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Garagiste français à Berlin

imprimer   18.05.2013 
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Voiture présidentielle

Mercredi 30 juin prochain, vont se dérouler les élections présidentielles allemandes afin de doter la République fédérale d'une nouvelle tête ou du moins d'un nouveau représentant. Chacun sait pouvoir exécutif est en réalité détenu par le chancelier, alors finalement, une fois le protocole mis de côté, qu'est ce que cela apporte d'être président d'Allemagne?




Le palais présidentiel: Schloss Bellevue

Retour sur une fonction particulière

 

Comme nous l'avons précisé dans les articles relatant les péripéties de l'Ex-président de la république fédérale allemande Horst Köhler, la fonction présidentielle est une institution qui repose avant tout sur un pouvoir de représentation, plus que sur un pouvoir effectif réel. Mis en place en 1949 dans la section V de la Grundgesetz (loi fédérale allemande), ce poste possède des attributions considérablement moins étendues que sous la république de Weimar, et ce, afin d'éviter les excès qui ont permis l'ascension du totalitarisme nazi. Ainsi, sans le contreseing du chancelier fédéral, le président ne peut passer qu'un nombre restreint d'actes et ne peut plus, par exemple, nommer seul le Chancelier fédéral ou promulger de Notverordnungen (décrets d'urgence).

La fonction de président de la République allemande permet tout de même certains avantages intéressants. A partir du moment où il a prêté serment, le nouveau président reçoit une rémunération équivalente aux 10/9èmes du salaire du chancelier fédéral. Soit pour l'année 2010: 199 000 €, plus 78 000 € de frais divers, auxquels s'ajoutent les salaires du personnel de maison, le coût du logement officiel, etc. Ladite demeure était de 1950 à 1994 la villa Hammerschmidt à Bonn, ancienne capitale de la RFA. Elle n'est plus aujourd'hui que la seconde résidence présidentielle en Allemagne, au profit du Schloss Bellevue à proximité du Tiergarten de Berlin. Cet immense château de style néo-classique a été commandé par le frère cadet de Frédéric le Grand en 1785, Auguste Ferdiand de Prusse afin d'en faire sa résidence d'été. Lors de travaux de réfection qui ont eu lieux entre 2004 et 2006, le président fédéral résidait au château de Charlottenburg, ancienne demeure de Frédéric-Guillaumme Ier de Prusse puis de son fils Frédéric II, au balcon duquel a été proclamée la République de Weimar le 9 novembre 1918. La résidence présidentielle est accompagnée d'un parc de 20 hectares, qui peut se visiter lorsque le président est en déplacement.

 

 

Avec Jens Böhrnsen, dix présidents se sont succédé depuis 1949. Malgré des mandats inégaux, la plupart se sont révélés des hommes ayant un grand sens de l'État et ont montré leurs aptitudes à incarner l'image de l'Allemagne.

 



Théodor Heuss (1949 – 1959): ce premier président libéral a marqué la fonction présidentielle au même titre que Konrad Adenauer pour la fonction de chancelier. Il a essayé d'exercer ce poste de manière indépendante en se plaçant au-dessus des partis. Sa conception de la démocratie lui a permis en outre d'obtenir la confiance des pays étrangers, ainsi que de l'Allemagne de l'Ouest. Il a refusé un troisième mandat afin d'éviter la création d'une "loi Heuss".

 

 

 



Heinrich Lübke (1959 – 1969): la nomination de ce dernier s'est révélée nécessaire lorsque Konrad Adenauer, originellement prévu pour le poste, s'est retiré au denrier moment. Il a essayé d'exercer une politique active sans pour autant égaler son prédécesseur. Il a toutefois refusé la promulgation de lois qui selon lui contrevenaient à la constitution. Beaucoup d'erreurs ont marqué sa présidence car l'on n'a su que tard qu'il souffrait d'une sclérose cérébrale avancée. Face à des critiques constantes sur sa prétendue participation au régime du IIIème Reich, il s'est retiré de la présidence trois mois avant la fin de son mandat.

 

 



Gustav Heinemann (1969 – 1974): malgré le fait qu'il n'ait pas été élu à la majorité absolue, il a su se faire apprécier de tous par sa neutralité et son indépendance. Ses convictions morales profondes, qui l'ont conduit en 1950 à protester contre le réarmement provoquant la démission du ministre fédéral ainsi que sa sortie de la CDU, ont fait de lui l'un des représentants les plus importants de la république fédérale. Il se considérait lui-même "président des citoyens" et a souligné les traditions démocratiques et libérales de l'Allemagne. Malgré une majorité en sa faveur, il a renoncé à un deuxième mandat.

