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 La nouvelle campagne de publicité de la BWB
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Comme nous l'avions rappelé dans dans un précédent article, les dessous de l'eau (voir lien), avec un coût d'environ 2,24€ par m³ d'eau, Berlin est la troisième ville d'Allemagne où l'eau est la plus chère. La raison de cette différence avec le reste du pays pourrait se trouver au sein des contrats de privatisation de la compagnie des eaux berlinoise. Le 14 juillet dernier, la cour constitutionnelle du Land de Berlin a enfin accédé à la requête de la représentante des verts, Heidi Kosche, en lui autorisant l'accès aux contrats régissant la privatisation partielle qui s'est déroulée en 1999 entre la BWB* et ses investisseurs Veolia et RWE.

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 Slogan lors d'une manifestation: "335 millions d'euros de profits ne sont pas une bonne raison de faire la fête, Gains records pour BWB = Prix records pour les berlinois!"
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La cour constitutionnelle se jette à l'eau
La représentante des vert avait déjà formulé une demande d'accès aux dossiers en 2007; elle avait seulement obtenu la permission de consulter 180 dossiers relatifs à la privatisation, sur les 90 000 existants et à la seule condition qu'elle respecte les règles de la chambre des données, c'est-à-dire, sans notes, ni photocopies. En outre l'accès à certains documents lui a été complètement refusé. Le sénat a justifié cette mesure en établissant que même si le droit à la transparence, dont sont bénéficiaires les représentants politiques, est jugé fondamental, la protection des intérêts du land de Berlin et des entreprises privées est supposée plus importante.
En 1999, les investisseurs privés RWE et Veolia ont acheté 49,9 % des parts de la BWB pour environ 1,7 milliards d'euros. En retour, ils bénéficiaient d'une quasi garantie de profit à long terme. Depuis lors, les prix n'ont cessé d'augmenter, pour des raisons de réfection, de renouvellement des installations jugées vétustes par les investisseurs, mais aussi à cause d'une politique budgétaire qui semblerait déraisonnée. Ainsi, les compagnies des eaux effectuent actuellement une campagne de promotion de leur image particulièrement coûteuse (près de un millions d'euros), à l'aide de charmants canards en plastique jaune, mais pour laquelle il n'existe aucune justification en considération de la situation de monopole qu'ils occupent actuellement. La Cour des comptes du pays avait déjà fortement critiqué ce gaspillage d'argent.
La cour constitutionnelle du Land de Berlin a finalement réfuté la thèse selon laquelle, le secret contractuel possède une valeur plus élevée de protection que le droit de regard des représentants. En clair, le Sénat devra à l'avenir énoncer explicitement pour chaque document pris individuellement, les raisons pour lesquelles les représentants politiques n'auraient pas le droit de les consulter. La décision a été prononcée à l'unanimité par les juges constitutionnels. "Le sénat va devoir maintenant effectuer un travail de diligence incroyable" a annoncé l'avocat de Heidi Kosches, Mathias Zieger; il a ajouté que si le droit de regard devait leur être refusé à nouveau, ils renouvelleraient leur plainte.
Heidi Kosches semble aujourd'hui très satisfaite de la décision du tribunal, elle estime que "les cachotteries doivent prendre fin et que les berlinois doivent enfin comprendre pourquoi l'eau est 30% plus chère à Berlin que dans le reste de la fédération allemande." La façon et les moyens qui lui ont permis d'obtenir ce droit de regard demeurent flous, mais elle a déclaré vouloir abandonner ses vacances afin de se plonger dans les documents. Mme Kosche espère en effet dénicher dans les protocoles du contrat de privatisation de l'époque, des indications concernant le partage des responsabilités entre les forces politiques et la BWB en tant que service public. Même si ces recherches sont assorti du sceau du secret, ce qui signifie qu'elle ne peut communiquer les résultats, son objectif demeure la baisse du coût de l'eau et le retour des rennes de la BWB entre les mains de la ville.
* Berliner Wasser Betriebe

