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Tous les moyens sont bons pour ne pas rater les matchs du Mondial sur son lieu de travail. Des excuses douteuses au poste de radio sous le bureau, les Allemands sont, depuis les débuts de la compétition, de fervents spectateurs. Les employeurs, quant à eux, sont prêts à faire des compromis pour garder leurs salariés fans du ballon rond au bureau.


« Nous ne sommes pas disponibles pour le moment, mais vous pouvez laisser un message et nous vous rappellerons ultérieurement, après le match. »

Les grands événements sportifs sont souvent facteurs de désorganisation au sein des entreprises. Le décalage horaire étant nul avec l’Afrique du Sud, tous les matchs du mondial 2010 sont retransmis en direct en Allemagne. Multiples forums, blogs et sites spécialisés ont fait leur apparition depuis le début de la Coupe du Monde afin de conseiller les patrons pris au dépourvu par un fort absentéisme.  D’autres au contraire, donnent aux employés les bonnes astuces pour ne pas manquer  la compétition du bureau.

L’enjeu pour les entreprises est de gérer au mieux ces festivités sportives afin de satisfaire à la fois les fans assidus scotchés à leur écran et les quelques réticents au ballon rond qui voient d’un mauvais œil les quelques privilèges et compromis accordés par les employeurs.


Le bureau comme terrain de jeux ?

Pour ceux qui ne veulent rien rater, quelques solutions simples ont fait leur apparition : décaler les horaires, arriver plus tôt au bureau ou débaucher plus tôt selon la programmation des matchs. Enfin, prendre sa journée peut sembler la solution idéale pour certains. Suivre le match sur internet ou à la radio se révèlent être de toutes aussi bonnes alternatives.

Dans tous les cas les employeurs sont les premiers concernés par les comportements de leurs salariés supporters et quelques uns ont choisi d’établir une réglementation temporaire à l’occasion du mondial, quant aux horaires de travail et éventuelles possibilités de regarder les matchs dans les locaux. La Sparkasse, par exemple, a refusé l’installation d’écrans au sein des locaux et ne tolère aucune liberté dans le code vestimentaire des employés : les traditionnelles écharpes aux couleurs allemandes ou autres t-shirt de football ne sont pas acceptés au bureau. Costumes et cravates restent de vigueur. Le football reste une « affaire privée » estime Joëlle Kleophas-Bettzuege, l’attachée de presse de la Sparkasse de Düsseldorf.

 

Dans les cliniques et hôpitaux, les responsables ont dû s’interroger sur la possibilité de suivre la compétition au sein des services. En Bavière, la clinique de Main-Spessart permet ainsi à tous ses patients de regarder les matchs. Un écran trône dans la cantine, et, quand la situation le permet, la directrice de l’établissement permet également aux salariés d’en profiter. Pour cela il faut s’assurer qu’il y ait suffisamment d’infirmiers dans chaque service, prêts à s’occuper des patients.

Il en va de même chez Vodafone, où selon chaque département, la pause déjeuner et le temps libre se rallongent, pour des projections « publiques ». Dans les locaux, les employés ont pu décorer leur bureau de drapeaux et autres objets de soutien à l’équipe nationale allemande.

Dans de plus petites structures, les compromis sont parfois plus simples. Ainsi, le directeur d’une petite entreprise de menuiserie et de décoration intérieure Ralf Hoppen (en Rhénanie-Westphalie) se dit « non joignable pendant les matchs de la Coupe du Monde », lui-même étant fan de football, les employés sont libres les temps de matchs.

 



Que dit la loi ?

 

Peut-on suivre les matchs de la Coupe du Monde au bureau ? On trouve en effet peu de réglementations précises sur le sujet et cela dépend bien entendu de l’activité que l’on exerce.

L’avocat spécialisé Christoph Vollbrecht confirme les informations données sur le site internet Anwalt Seiten (annuaire d’avocats) en réponse à ces interrogations. Dans un atelier, un garage ou une boutique, il est fort possible que l’employeur accepte une radio allumée tant que celle-ci ne gêne pas le travail ou l’accueil de clients. Néanmoins, si l’employeur n’a pas donné son autorisation, les employés risquent un sérieux rappel à l’ordre, voire même un licenciement pour un second rappel à l’ordre. Une télévision ne peut être allumée sans l’accord de l’employeur. Ainsi quelques patrons prévoyants avaient, dès le début du mondial, organisé une réunion avec leurs salariés afin d’estimer le nombre de supporters au sein de leurs équipes et d’autoriser ou non la mise en place d’une télévision ou la possibilité pour les salariés d’écouter la radio. Certaines structures ont même autorisé les salariés à décaler leurs horaires de travail.

 


Le Mondial : un impact sur la productivité ?

 

 Une étude de l’université de Hohenheim (près de Stuttgart, Bade-Wutemberg) donne une estimation du temps de parole consacré à la Coupe du Monde sur les lieux de travail.  Chaque Allemand y passerait en moyenne 15 minutes par jour. Débats, pronostics, commentaires du match de la veille ou ceux à venir, les Allemands en parlent beaucoup et la productivité au travail en porterait les conséquences.

L’économiste Markus Voeth, professeur à l’université de Hohenheim, estime également dans une interview avec le Sueddeutsche (journal national) les répercussions économiques de ces périodes de Coupe du Monde. Lors du Mondial de 2006, il estimait à 0,4% la baisse du produit national brut, celle-ci atteindrait 0,27% avec le Mondial 2010.

 

Toutefois, certains voient les victoires sportives de l’Allemagne comme une importante «joie nationale» pouvant aussi être facteur de bonne santé économique pour le pays. Quoi qu’il en soit, les horaires ne poseront plus problème puisque les prochains matchs seront diffusés en soirée. Le choix entre hédonisme footballistique et stakhanovisme de rigueur, ne sera donc plus d’actualité : l’euphorie nationale ne devrait ainsi plus connaître d’entrave.

 


Amandine Martinez, le 6/07/2010








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Catherine /// Donnerstag, 08-07-10 20:35

Je vote pour la thèse de la joie nationale! Quand je suis venue à Berlin, les allemands venaient de gagner le match, et ils étaient heureux, heureux... Et souriant au travail avec les touristes perdus aux pieds ampoulés! En tous les cas, cette enquête est rigolote; un secteur dans lequel le football ne fait pas baisser la productivité: les médias!

 
 

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