Alors qu'elles ont envahi les stades dès le début du Mondial de football 2010, les vuvuzelas, ces trompettes sud africaines qui émettent un vrombissement proche du barrissement, sont en passe de voler la vedette aux équipes nationales. En Allemagne, l'interdiction des trompettes sur les places publiques dotées d'écrans géants n'a pas empêché les vuvuzelas de devenir le nouveau filon des deux entrepreneurs qui ont acquis le monopole de leur production et de leur commercialisation en Union Européenne.
«Vuvuzela : on la déteste seulement quand on n'en a pas ! » : telle pourrait bien devenir la devise de Frank Urbas et Gerd Kehrberg, les deux entrepreneurs allemands qui ont eu le génie d'acquérir les droits de commercialisation et de production des vuvuzelas pour toute l'Union européenne. Malgré leur interdiction sur les places publiques allemandes dotées d'écrans géants, les vuvuzelas continuent d'exploser les ventes de gadgets qui accompagnent le Mondial 2010. Ce succès n'est pas sans ravir les deux hommes d'affaires qui détiennent à présent le monopole de la redoutable trompette en Allemagne.
L'histoire d'un succès
L'aventure commence grâce au pressentiment de Gerd Kehrberg, ancien manager d'un club de deuxième division de Rhénanie du Nord-Westphalie (le NRW-Ligisten Sportfreunde Siegen). Lorsqu'on l'interroge sur la recette de son succès, l'entrepreneur avoue en effet avoir flairé le potentiel commercial des vuvuzelas dès l'année 2007. Deux ans plus tard, le nez du businessman ne semble pas avoir menti : depuis que Frank Urbas et Gerd Kehrberg ont acquis les droits de commercialisation et de production des vuvuzelas auprès de la société sud-africaine Masincedane Sport, l'Allemagne a réalisé près de 90% des ventes de clairons sud-africains.
Discret quant à la teneur exacte des bénéfices engendrés par la commercialisation des trompettes, Frank Urbas admet tout de même "ne pas avoir à se plaindre". Loin de se laisser griser par sa réussite, l'homme d'affaire de Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) se veut conscient de la fugacité du phénomène :"Pour nous, la vuvuzela est un produit intimement lié au Mondial", affirme-t-il… Ce qui ne l'empêche pas d'espérer : "La vuvuzela pourrait peut-être fonctionner pour des sports déjà très bruyants, comme la F1 …".
Essaim d'abeilles ou trompe d'éléphant ?
Mais si la fin du Mondial risque effectivement de sonner le glas des vuvuzelas, les trompettes resteront tout de même les véritables vedettes de l'année 2010 : avec un vrombissement pouvant atteindre jusqu'à 138,1 décibels, c'est-à-dire 53,1 décibels de plus que le seuil autorisé dans les discothèques (en Europe, l'exposition maximum autorisée est de 85dB pendant 8 heures), le moins que l'on puisse dire, c'est que la vuvuzela fait du bruit ! Sur une échelle des bruits, la trompette sud africaine se situerait d'ailleurs au même niveau sonore qu'une sirène de pompier, entre le bruit d'une tronçonneuse et d'une course de formule 1. Il faut aussi noter que l'échelle des décibels est une échelle exponentielle : pour deux bruits de même ampleur (<10dB), les niveaux sonores ne s'additionnent pas de façon linéaire. Par exemple : 1 vuvuzela = 127dB, mais 100 vuvuzelas = 147dB.
Ainsi, comme l'affirment certains, il ne serait pas étonnant que la trompette popularisée en Afrique du Sud dans les années 1990 trouve son étymologie dans le terme africain « zoulou », soit « faire du bruit ». D'autres préfèrent cependant expliquer le nom de cet ersatz de corne de brume par l'onomatopée « vou-vou », qui reproduit le son de l'instrument.
