imprimer   11.02.2012 
N°. 35PolitiqueSociétéEconomieThéâtreExpositionsLivresCultureCinémaMusiqueSportLieuxEdition actuelleBlogsNos conseils BlogsSur nos blogs...Créez votre blog!ArchivesNos archivesChronique historiqueL'équipeQui sommes nous?Wer sind wir ?Who are we ?KTO мы ?ServicesLaisser une annonceInfolettre & RSSPetites AnnoncesPublicité / WerbungAnnonceursLiens / LinksContactImpressum











Alors que deux erreurs d'appréciation ont suffi à relancer la polémique qui fait rage autour de l'arbitrage des matchs de foot, les spécialistes du sport s'interrogent sur la possibilité d'utiliser les deux concepts respectivement mis au point par les firmes Adidas & Cairos Technologies et l'organisme de recherche allemand Fraunhofer IIS : des « balles intelligentes », dotées de puces ou d'émetteurs capables de déterminer leurs trajectoires en temps réel.

 


Un but injustement refusé au buteur anglais Frank Lampard, un hors jeu validé pour l'Argentine, deux erreurs d'arbitrages notoires, et le débat reprend vigueur : faut-il, oui ou non, autoriser l'arbitrage vidéo des matchs de foot ?

Tandis que le porte parole de la Fifa*, Nicolas Maingot, se refuse à aborder le sujet, un nouveau concept profite de la faille pour s'insérer sur le marché du sport : celui de l'organisme allemand Fraunhofer IIS**, qui consiste à équiper les joueurs et les balles d'un capteur électronique afin d'établir un tracé irréfutable de leurs déplacements.

 

Un concept novateur

 

Plus précisément, le projet Witrack (Wireless Tracking***) fonctionne à l'aide d'émetteurs respectivement fixés sur les balles et les joueurs. Les micro-ondes émises par chacun d'eux, d'une fréquence de 2,4 GHz, sont ensuite captées puis traitées par informatique, permettant ainsi de reconstituer les trajectoires des balles et les déplacements des joueurs au centimètre près. Le tout en temps réel. Situé dans le stade Easy Credit de Nuremberg (Bavière), l'infrastructure de Fraunhofer IIS offre par ailleurs un système de haute précision, puisque les puces insérées dans les balles peuvent être localisées jusqu'à 2000 fois par seconde, sur et aux abords du terrain. Moins puissants, les signaux émis par les joueurs atteignent tout de même une fréquence de 200 par seconde.

Une nouvelle technologie qui s'adresse en particulier au trio entraineurs-médias-spectateurs : « Le projet ne concerne pas vraiment l'arbitrage, explique René Dünkler, ingénieur chez Fraunhofer IIS. Il est plutôt destiné aux médias, aux entraineurs ou encore aux spécialistes du sport ». En dehors du supplément de satisfaction qu'il procure aux spectateurs, le système de capteurs intégrés aux balles fournit en effet des analyses de précision aux entraineurs ainsi que des informations rigoureuses aux médias.

N'en déplaise à ses détracteurs, l'organisme Fraunhofer IIS se veut également rassurant quant aux risques de défiguration du ballon rond : les émetteurs utilisés dans le cadre du projet Witrack seraient à la fois suffisamment légers pour s'intégrer sans problème à un ballon, et assez robustes pour résister à la vitesse et aux accélérations de ce dernier.

 

L'homme et la machine : le juste équilibre

 

Une révolution, donc, qui suffirait sans doute à remédier au problème de l'erreur humaine de manière définitive. Pourtant, il semble que la Fifa campe sur ses positions, et continue de refuser toute forme d'arbitrage technologique.

Après avoir rejeté l'arbitrage vidéo en janvier 2010, Sepp Blatter, président de la Fifa, s'est toutefois déclaré prêt à envisager l'utilisation du ballon à puce, dès que ce dernier aurait fait ses preuves. Tandis que le concept mis au point par Fraunhofer IIS fonctionne grâce à un réseau d'émetteurs et de capteurs, la balle conjointement développée par les firmes Adidas et Cairos Technologies**** renferme une puce électronique détectable par le biais d'ondes magnétiques. « De très fins câbles (2 millimètres d'épaisseur) sont enterrés à environ 15-20 centimètres de profondeur tout autour du but. Ils créent un champ magnétique envoyant des informations à la puce située dans le ballon », explique Christian Holzer, directeur général de Cairos Technologies. A chaque fois que la balle franchit la ligne de but, la puce intégrée envoie un signal décrypté par informatique, puis retransmis aux montres portées par les quatre arbitres officiels : si le mot « goal » s'affiche sur l'écran des montres, le but peut être validé.

