Révélé en 2008 avec son morceau I’m Human Now, le canadien James Teej est désormais considéré comme l’une des valeurs sures de la techno « made in Toronto ». Sa musique pendulaire oscille entre techno, deep house, jazz et se distingue de la minimale froide et austère. Ce prodige torontois, désormais adopté par ses pairs, est régulièrement joué en soirées par tout bon DJ qui se respecte. Son excellent premier album, « Evening Harvest » sort enfin dans les bacs.
6H du matin, sortie du club, le soleil darde ses premiers rayons. Paupières lourdes, jambes engourdies, retour à la maison. Une musique pour entamer la redescente jusqu’au moment d’atteindre son lit ? « Evening Harvest » de James Teej sera la B.O. idéale.
James Teej
Les sirènes de la techno
James Teej tombe dans le chaudron de l’électronique en 1995 à Canmore au Canada. Il possède déjà un background important : études de musique classique, piano, guitare, basse, percussions latines et jazz. Mais cette année là, un pote lui donne une K7 contenant une compile de House. La révélation est immédiate. Subjugué, il suit l’appel de l’électro. Après avoir acheté sa paire de platine Technic 1200 et monté son studio d’enregistrement, il passe deux ans à maitriser son art. En 1997, sous le pseudo de James T., il réalise son premier EP, sur son propre label Reflection Records. A partir de cette date, il devient DJ dans les soirées, raves et festivals. En 2005, il déménage à Toronto où les clubs de la ville – Footwork, Tryst, Soma Lounge, Circa, Hotel Boutique – deviennent son terrain de jeu. Il monte alors son premier studio d’enregistrement professionnel avec son ami de longue date, DJ Nitin. Il enchaine les signatures sur les labels tels Tic Tac Toe, Connect Four, Rebirth et Rekids.
Import/export
James Teej perfectionne son art (son art : répétion plus hat : il passe deux ans à maîtriser son art) et continue de se produire sur scène à droite et à gauche. En 2009, il est fin prêt pour délivrer sa musique au monde entier. Il mixe en février au mythique Berghain/Panorama Bar de Berlin comme tout grand DJ qui se respecte, aux coté de son ami Radio Slave, le boss de Rekids. D’ailleurs, ce dernier ne tarit pas d’éloge sur son poulain :
« Lors de notre première rencontre, pendant sa remarquable performance au Panorama Bar, il était impressionnant de voir comment James Teej impose son propre univers dans une salle bondée : son style vocal est dans la plus pur tradition Blue Eyed Soul* réminiscence des héros soul - à l’âme perdue - du passé. Cependant son instrumentation futuriste vient de toutes les directions et tous les continents. L’environnement musical qu’il peint a quelque chose de vraiment unique ».
JT : le wunderkind torontois de la deep house
Techno minimale à la maxi âme
James Teej présente « Evening Harvest » en ces termes suivant :
« Cet album a été la culmination de toutes ces années passées à apprendre, jouer en club, mixer, composer et produire la musique qui me passionne profondément ».
« Evening Harvest » est traversé par une Deep House minimale enrichie par les multiples influences du Torontois. (« Greenback ft. dOP(« a des relents délicieusement funky, (« Left Believing(« lorgne du coté de la Tribale tandis que (« The Rain Awaiting(« se distingue par son atmosphère orientale. James Teej compose comme on peut créer un cocktail au shaker. Un exemple avec(« Late Blooming (« : synthés funky réverbés, percus vacillantes, voix masculine chaude et séduisante. Le résultat, 7.14 minute de House à avaler cul-sec en plein dancefloor. (« All We Have Is Time(« , avec son piano et sa guitare jazzy, sa voix aux accents soul conclut l’album telle une douce brise effleurant les tympans.
Camille Larbey, le 08/06/10
*Blue-eyed soul (« soul aux yeux bleus ») est un terme anglais utilisé pour désigner la musique soul, musique essentiellement noire, quand elle est interprétée par des musiciens blancs. Exemple : Dusty Springfield, The Rascals, Joe Cocker.