

Le président fédéral allemand Horst Köhler a annoncé sa démission le 31 mai en début d'après-midi "avec effet immédiat". Cette décision a été prise suite à la polémique suscitée par ses déclarations sur ce qui peut justifier un engagement militaire de l'Allemagne à l'extérieur (propos tenus dans l'avion qui le ramenait d'Afghanistan). Seulement un an après sa réélection, il oblige donc l'Allemagne à choisir un nouveau président.

Un politicien pas comme les autres
En mai 2009, Horst Köhler est élu président de la République Fédérale d'Allemagne après avoir déjà effectué un premier mandat. A cette époque, il avait surpris plus d'un électeur allemand lors de son discours présidentiel en déclarant que «Dieu lui vienne en aide» afin de «remplir [ses] devoirs avec conscience et d'être juste envers tous». Des propos qui ne cadraient peut être pas complètement avec la réserve et la neutralité que l'on attend de celui qui occupe cette fonction dans la République fédérale. Cet homme politique a occupé de nombreuses fonctions prestigieuses telles que la présidence de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (1998-2000) ou encore la direction générale du Fond Monétaire International (FMI) de 2000 à 2004. Horst Köhler est le premier président allemand à donner sa démission. Bien qu'étant du même parti qu'Angela Merkel, la CDU (Christlich Demokratische Union), Köhler est le premier président fédéral à ne pas appartenir à l'appareil d'un parti politique. Il se différencie de ses prédécesseurs par son manque de neutralité lors de ses prises de positions au nom de la République Fédérale d'Allemagne. Ce sont d'ailleurs ces discours inhabituellement orientés qui lui ont souvent valu des critiques de la presse mais aussi des membres du gouvernement.

Le dérapage de trop
"J'annonce ma démission de mes fonctions de président avec effet immédiat". Voilà ce qu'a déclaré aujourd'hui Horst Köhler à Berlin. Cette décision fait suite aux propos controversés du président allemand concernant l'intervention des troupes militaires allemandes (Bundeswehr) en Afghanistan. En effet, lors d'une interview suite à sa visite en Afghanistan, Horst Köhler justifie l'engagement militaire pour défendre les intérêts économiques de l'Allemagne. De vives critiques au sein de l'opposition ont alors fait surface, mais le président n'a pas pu également compter sur le soutien des partis membres de la Koalition ( CDU/FDP), c'est-à-dire des partis au pouvoir. Cependant Köhler rejette toute critique, expliquant qu'il s'agissait d'un malentendu. Selon son porte-parole, il n'a pas explicitement parlé de l'intervention en Afghanistan, mais de l'Operation Atlanta, visant à lutter contre la piraterie. Horst Köhler précise : "A mon avis, la société dans son ensemble est en train d'accepter progressivement (...) que dans le doute et en cas de nécessité, un engagement militaire peut être nécessaire pour protéger nos intérêts, par exemple la liberté des voies commerciales, par exemple en empêchant l'instabilité dans des régions entières qui aurait des effets négatifs sur nos échanges, nos emplois et nos revenus". Mais les critiques continuent à fuser et l'opposition ne se contente pas des précisions de Köhler. Le chef du parti des Grüne, Jürgen Trittin, a demandé au président de revenir sur ses propos controversés. Selon lui, avoir recours à un engagement militaire à des fins économiques est en contradiction avec la Constitution. Wolfgang Gehrcke, député du parti Linke au Bundestag (Parlement allemand) qualifie également ces propos d'anticonstitutionnels. De son côté, le SPD exige une rectification publique des propos qu'a tenu Horst Köhler. Thomas Oppermann, président du parti, déclare: «nous ne voulons pas de guerres économiques». Cette pression, Köhler la subit également de la part des membres de la coalition CDU/FDP. Friedbert Pflüger, membre de la CDU, explique que l'armée ne doit pas devenir un instrument de la politique de commerce extérieur.

Et après?
Il semble que Horst Köhler a été emporté par le débat sur l'Afghanistan, l'ayant poussé à quitter la fonction présidentielle. Cette décision bouleverse quelque peu la vie politique allemande, d'autant plus que l'Allemagne, tout comme les pays membres de l'Union Européenne, est déjà très préoccupée par la crise de l'euro actuelle.
Conformément à la Loi fondamentale (Grundgesetz), Constitution de la République Fédérale d'Allemagne, c'est le social-démocrate Jens Böhrnsen, président du Bundesrat (chambre haute du Parlement), qui assure l'intérim. Son successeur doit être élu dans les 30 jours.
Florence Godefroy, Lili Schackert / 31.05.2010
resultats entre 1 et 2 de 2
"il n'a pas explicitement parlé..., mais de l'Operation Atlanta,"
Il me semble que c'est de l'opération Atalante à laquelle vous faites référence. Meilleurs Salutations.
S.
si le président de la France avait démissionné dès la première bourde!
il y a longtemps qu'on aurait oublié même jusqu'au nom de Sarkozy!