

La saison 2010/2011 de Bundesliga verra le retour dans ses rangs du FC Sankt Pauli, club issu de la banlieue de Hambourg. Mais le retour de Sankt Pauli dans l’élite du football Allemand est bien plus qu’une promotion sportive, car la ferveur des supporters et l’état d’esprit de ce club débordent joyeusement du cadre du petit monde du ballon rond.

Un des clubs les plus populaires d’Allemagne
Sankt Pauli, comme disent les « socios » du FC Barcelone, est « mes que un club » (plus qu’un club en Catalan). Il s’agit tout simplement d’un des clubs les plus populaires d’Allemagne et sa renommée ne s’arrête pas aux frontières du pays.
Pourtant historiquement et footballistiquement parlant, le FC Sankt Pauli n’a quasiment rien gagné, mis à part certains titres de champion de D2 et D3 sur le plan national. Le club a cependant forgé sa légende en réalisant quelques performances plus qu’honorables parmi l’élite. Citons par exemple un match de février 2002 contre le Bayern de Munich fraîchement vainqueur de la coupe intercontinentale, gagné 2-0, alors que le club végétait en fin de classement. Grâce à cette victoire, le club s’est autoproclamé « Weltpokalsiegerbesieger » (vainqueur du vainqueur de la coupe intercontinentale).
Plus récemment, en 2006, les flibustiers d’Hambourg sont arrivés dans le dernier carré de la coupe d’Allemagne en sortant de la compétition le Herta Berlin et le Werder Brême, alors que deux divisions les séparaient. Sankt Pauli s’offre le luxe de faire trembler trois fois de suite, les filets de la meilleure attaque du championnat.

Une dévotion pour le club à toute épreuve
La véritable âme de Sankt Pauli se trouve chaque dimanche dans les gradins du Millerntor-Stadion.
En effet, ces farouches gardiens du temple, font partis des précurseurs en matière de lutte anti-raciste, anti homophobe, anti-fasciste, anti-sexiste et anti-néonazie. Cette prise de position ultra-gauchiste est ancrée au plus profond de l’ADN du club. Pour preuve, Sankt Pauli fut, dans les années soixante, le premier club allemand à recruter un footballeur africain. En 2006, le club a organisé la Fifi Wild Cup, un tournoi où s’affrontent des pays non reconnus par la communauté internationale, comme le Tibet, le Groenland ou encore la République Turque de Chypre du Nord.
Son attitude, ses prises de position, et ses convictions permettent au club en se démarquant sur l’aile gauche et par un double contact, de montrer le véritable visage du foot moderne : corrompue, laxiste et opportuniste.
Même s’ils ne sont pas exempt de reproches, les supporters arborant la célèbre « Totenkopf » (tête de mort), savent se sacrifier et tout mettre en œuvre pour leur club surtout lorsqu’il s’agit de sauver Sankt Pauli. Au début des années 2000, le club est en pleine tourmente, les caisses sont vides et la fédération allemande exige au club 2 000 000 € sous peine de rétrogradation en 4e division. Alors pour protéger le club, toute une série d’actions plus insolites les unes que les autres est mise en place : une vente de T-shirt Sankt Pauli Retter (sauveur de Sankt Pauli) a eu lieu, des opérations conjointes avec la brasserie Astra, (Astra trinken St Pauli) l’organisation de soirées dans les bars et les boîtes du quartier réputé comme « le plus chaud » d’Hambourg. Des matchs de gala sont aussi organisés, ainsi que la mise à contribution des nombreux fans du monde entier.

Un président hors norme pour un club pas comme les autres
Tout cela, sous l’égide de son président depuis 2003 Corny Littman, homosexuel affiché et propriétaire du Schmidt Theater, un cabaret du quartier rouge. Il redresse le club et le dote de nouvelles infrastructures, modernise le stade en douceur, non sans l’aval des supporters. Malgré son statut de propriétaire, Littman ne renie pas l’identité du club. Ainsi, il déclare sur au Spiegel : « Il est important pour moi qu’il existe dans le club un large consensus contre le fascisme, le racisme et la discrimination contre les minorités. (…) Sans cela, je ne pourrais pas être président. C'est l'identité même du club, même si nous ne nous faisons pas que des amis en Allemagne ». Avec Littman à la barre, le club a les reins solides et peut préparer l’avenir sans perdre son identité.
L’année dernière le club a totalisé plus d’un million d’euros de bénéfice. De plus il se présente cette année avec une particularité unique dans le football de haut niveau : son équipe sera uniquement composée de joueurs allemands. C’est tout cela qui rend ce club si attachant, cette intégrité en complète opposition avec le « star system » et le « foot business » accorde aux fans du ballon rond une bouffé d’oxygène salutaire. Mais quelles sont les chances de Sankt Pauli pour la saison qui s’annonce, avec des adversaires comme le Bayern, Schalke 04 ou encore le rival du Hambourg HSV ? Comme le dit l’entraineur dans les colonnes du « Bild » : « Si nous n'avons pas de courage, nous n'avons aucune chance. ».
Je ne peux que souhaiter bonne chance à cette attachante équipe de Sankt Pauli, pour la saison qui s’annonce et j’espère de tout cœur qu’elle gardera, le plus longtemps possible, sa si précieuse authenticité.
Gaëtan Agnini le 23 Juillet 2010
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Hello ST PAULI !!! J'aimerais soutenir votre équipe en portant vos couleurs. Où pourrais-je commander vos tee-shirts, sacs et autres gadgets ? Je suis en France, j'espère que cela ne sera pas un problème. BRAVO POUR VOTRE EQUIPE QUI GRIMPE.... A bientôt j'ESPERE...
Bonjour Gaetan,
Merci pour cet article bien utile à ceux connaissant peu le foot allemand et inquiet à la vue de ces drapeaux pirates poussant sur les casquettes certains samedis ;-)
Petite correction : « Weltpokalsiegerbesieger » = vainqueur du vainqueur de la coupe intercontinentale (ou coupe du monde des clubs)
Matthieu