Lorsqu'il avait été testé en 2005, à l'occasion du championnat du monde des moins de 17 ans, le concept mis au point par Fraunhofer IIS s'était toutefois révélé peu concluant : « pendant le tournoi, l’arbitre avait une montre qui lui indiquait si le ballon avait franchi la ligne. Sauf qu’à chaque fois que le ballon passait au-dessus de la barre transversale, ça validait le but…», témoigne Alain Sars. Aujourd'hui consultant RTL et Canal+, l'ancien arbitre international se déclare d'ailleurs « pour une utilisation rationnelle et modéré de la vidéo ». Selon lui, l’interprétation du jeu devrait « rester une prérogative de l’arbitre. », seul à pouvoir « dire s'il y a faute » ou non. « Il faut utiliser la vidéo dans deux cas, continue le spécialiste : pour savoir si le ballon a franchi la ligne de but et également pour déterminer si une faute sifflée par l’arbitre a eu lieu en dehors ou dans la surface. […]. Pour le reste des cas, ça fait partie des injustices acceptables. […]. Il faut que l’on relativise et que l’on accepte les erreurs d’arbitrages.».

Pour autant, l'exclusion de l'arbitrage technologique ne semble pas faire l'unanimité : selon un sondage de l'institut d'étude de marché allemand Forsa, 70% des amateurs de foot interrogés seraient favorables à l'assistance technologique à l'arbitrage.

De même, pour Joël Quiniou, arbitre international à la retraite, « le fait de dire que l’erreur d’arbitrage fait partie du jeu est une hérésie. On ne peut pas faire porter à un homme seul le poids de telles erreurs. Il faut que les arbitres puissent corriger leur décision dans un souci d’équité ou de sérénité. ». Selon le sportif, la meilleure solution consisterait à utiliser la vidéo « à chaque fois qu’un but est entaché d’une faute. ».

Lorsqu'on l'interroge, Markus Merk se déclare quant à lui favorable à l'utilisation des balles à puces. « Je préfère parler d'œil électronique, explique l'ancien arbitre allemand. […] L'attractivité et les émotions procurées par le foot doivent être préservés. Mais nous sommes quand même au 21e siècle ».

L'IFAB*****, qui ne devait se réunir qu'en mars 2011, tiendra une assemblée à Cardiff les 21 et 22 Juillet prochains pour discuter des derniers évènements.

 

 

Mélanie Rembert

Le 13/07/2010

 

* Fédération Internationale de Football Association

** du nom du physicien Joseph von Fraunhofer, l'organisme allemand dédié à la recherche en sciences appliquées regroupe 57 instituts spécialisés dans des domaines de recherche particuliers, tels que les circuits intégrés, les techniques laser, ou encore l'optique appliquée. La « Société Fraunhofer pour l'avancement de la recherche appliquée » est notamment connue pour avoir mis au point le MP3 dans les années 1990.

*** « localisation par transmission »

**** Entreprise allemande spécialisée dans la localisation des cibles mouvantes

***** International Football Association Board, organe de décision en matière d'évolution des règles du foot

 








pas encore de commentaire

 

Ins Gästebuch eintragen

 

Image CAPTCHA pour prévenir l'utilisation abusive
 
 

La Gazette sur les réseaux sociaux : "déjà plus de 4000 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 1500 sur Twitter" "déjà plus de 4000 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 1500 sur Twitter"

Google
Web La Gazette
Blogs Facebook


Prix d'honneur Louise Weiss du journalisme européen.




Jean-Patrick REVEL, avocat bilingue franco-allemand.
Rechtsanwalt – Fachanwalt f. Familienrecht
Beer, Gastl & Partner
Schloßstraße 17
13467 Berlin
Tel. +49 (0)30 810 335 620
www.ra-revel.de

Faites votre pub ici!

Auberges de Jeunesse à Berlin



KOCH KARIMI
Cabinet d’avocats franco-allemand
(Berlin – Paris)
Rechtsanwälte, in Deutschland und Frankreich zugelassen

MEDIATIS
Faire un crédit pour financer ses études à l'étranger

JOBISJOB
Toutes les offres d’emploi à Berlin et partout en Europe





LEO - Dictionnaire