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 Heidi Kosche, représentante des verts
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Les réactions au jugement
Les verts et la CDU ont salué le jugement du tribunal constitutionnel s'opposant ainsi à un sénat qui se cache toujours derrière des clauses secrètes et floues, que ce soit pour les contrats de l'eau ou ceux des transports régionaux S-bahn.
l'Union immobilière brandebourgeoise de Berlin (BBU) a témoigné son soulagement quant à la décision émise. Son directeur, Maren Kern, ajoute qu' "enfin, la lumière est faite sur l'obscurité qui règne sur les contrats de privatisation partiels. Désormais, les berlinois(es) pourront peut-être connaître les raisons pour lesquelles leur eau est devenue si chère".
Die Linke et le SPD se sont également déclarés satisfaits de la sentence prononcée et y voient déjà une confirmation de leur politique sur la loi d'information et liberté. Klaus Lederer, président du parti Die Linke critique cependant le Sénat, jugeant que "tout cela a fait l'objet d'une procédure constitutionnelle superflue".
Une table de l'eau a été créée à l'initiative de Heidi Kosche, ouverte depuis début juillet jusqu'au 27 octobre prochain, afin d'obtenir des signatures des habitants de la ville. Cette pétition permettrait d'obtenir plus de poids devant le sénat afin de rendre définitivement accessible les textes des contrats conclus dans le cadre de privatisations partielles.
Cette dernière est disponible à cette adresse site .
Il s'agit maintenant de savoir si les contrats sont aussi "limpides" que le laissent à penser les compagnies des eaux.
François Tillette de Mautort
28.07.2010
Voir aussi: les dessous de l'eau

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Bonjour,
petite précision qui a son importance: le jugement positif qui vient d'être rendu ne permet pas d'aller plus loin pour éventuellement inverser le processus de privatisation puisque l'autorisation qui a été donné est assortie de l'obligation au secret professionel, qui interdit par conséquent au sénateur ayant eu accès aux textes de ce contrat de révéler à quiconque ce qu'il y aura lu.
Si il y a eu avancée, elle reste de l'ordre symbolique.
Cependant, malgré les vacances, nous avons déjà recueilli plus de 21 000 signatures lors du premier mois de collecte (27 Juin au 27 Juillet). Il semble donc que de réunir les 172 000 signatures necéssaires pour que l'initiative populaire soit un succès jusqu'au 27 Octobre soit à notre portée. Ensuite ce sera aux sénateurs de prendre leurs responsabilités en votant une loi rendant obligatoire la publication intégrale des contrats en partenariat public-privé, ou bien en convoquant un référendum sur ce thème.
Pour information, il s'agit en ce moment de la deuxième phase de cette initiative, la première necessitait 20 000 signatures pour pouvoir mener la campagne actuelle, et malgré les quelques 39 000 qui avaient alors été réuni, le sénat avait refusé de nous délivrer l'autoristion pour mener la deuxième campagne. C'est le tribunal administratif qui, en donnant suite à notre plainte nous y a finalemnt autorisé: l'exercice de la démocratie directe est une course d'obstacle ...
Il est de 2,93 euros TTC à Paris... plus cher qu'à Berlin et équivalent à Belfort... Quelle honte ! L'eau de Berlin est donc moins chère que l'eau de Paris... Mais je ne sais pas si c'est Veolia qui gère Paris aussi...
Ils ont de la chance les Berlinois d'avoir des spéculateurs qui leur donnent de l'eau à 2.24€ le m3; à Belfort on dépasse les 3€ avec une régie municipale...
Bonjour,
Spéculer sur l'eau et tous les besoins de première nécessité tels que l'alimentation, l'électricité ne devrait pas exister. Dans une société "intelligente" comme la notre, l'humain devrait être capable de faire la différence entre ses besoins vitaux et ses besoins superflus. Alors oui spéculer sur une télévision dernier cri ou un voyage organisé aux Seychelles ne me pose aucun problème éthique, mais jouer avec le portefeuille de plus fragiles dans un objectif de ramasser le fric est une honte.
Que les gouvernements prennent compte ce paramètre rendrait plus heureux bon nombre de concitoyens européens...