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Danseur du corps de ballet du Staatsballett Berlins, Martin Arroyos est actuellement dans Shut Up and Dance (Among Myselves et To Be Continued).





Jeune danseur français arrivé dans la compagnie berlinoise il y a quatre ans, Martin Arroyos a commencé la danse à 9 ans et est resté 3 ans au Conservatoire de Toulouse. Puis, des professeurs lui ayant conseillé de tenter l’Opéra de Paris, il est entré à l’Ecole de Danse de Nanterre à 12 ans et y est resté jusqu’à ses 18 ans. N’ayant pas été pris dans la compagnie, il s’est retrouvé au chômage, mais grâce à de petits contrats, il a pu travailler en Australie, au Danemark et à Bordeaux. « La directrice de l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris, Elisabeth Platel, m’a beaucoup aidé à l’époque », explique-t-il. Après avoir passé une audition à Berlin, il a été pris dans la compagnie et en fait partie depuis quatre ans. « J’avais entendu beaucoup de choses bien sur Berlin, sur la ville, sur la compagnie » raconte-t-il. Le jeune homme brun aux grands yeux marron y vit aujourd’hui et, de son accent toulousain, nous fait part de son arrivée et de son expérience dans la capitale allemande, à la fois en tant que danseur et en tant que Français vivant au cœur de l’Allemagne.

 

La compagnie

 

Pendant très longtemps, à Berlin, il y a eu 3 compagnies : le Staatsoper, le Komische Oper et le Deutsche Oper. Après la chute du mur, les trois compagnies ont été conservées. Mais en 2004, les trois compagnies ont été fusionnées par le nouveau directeur russe, Vladimir Malakhov (qui danse encore) pour n’en faire qu’une grande : le Staatsballett Berlins. Il a amené une influence russe qui a beaucoup plu à la critique, la presse a beaucoup parlé de lui et la nouveauté qu’il a introduite a attiré nombre de danseurs, dont Martin Arroyos.

 

Les danseurs de la compagnie sont de toutes les nationalités dans la compagnie, et plus particulièrement des anciens pays du bloc de l’est. Il y a moins d’une dizaine d’Allemands au sein de l’ensemble et c’est ce mélange des mentalités et des nationalités qui fait la singularité de la compagnie. Pour Martin, « même si ça prend du temps de s’intégrer dans une compagnie, que ce soit au casting, ou par rapport au respect qu’ont les maîtres de ballet pour toi », son accueil s’est plutôt bien passé. Il y a toujours de la compétition au sein de la compagnie, mais, comparé à l’Opéra de Paris, les horaires sont moins contraignants. « C’est donc beaucoup plus gérable niveau blessures, stress. On peut aussi avoir d’autres centres d’intérêt que la danse et notre petite carrière, ce qui n’est pas possible à Paris » explique-t-il. Et ce parce que les gens ici « sont moins carriéristes qu’à Paris ».

 

Berlin, le langage du corps

 

L’arrivée dans la capitale allemande a été « un peu dure » au départ pour notre jeune danseur. « Je trouve que les Allemands sont un peu froids au premier abord, surtout quand on est étranger ». Les premiers mois ont donc été difficiles, mais passé un hiver froid et peu hospitalier, la ville a commencé à s’ouvrir à lui : « Je crois que Berlin est un lieu qu’il faut vraiment apprendre à découvrir lentement, c’est très différent de toutes les autres villes européennes, mais c’est ça qui fait son charme ». Et il affirme même « qu’aujourd’hui [il] aurai[t] beaucoup de peine [s’il] devai[t] quitter Berlin, ça [lui] manquerait énormément. »

 

Dans la vie de tous les jours, le danseur fait en sorte que ses interlocuteurs ne s’aperçoivent pas que son allemand n’est pas parfait : « j’ai du mal à tenir une longue conversation ! ». Mais pratiquer est difficile dans une compagnie où le directeur est russe et où la langue de travail est l’anglais. « J’ai des amis allemands, on parle un peu en allemand, mais souvent ça tourne vite à l’anglais… Et beaucoup parlent très bien français ! »

 

 « Il est beaucoup plus facile d’être heureux à Berlin avec moins d’argent »

 

La vie dans la capitale allemande est bien moins stressante qu’à Paris grâce aux nombreux espaces verts, mais aussi à une mentalité que Martin juge « beaucoup moins m’as-tu-vu ». Il n’y a pas de course à gravir l’échelle sociale, les Allemands veulent avant tout être heureux et profiter, sans juger son voisin : « les gens sont très ouverts et tolérants ». Ici, on préfère passer du temps avec sa famille, ses amis, que de se payer des vacances à la mode.





 

Shut Up and Dance

 

Malgré la possibilité de faire des activités à côté de la danse, Martin exprime le souhait de danser plus l’année prochaine : « j’ai envie de m’améliorer dans les petits solos que j’ai fait cette année, d’avoir un peu plus de solos dans les différents spectacles qu’on aura l’année prochaine ». Mais il est aussi conscient de ses limites, il est important « d’être objectif avec soi-même, même s’il faut être exigeant ». A propos de Shut Up and Dance, il conseille à ceux qui sont intéressés par le spectacle : « C’est une soirée jeunes chorégraphes, ce ne sont donc pas des professionnels, on n’y va pas en s’attendant à voir du Kylian. Il faut être ouvert pour aller voir ce que des danseurs de la compagnie peuvent faire, on peut alors passer un bon moment. »

 





Martin Arroyos, dans Shut Up and Dance ! Reloaded

Propos recueillis par Sophie Le Ster

Le 29/06/2010








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