

Cette unité affichée par le maillot national va contribuer à modifier la perception de l intégration des immigrés. Les succès récents de la Nationalmanschaft rendent leurs fiertés à tous les Allemands, dont le plus beau symbole est Mezut Özil, le meneur de jeu d'origine turque. La diversité de l'équipe d'Allemagne de football est de plus en plus perçue comme symbole positif pour l immigration.

Un symbole de diversité assumée
19 joueurs du Nationalelf ont des parents ou grand-parents issus de l'immigration. On les reconnaît facilement à leurs noms de famille montrant les origines variées de l'immigration, polonaises, turques, ou encore africaines: Aogo, Boateng (dont le frère joue pour le Ghana), Tasci, Khedira, Marin, Trochowski, Özil, Cacau (Brésilien fraîchement naturalisé), Gomez, Klose, Podolski. En 1998, l'expression « black blanc beur » illumine l'arc de triomphe, apres l'élimination piteuse en quart de finale, les dirigeants du football allemand décide de s'inspirer de la formation dite à la française. La fédération met en place une formation d'élite, plutôt que de masse, pour remplacer une génération viellissante. L'équipe actuelle a une moyenne d'âge de seulement 24 ans. La jeunesse de l'équipe rend ce symbole encore plus fort, la renaissance et la réussite allemande passerrait par l'intégration des étrangers à la communauté nationale.
Rien d'étonnant pour un fan francais ou belge, ce constat l'est beaucoup plus pour les Allemands. La place des immigrés ou des enfants d'immigrés dans l'equipe nationale n'a jamais été importante (hormis les joueurs d'origine polonaise) malgré les 15 millions de personnes d'origine étrangère résidant en Allemagne. Les terres d'immigration et les nations coloniales connaissent pourtant ce phénomène d'intégration en équipe nationale. La France lui doit ses plus grands footballeurs: Kopa, Platini, Zidane, les équipes de Belgique, d'Angleterre, de Suisse ou de Hollande de même. Les anciens pays d' émigration comme l'Espagne ou l'Italie comptent à l'inverse très peu de joueurs d'origine étrangère.
Les conditions d'obtention de la nationalité allemande ont longtemps été très dures à remplir. Aujourd' hui, il suffit de huit ans de présence sur le territoire, alors qu'il en fallait 15. La perte de la nationalité des parents est aussi obligatoire dans moins de cas. Environ un tiers des enfants et jeunes joueurs de football sont d'origine étrangère, c'est donc un reservoir énorme pour l'équipe nationale.
Une autre raison de ce paradoxe est le choix des jeunes joueurs d'origine turque notamment pour le maillot du pays de leurs parents.
L'exemple de Nuri Sahin, joueur du Borussia Dortmund est révélateur. Plus jeune joueur à avoir joué en Bundesliga à 16 ans et 335 jours, il choisit la sélection turque au niveau inférieure à celui de l'Allemagne malgré la promesse d'un grand avenir. Il avait pourtant commencé sous les couleurs allemandes en équipes de jeunes. Avec Sahin, la Nationalmanschaft perdait son sixiéme crack turc né en Allemagne (Bastürk, Umit Davala, Ilhan Mansiz et les frères Altintop ). Par ailleurs, après une sélection en équipe A, le joueur n'a pas le droit de jouer pour un autre pays.

La folie Özil
Özil a hésité jusqu'à ses 21 ans, entre la Turquie et l'Allemagne. Longtemps approché par la fédération turque, son choix en fait un symbole d'intégration. Il est pourtant un pur résultat de la nouvelle politique de formation allemande. Élevé a Gelsenkirchen, il a été formé dans les equipes de jeunes de Schalke 04 et joué successivement pour toutes les équipes nationales de jeunes.
Joueur de talent dans les pas de Mehmet Scholl, le jeune meneur de jeu se voit confier un rôle de modèle lourd à porter. On ne se passe guère de clichés dans la presse germanique, il allierait créativité orientale et qualités collectives allemandes. Encensé comme individu aux compétences rares, il l'est aussi pour son choix. C'est la différence fondamentale avec l'equipe de France de 1998, les joueurs d'alors étaient nés en France, ou français depuis la prime enfance.
L'emballement populaire et médiatique récent ne doit pas occulter que le choix d'un pays se fait quant à ses chances d'intégrer ou non l'une des équipes nationales,comme souvent chez des joueurs d' origine maghrébine élevés en France.

Un cache-misère?
L'homogéinité du maillot n'empêche pas une mise en perspective des difficultés encore rencontrées par les migrants et enfants de migrants. Le sport est sans doute le domaine dans lequel le facteur culturel a le moins de prise. Les sportifs peuvent ainsi être jugés sur une perfomance non-faussée par l'origine sociale et culturelle. Comme cela a été montré dans de nombreuses études, la scolarisation tardive des enfants en Allemagne et leur orientation précoce vers les différents cursus placent les descendants des immigrés devant un double handicap, celui de leur origine sociale et de leur origine « immigrée ». De 3 à 16 ans un enfant français va a l'école puis au collége unique. En Allemagne, un enfant issu de l'immigration a de grandes chances de ne passer que 4 ans avec ses camarades de la Grundschule. Les jeunes issus de l'immigration sont surreprésentés par la suite dans les filières techniques et professionnelles.
Alors qu'en France certains hommes politiques s'offusquent de ne pas voir les joueurs chanter la Marseillaise, le football participe au renouveau national allemand. Les drapeaux fleurissent aux balcons ou sur les voitures, la nationalité allemande semble de mieux en mieux assumée par la population, et même revendiquée. La réussite des joueurs issus de límmigration donne une image neuve et positive au nationalisme allemand. Mais le triomphe français de 1998 n'a pas empêché les émeutes de 2005, la misère sociale et économique persistera malgré l'enthousiasme de l'organisation du mondial 2006.

Alexandre Rigal, le 7 juillet 2010
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Hi -blop-,
bin der Paul aus Oberhausen -blop- interessiere mich für Fussball -blop- aber können Sie nicht erstmal den Artikel nachlesen VOR dem Online-Stellen -blop- So viele Fehler drin -blop-
Tchüssi