

Le 7 juin dernier, le gouvernement de la République fédérale a présenté un plan de budget audacieux pour les années à venir. Afin de se conformer aux exigences de l'Union Européenne, des mesures drastiques ont été prises. L'objectif à atteindre est de réussir l'économie de 80 milliards d'euros d'ici 2014 afin de ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB pour fin 2013 au lieu des 5% actuels.

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 Guido Westerwelle, Président du FDP
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Tous à la diète
Après deux jours de séminaire entre les libéraux FDP et la CDU, la coalition est parvenue à un plan d'action ambitieux: réussir à économiser 11,2 milliards d'euros en 2011, 17,1 milliards en 2012, 25,7 milliards en 2013 et 32,4 milliards en 2014. Tous les secteurs de l'état seront mis à contribution à l'exception de la recherche et l'éducation qui afin de ne pas affecter la croissance recevront une affectation de 12 milliards supplémentaires. "La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y aura ni hausse de TVA, ni hausse d'impôts", était enchanté d'annoncer le vice-chancelier libéral Guido Westerwelle. Malheureusement, les mesures vont affecter fortement les domaines sociaux, car ce sont les dépenses de l'état fédéral qui doivent être diminuées. Certaines allocations seront donc réduites voir supprimées comme pour certains bénéficiaires de l'aide au logement. Les allocations chômage vont être revues à la baisse, afin de pousser les sans-emplois à retrouver du travail et l'allocation parentale qui permet aux parents actifs de rester chez eux pour travailler, va être réduite pour ceux qui bénéficient déjà d'un salaire élevé et supprimé pour ceux qui profitent du Harz IV. De plus, d'ici 2014, entre 10.000 et 15.000 emplois disparaîtront dans la fonction publique. Le droit des faillites va être également révisé afin que l'Etat créancier soit servi en premier en cas de liquidation. Enfin, un autre domaine particulièrement visé par ces mesures est celui de la Défense, où une baisse d'effectifs d'environ 40 000 soldats dans la Bundeswehr va avoir lieux en même temps qu'une réforme en profondeur du service militaire.
L'Etat compte également sur une participation active des entreprises par la mise en place de nouvelles taxes. Ainsi, les producteurs d'électricité utilisant le nucléaire, pour pouvoir faire fonctionner leurs usines au delà de l'âge limite, vont devoir s'acquitter d'une taxe qui devrait en principe rapporter 2,3 milliards d'euros par ans. De même, une nouvelle taxe sur tous les billets d'avion en partance d'Allemagne est prévue ce qui risque d'être très mal accueilli par les Allemands réputés grands voyageurs.
Afin de bien insister sur l'importance des économies à réaliser, la chancelière a également suspendu le projet faramineux de reconstruction du château de l'empereur Guillaume II. Ce projet d'un coût de 550 millions d'euros devait voire renaître en plein centre-ville berlinois, trois façades baroques de ce château détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
Finalement, malgré l'importance du chiffre avancé, le plan d'épargne est plutôt raisonnable car en cumulant les nouvelles recettes supplémentaires (taxe aérienne, taxe sur le combustible nucléaire, taxes bancaires, ...) qui constituent environ 37 milliards d'euros de rendement et diverses mesures d'épargne d'administration (réduction des effectifs de la fonction publique, mais également report de la construction du château), le plan d'économie serait en réalité plus proche de 35 milliards que de 80. Ce qui correspondrait environ à 0,5 points du PIB, objectif très abordable en 4 ans.

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 Ver.di, Vereinte Dienstleistungsgewerkschaft, littéralement "syndicat uni des services"
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Un régime pas franchement au goût de tout le monde
Comme à son habitude, Berlin a agit sans prévenir ses voisins européens qui souhaitaient ne rien brusquer afin de protéger la croissance. Mais, ce plan budgétaire a surtout été très mal reçu dans tout le pays. Les premières manifestations ont eu lieu dans la journée du samedi 12 juin à Berlin et Stuttgart pour marquer le mécontentement de la population face au plan de rigueur. Depuis quelques temps déjà, les syndicats, et particulièrement celui des services, Verdi, le parti Die Linke et l’extrême gauche avaient commencé à appeler à de grandes manifestations générales avec pour mot d’ordre : « Nous refusons de payer pour votre crise ». le week-end dernier donc, entre 15 000 et 20 000 manifestants ont investit les rues de Berlin. A Stuttgart, ils étaient entre 10 000, selon la police, et 20 000 personnes selon les syndicats. Le message n'a manifestement pas été assez fort ou alors, le parti Die Linke n’a pas su mobiliser suffisamment, peu de tracts et aucune affiche dans Berlin. L’aile gauche de Die Linke, les syndicalistes de gauche, et particulièrement ceux de Verdi, doivent profiter de l’été pour mobiliser les salariés, et faire de la journée du 29 septembre une journée de mobilisation et de grèves européenne. Les protestations proviennent aussi d’associations sociales ou d'église.

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 Archevêque de Hambourg, Werner Thissen
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L'Archevêque Werner Thissen s'est prononcé avec inquiétude sur "Sparpaket" décidé par le gouvernement fédéral. Samedi 19 juin, lors de la Sommerfest du bureau catholique de Schwerin, il a exigé que des améliorations pour les familles et les personnes à bas revenu soient réalisées, tout en déclarant que "les mesures choisies n'étaient pas équilibrées."
Face à ces vives critiques, la chancelière a expliqué dimanche: "Nous ne pouvons dépenser que ce que nous faisons entrer dans les caisses de l'Etat". Elle a ajouté que "L'Allemagne, en tant que plus grosse économie (de l'Union européenne), a la tâche exceptionnelle de montrer le bon exemple" a-t-elle ajouté. "Ces derniers mois ont montré, en rapport avec la Grèce et les autres Etats de la zone euro, l'importance extraordinaire de finances solides, et le fait qu'elles sont une condition préalable pour pouvoir vivre dans la stabilité et la prospérité".
Il n'empêche que ce désaveu du gouvernement risque de compromettre la bonne mise en place des mesures décidées. Selon un sondage publié le même jour, les Allemands ne sont plus que 37 % à croire que le gouvernement tiendra jusqu'au bout de son mandat en 2013 et 20% souhaitent la démission de Mme Merkel qui étaient il y a quelques mois encore la chancelière la plus populaire de l'après guerre.
François Tillette de Mautort
21.06.2010