Quand l'Allemagne se met la vuvuzela en poche
Contrairement à la vuvuzela d'origine, fabriquée en étain, la trompe commercialisée par Frank Urbas et Gerd Kehrberg est faite de plastique. Pour un montant de 6 à 12 euros, la trompette est même disponible dans les cinq coloris du drapeau sud africain, soit rouge, noir, or, vert et bleu ! Mais sa particularité réside surtout dans sa fonctionnalité : « La vuvuzela que nous produisons se compose de trois parties, décrit M. Urbas, ce qui fait qu'elle ne peut être utilisée comme arme dans une bagarre sous peine de se disloquer ». Peu encombrante, la version allemande de la vuvuzela permet surtout d'éviter toute contrefaçon, comme l'explique Neil Van Schalkwyk, dépositaire de la marque : « Notre principal souci, c'est la contrefaçon. Pour lutter, nous avons inventé un nouveau modèle pour la Coupe du monde. Il est pliable, en trois parties. Maintenant, vous pouvez en ramener six dans vos valises, sans aucun problème ».
Vuvuzela contre « vuvu-stop »
Alors que joueurs et supporters s'accordent pour dénoncer le vrombissement assourdissant des clairons sud-africains, un rapport de l'institut de certification allemand TÜV Rheinland constate que la vuvuzela germanique ne peut dépasser les 125,5 décibels. Seuil non négligeable lorsqu'on sait que la trompette sud-africaine atteint pour sa part jusqu'à 138,1 décibels. Pourtant, la différence ne suffit pas à enrayer la consommation fulgurante des « vuvu-stop », ces fameux bouchons d'oreilles destinés à protéger du bruit.
En plus du risque de surdité, l'abus de vuvuzela peut nuire à la santé : Yvonne Mayer, Sud-Africaine, a soufflé dans sa trompette jusqu'à provoquer une lésion sur sa trachée. Blessure qui l'a empêchée de parler et de manger pendant deux jours ! « [Le médecin] n'arrêtait pas de se moquer de moi, raconte la supporter. Il m'a dit que c'était sa première blessure de vuvuzela. ». Selon une psychologue de la musique citée par l'hebdomadaire allemand « der Spiegel », ce genre de dommages serait dû au « mauvaises vibrations » émises par la trompette. D'après la psychologue, le son de la vuvuzela ne transmettrait en effet aucune « joie de vivre » ni aucun « enthousiasme » (Spiegelonline, 14/06/2010, Vuvuzela-Terror : Achtung, hier trötet der Teufel). Fiesta et vuvuzela, l'alliance serait-elle alors impossible ? Ce n'est apparemment pas l'avis du groupe munsterois Uwu von Lena, repéré sur le net grâce à son morceau « Schland o Schland » : spécialement composé pour le mondial, la chanson marie habillement guitares, banjos... et vuvuzelas ! (der Spiegel, 25 Juni 2010, également à voir sur youtube:
Quoi qu'il en soit, entre la guerre des vuvuzelas contre les « vuvu-stop » et l'application Iphone qui reproduit le son de l'instrument jusqu'à 90 décibels, une chose est sûre, la trompette sud africaine n'a pas fini de faire du bruit...
je veux avoir un point de vente de vuvuzella
en tunisie
melom /// Freitag, 02-07-10 00:22
le vuvuzella n'a pas fini de nous casser les oreilles!
et vous participer au buzz, même si c'est drôle d'apprendre qu'1 allemand se cache derrière^^
moi j'en au + qu'assez d'entendre les fans dans la rue s'exerçant à faire du bruit!
Gaellom /// Mittwoch, 23-06-10 10:22
Article intéressant qui résume bien "l'affaire Vuvuzela" ^^
Je serai aussi curieux de voir les outils qu'ont utilisés les chaînes de télévision pour masquer le bruit du vuvuzela pendant la coupe du monde. Je crois que TF1 a choisi l'utilisation de micros directionnels tandis que canal + a préféré filtrer numériquement le son.
un admirateur,
A.N O'nyme
nepoz /// Mittwoch, 23-06-10 00:43
ça sent le commentaire d'un tonton bienveillant ça!