 

 



Walter Scheel (1974 – 1979): il s'agit du premier ancien chancelier fédéral à occuper le poste présidentiel. Il n'a malheureusement pas pu appliquer une politique active, puisque le Chancelier fédéral Schmidt lui a opposé une farouche résistance. Il restera dans les mémoires comme le "président chantant", qui entonna en décembre 1973 la célèbre chanson populaire Hoch auf dem gelben Wagen lors d'un de ses passages sur la ZDF.

 

 

 

 

 

 



Karl Carstens (1979 - 1984): le cinquième président de la république fédérale est surtout connu pour avoir prononcé la dissolution du Bundestag après la question de confiance posée par Helmut Kohl en 1982/1983. Une plainte a été déposée par des représentants de l'Assemblée à l'encontre de cette mesure, qui a finalement été confirmée par un jugement de la Cour constitutionnelle. A l'instar de son prédécesseur Scheel, on se souvient de Carstens en raison de sa préférence marquée envers l'immigration par laquelle il a fait migrer la république fédérale.

 

 

 

 



Richard von Weizsäcker (1984 - 1994): il est reconnu comme l'un des Président de la République les plus importants de l'Histoire. Son discours à l'occasion du quarantième anniversaire de la fin de la lui a conféré un certain respect à l'échelle internationale, mais également de vives critiques des milieux conservateurs pour avoir remplacé le "jour de la défaite" avec "jour de la libération". En se plaçant au-dessus des partis, il appliquera une politique indépendante pendant les 10 années de son mandat. Pour la première fois en 1989, lors de sa réélection, aucun candidat ne s'est présenté contre lui.

 

 



Roman Herzog (1994 - 1999): jusqu'à son élection comme président de la cour constitutionnelle, il aura été perçu comme le président de la Ruck-Rede (politique de choc) lors de son discours en 1997, qui consistait à sortir l'Allemagne de la crise de la réunification en la propulsant en avant. Son mandat aura également été marqué par la dénonciation de prétendues erreurs dans la comptabilité. Il a crée en 1997 le Deutscher Zukunftspreis (Prix allemand de l'avenir) qui récompense une prestation exceptionnelle en matière d'art, d'économie, de recherche scientifique ou technique.

 

 



Johannes Rau (1999 - 2004): il a continué les discours de Berlin mis en place par son prédécesseur pour expliquer la politique présidentielle, en s'axant principalement sur la politique d'intégration, sur le génie génétique ainsi que sur la mondialisation. Il a reçu rapidement le sobriquet de "frère Johannes" en raison de sa pratique ouverte de la religion. Il est également à l'origine du slogan "réconcilier au lieu de diviser", qu'il a essayé de respecter pendant toute la durée de son mandat.

 

 

 

 


"Cherche président fédéral pour une durée de cinq ans. . ."

 

Comme le prévoit l'article 57 de la Grundgesetz (loi fondamentale), en cas d'empêchement, ou dans le cas présent, de démission, c'est le président du Bundesrat (conseil fédéral), en l'occurrence Jens Böhrnsen, qui supplée au président sortant, et ce en attendant qu'une nouvelle élection ait lieu. Les modalités sont fixées par l'article 54 de la loi fédérale ainsi que par les dispositions de la loi du 25 avril 1959 sur l'élection du président de la république fédérale par l'assemblée fédérale. Il y est disposé que les délais pour une nouvelle élection à compter de la cessation anticipée de la fonction présidentielle soient de trente jours. L'élection se déroule traditionnellement le 23 mai, date anniversaire de la promulgation de la loi fondamentale (1949). Le président du Bundestag convoque la Bundesversammlung (assemblée fédérale), composée à parts égales des membres du Bundestag et des représentants des Länder, dans le palais du Reichstag à Berlin afin de procéder à l'élection du président. Chaque membre de l'assemblée peut nommer des candidats à la présidence par un vote secret. Celui qui reçoit la majorité absolue des voix lors des deux premiers tours est déclaré élu. La majorité relative suffit seulement à partir du troisième tour. Dès que l'élu a accepté la décision, l'assemblée est dissoute.

 

Si le favori des médias est Joachim Gauck, qui "ferait le meilleur président" d'après l'hebdomadaire Der Spiegel de la semaine dernière, le président est élu par un collège de grands électeurs, ce qui devrait avantager le candidat de la CDU Christian Wulff, qui a su imposer sa candidature à Angela Merkel au sein de son propre parti. Il s'agira désormais de savoir lequel des deux sera assez convaincant pour occuper la fonction de président de la République fédérale allemande.




Christian Wulff et Joachim Gauck

François Tillette de Mautort

 

28.06.2010

 

A voir aussi:

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