Entre studio, festivals, et sets dans les plus grandes discothèques européennes, Monika Kruse a un emploi du temps très chargé. Évidemment ! C’est une « DJette » électro allemande très reconnue dans le monde. La Gazette revient sur cette femme de la nuit qui fait danser les foules depuis presque vingt ans déjà.
Baignée dans la musique depuis toujours
Née en 1971 à Berlin, Monika Kruse a grandi dans la capitale bavaroise, Munich. Pianiste dès son plus jeune âge, elle a toujours su qu’elle voulait travailler dans la musique. En marge de ses études de sociologie, elle travaille en effet comme manager de produit pour un label de platines. Son amour pour la musique l’amène ensuite à entamer une carrière de DJ en 1991. Ses premiers mixes, à la manière « old school », sont de simples scratchs sur des vinyles dans des soirées improvisées et illégales, le plus souvent interrompues par les forces de l’ordre. En 1994, elle devient DJ résidente de la nouvelle discothèque Ultraschall de Munich et sa carrière s’envole l’année suivante au niveau international.
Engagements musicaux et retour à Berlin
Toujours en évolution, elle s’est engagée de différentes manières au fil de sa carrière musicale. « DJette » avant tout, elle a longtemps collaboré avec Patrick Lindsey sous « Monika Kruse @ Voodooamt ». Ayant le même feeling musical, ils ont réalisé ensemble douze vinyles, deux albums et divers remixes. Après avoir quitté Munich pour retourner dans sa ville natale de Berlin, la « Grande dame de l’électro allemande » a créé son premier label « Terminal M ». Nommé ainsi parce qu’il doit être un lieu de rencontre, comme le terminal d’un aéroport, il est destiné à promouvoir des artistes inconnus, jeunes et créatifs. C’est d’ailleurs sous ce même label que le titre « Latin Lovers » est enregistré. C’est son plus grand succès, classé numéro un aux Pays-Bas et numéro deux en Espagne en été 2003. Heureuse de ce succès, elle a tout de même préféré que les producteurs qu'elle estime la félicitent.
Une musique électro, funky et sexy.
Si on lui demande de qualifier sa musique, elle répond qu’elle est « funky » et « sexy ». Mais c’est aussi une musique électronique arrangée de manière féminine et très perfectionniste, peu commerciale, qui permet d’oublier ses soucis en se trémoussant sur la piste. Ses inspirations lui viennent en partie de ses producteurs préférés, notamment le DJ français Laurent Garnier, mais aussi de la vie quotidienne berlinoise. Toujours très dynamique lors de ses interventions, elle n’a pas de recette miracle, la musique la rend simplement heureuse. Pour la préparation de ses sets, elle achète seulement ses vinyles et ajuste ensuite la musique en fonction du public : minimal, house, ou encore « hard pumping techno ». Monika Kruse a construit son univers au fil du temps et son dernier album « Changes of perception » (2008) qui présente un mélange électro de divers styles. Mélancolique, parfois chanteuse à ses heures, comme dans son titre « Don’t come close », la « Grande Dame de l’électro » sublime les dancefloors avec son titre « Morgana », d’autant plus agréable sous un soleil estival !
Des mixes aux quatre coins du globe
Après vingt ans de carrière, Monica Kruse ou « Mama Moni », comme l’appellent certains fans, est aujourd’hui célèbre dans le monde entier, mixant de Paris à Tokyo en passant par New York et l’Amérique du Sud. Présente dans tous les grands évènements technos européens comme la Time Warp (Allemagne), la Loveparade (Allemagne), l’INOX (France) ou encore sur la célèbre île d’Ibiza, elle se produit bien sûr aussi dans sa ville de résidence, notamment dans les plus importantes discothèques berlinoises : Watergate, Weekend-Club et bien sûr Berghain qu’elle considère comme sa « deuxième maison ». Avis aux amateurs de musique électronique !
Elodie Mareau
19.05.2010
Pour lire l'interview complète: www.lagazettedeberlin.de/6225.html