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 "Tempelberg" de Jakob Tigges
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Le parc de l’aéroport de Tempelhof a rouvert ses portes le 8 mai dernier, 65 ans, jour pour jour, après la capitulation du IIIème Reich. Si les idées les plus surprenantes ont émergé lors des réflexions autour du réaménagement du site, l’avenir de ces hangars historiques se jouera les 28 et 29 août prochain lors d’une rencontre des Berlinois avec les architectes.

Un nouveau poumon vert pour la capitale
Entre Kreuzberg et Neukölln, le Tempelhofer Feld constitue désormais le plus grand parc de Berlin devant le Tiergarten. Le site de l’ancien aéroport de Tempelhof s’étend sur 386 hectares dont 40 pour le bâtiment et les pistes en béton. Pas moins de 200 000 Berlinois se sont pressés le 8 mai dernier pour passer du temps sur ces anciennes pistes de décollage et d’atterrissage ainsi que sur les pelouses avoisinantes. C’est l’entreprise Grün Berlin, déjà responsable de plus de 2500 jardins de la capitale, qui est chargée d’exécuter les projets mis en place pour le parc. Par ailleurs, le site a été sélectionné pour accueillir l’Internationale Gartenschau de 2017. Pour permettre la tenue de ce salon majeur du paysagisme et du jardinage international, la ville a promis une enveloppe mécénat de 60 millions d’euros sur 7 ans. Les débats autour de l’avenir du bâtiment, depuis la fermeture de l’aéroport octobre 2008, ont déchainé les passions.
Le projet « the Tempelberg » et autres propositions
Le sort du site avait été soumis à un référendum d’initiative populaire le 27 mars 2008, l’ICAT (l’association de défense de l’aéroport de Tempelhof), avait réuni les 200 000 signatures nécessaires à la tenue d’un tel scrutin. Les Berlinois s’étaient alors prononcés à 60% en faveur d’une poursuite de l’activité aéroportuaire. Seulement, la trop faible participation (autour de 20%) a rendu le résultat nul et la fermeture fut donc définitivement entérinée. 25% des électeurs doivent se rendre aux urnes pour valider l’issue d’un scrutin référendaire d’initiative populaire. Les projets autour du bâtiment, qui s’étend sur 1.2 km, se sont dès lors succédé. Le caractère tant historique que symbolique du lieu n’a fait que retarder la décision finale. Fondé en 1923 puis rénové et agrandi entre 1935 et 1941 par les architectes du régime national socialiste Speer et Sagiebel, Tempelhof est également connu pour avoir servi de base aux avions ravitailleurs anglais et américains qui participèrent au pont aérien de 1948 et 1949. L’architecte Jakob Tigges a ainsi souhaité conservé l’image extraordinaire du site en proposant son projet « the Berg » . Il s’agissait d’ériger la plus grande montagne artificielle au monde. Bien que les photomontages soient savoureux, Tigges a finalement reconnu qu’il n’a jamais été question de bâtir ce mont. Il souhaitait créer un enthousiasme autour de l’avenir de Tempelhof et proposer aux autres architectes de sortir de la routine centre commercial, gratte-ciel, quartier résidentiel. Ronald Lauder, homme d’affaire américain et fils des fondateurs de la marque de cosmétiques Estée Lauder, avait quant à lui soumis une idée d’investir 350 millions d’euros pour créer un immense centre de soin privé. Par ailleurs, les fameux studios de cinéma Babelsberg, situés à Potsdam, proposèrent également le rachat de Tempelhof pour créer un gigantesque lieu de tournage nommé le FilmHafen Tempelhof . En réponse à ses innombrables projets, le quotidien Tageszeitung publiait fin octobre 2009 un plaidoyer en faveur d’une responsabilisation citoyenne des Berlinois. La solution se trouvait selon eux dans l’attribution d’un mètre carré des 340 hectares disponibles à chacun des 3.4 millions d’habitants de la capitale allemande. Ces particuliers, possesseurs d’une partie du parc de Tempelhof, aurait alors pu céder leur bien au projet qui leur aurait tenu le plus à cœur. L’avenir des locaux disponibles de Tempelhof ne se trouve cependant pas dans ces propositions parfois loufoques.

