. Cette corporation où l’on maintient la tradition du duel à l’arme blanche est notamment connue pour ses penchants nationalistes et misogynes. Les Verts pas vraiment nationalistes et attachés à l’égalité homme-femme avaient alors tiqué et exigé de M.Ahlhaus qu’il fasse la lumière sur ses relations avec la corporation. L’intéressé avait répondu ne plus rien avoir à voir avec elle et demandé au président de le retirer de la liste des membres.

 

Malgré ces aléas, les Verts ont finalement soutenu M.Ahlhaus. Lors de la réunion de la branche locale du parti, le 22 Août, les 300 membres avaient décidé à la quasi unanimité de l’élire à la tête du Land. Il n’y a guère que la branche « jeune » et l’aile gauche qui ont voté contre lui. Pour la direction du parti, M.Ahlhaus est simplement le successeur de M.Von Beust, et il n’y avait donc pas de raison objective pour quitter la coalition. Pour calmer les esprits, la responsable locale des Verts a rappelé que le parti pouvait à tout moment décider de se retirer de la coalition.

 

 




Christoph Ahlhaus und seine Frau Simone (Foto: Udo Grimberg)

Grâce au soutien des Verts, M.Ahlhaus a été élu avec 70 voix sur 121. Mais Verts et les Chrétiens-démocrates, réunis, n’ont que 68 sièges dans le parlement local : cela signifie que deux députés de l’opposition ont voté pour lui. Le chef du groupe parlementaire du SPD (Parti social-démocrate allemand), Michael Neumann a déclaré qu’il était « fâcheux que l’opposition n’ait pas voté à l’unanimité » et qu’il ne savait pas « de quel parti provenaient les deux voix supplémentaires ».

 

Dora Heyenn, chef du groupe parlementaire du parti « Die Linke » (La gauche) exclut définitivement que quelqu’un de son parti ait pu voter pour le nouveau maire : le résultat est pour elle une surprise. Et tandis que l’opposition se divise sur l’origine de ces deux voix inattendues, M.Ahlhaus, lui, s’en réjouit : il s’est déclaré «animé d’une responsabilité particulière à l’égard des habitants de la ville ». Au programme du nouveau gouvernement d’Hambourg : l’équilibre entre écologie et économie. Mais c’est surtout la réduction du déficit public qui sera le plus grand défi : le Land doit économiser chaque année près de 500 millions d'euros.




En rouge: Hambourg; le Land au-dessus est Schleswig-Holstein

La loi électorale en Schleswig-Holstein est anticonstitutionnelle

 

Dans le Schleswig-Holstein, le Land frontalier du Danemark et qui entoure au nord la ville-état de Hambourg, les autorités locales ont un autre problème : la Cour constitutionnelle du Land a déclaré anticonstitutionnelle la loi électorale. Celle-ci doit donc être modifiée avant le 31 Mai 2011, tandis que de nouvelles élections doivent être organisées au plus tard au mois de Septembre 2012***.

 

C’est un recours collectif en justice déposé par «Die Linke», les Verts, un parti local et environ 50 citoyens, qui a été à l’origine de cette décision de justice. En Septembre 2009, les chrétiens-démocrates ont reçu 11 mandats excédentaires,**** mais les autres partis n’en ont eux reçu que huit. La loi qui fixe la répartition des sièges au sein du parlement est complexe, et son interprétation par la responsable du scrutin a favorisé la coalition CDU-FDP. Cela lui a permis d’obtenir la majorité et donc de gouverner le Land. Une autre interprétation de la loi électorale aurait pu bouleverser les résultats du scrutin.

 

En un an, pas moins de six ministres-président du parti Chrétien-démocrate ont déjà démissionné. Ces démissions, la situation en Schleswig-Holstein, la perte par la CDU de la majorité dans certains Länder et au Bundesrat : les signes de l’insatisfaction des Allemands à l’égard de leur gouvernement peuvent paraître nombreux. Rien d’étonnant donc à ce que le gouvernement d’Angela Merkel faiblisse dans les sondages de confiance et que les médias soulignent son isolement toujours plus grand.

 


Anja Willanzheimer

03/09/2010

 

* Le Ministre-Président, le Président d’un Land, est élu par le parlement local.

 

** Hambourg, Berlin et Brême constituent chacune d’elle à la fois une ville et un Land, ce sont les 3 « ville-état » de la République fédérale.

 

*** Normalement les élections locales ont lieu tous le cinq années, cette périodicité peut varier d’un Land à l’autre.

 

****. La loi électorale allemande, complexe, est et le produit d’un équilibre intelligent entre scrutin uninominal majoritaire et un scrutin de liste proportionnel. Pour élire leurs députés (au niveau local comme au niveau fédéral) les citoyens ont deux voix. L´une pour une personne au sein d’une circonscription locale, et l´autre pour une liste présentée par un parti. Selon les résultats des élections, le nombre des députés élus fait l’objet d’un rééquilibrage tenant compte des voix obtenues par les listes des partis et peut donc varier : il n’est jamais fixé à l’avance.

 

 

 









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