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 Affiche du Berlin Festival, les 10 et 11 septembre
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Le Sénat clôt les débats
Le Sénat berlinois a publié une annonce destinée aux architectes sur son site internet. Il s’agissait, le 15 juin dernier, de choisir 6 projets (sur les 78 proposés) qui se partageront 100 000 euros (16.666 chacun) pour imaginer le futur de l’aéroport désaffecté et de son parc. Les Berlinois sont invités à se rendre les 28 et 29 août prochain à Tempelhof pour questionner les 6 cabinets d’architectes en lice et écouter le détail des projets.
- Cabinet BASE, Paris, projet 1006 « AIRpark BLN » : L’intention des architectes français se résume en un projet d’écologie totale via la production de matières organiques destinées à devenir sources d’énergie. Au programme, éoliennes, panneaux solaires, récupération de l’eau de pluie entres autres.
- Böhm, Benfer und Zahiri, Berlin, projet 1023 : L’apport de ce cabinet d’architectes Berlinois est une optimisation intransigeante de l’espace par la complexe triangulation de Delaunay. Il s’agit d’établir un maillage de triangles visant à relier facilement les zones clés du parc.
- Capatti Staubach und Christoph Mayer, Berlin, projet 1037 : L’accent est ici mis sur la nature environnante. L’étendu gazonneuse est ici prise comme un grand bassin entouré de pontons. La confrontation entre nature et culture donne son sens à l’entreprise architecturale des deux Berlinois.
- Grossmax, Sutherland und Hussey, Edinburgh, projet 1041 : Les Ecossais, architecte et paysagiste, mettent l’accent sur le bâtiment et la ceinture du parc. Ils souhaitent ainsi faire interagir dans le cadre de divers projets l’anneau qui fait le tour de Tempelhof avec le milieu urbain d’un côté et les espaces verts de l’autre.
- Rehwaldt und Rohdecan, Dresden, projet 1053 : L’innovation de cette contribution réside dans le concept de participation des visiteurs du parc. En échange de services comme tondre la pelouse ou participer à l’élagage de certains arbres, l’intéressé pourra gratuitement assister à certains évènements de Tempelhof. Le but à terme est de former une communauté soudée de Berlinois sur le long terme qui œuvrent à la survie du parc.
- Topotek1 (Berlin) und Dürig (Zurich), projet 1058 : Présenté sous la forme d’une interview, le programme est également centré sur l’écologie. L’expression « croisade verte » est d’ailleurs employée. L’aspect fonctionnel du parc est mis en avant, il pourrait, selon eux, servir à réduire les émissions de CO2 de toute la capitale. Ils proposent également de conserver les pistes pour faire décoller des zeppelins touristiques.
Les projets ainsi que leurs plans respectifs sont intégralement consultables .
A l’occasion de la Berlin Music Week du 6 au 12 septembre prochain, deux évènements majeurs se dérouleront à Tempelhof. Le popkomm, congrès international des producteurs et distributeurs de musique entre le 8 et le 10 septembre, et l’incontournable Berlin Festival les 10 et 11 septembre. Au programme de ces deux jours de musique indie et techno : Fatboyslim, Editors, LCD Soundsystem, Boys Noize, 2manyDjs et bien d’autres ( Programmation et réservations). Parce qu’il n’y a pas besoin de raison particulière pour se rendre dans les parcs de ce symbole érigé de l’histoire allemande, on rappellera simplement qu’il est ouvert de 6h à 21h30 et qu’il est situé sur la U6 à Platz der Luftbrücke ou sur la ligne de bus 104 à l’arrêt Platz der Luftbrücke également.
Guillaume Herzog
06.08.2010
A voir aussi: www.lagazettedeberlin.de/4641.html

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Je trouve que c'est une honte de ne pas avoir tenu compte du vote des berlinois qui avaient fait l'effort de se déplacer pour aller voter.
D'ailleurs, cela ne semble pas poser beaucoup de problèmes à l'auteur de cet article. Lorsque le peuple n'est pas écouté et que la démocratie est bafouée, on sait jusqu'où cela peut mener...surtout en Allemagne.