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 "Le robinet qui fuit" Reginald ©
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A l'occasion de la journée mondiale de l'eau qui a lieu tous les 22 mars depuis 1992, différents thèmes sont abordés concernant les problèmes liés à l'eau dans le monde tels que l'approvisionnement ou l'assainissement de l'eau. Le thème de l'année 2010 est "de l'eau propre pour un monde sain". Objectif louable, mais à quel prix? Le prix de l’eau en Allemagne pour le consommateur varie beaucoup d’une ville à l’autre. Berlin est l'une de celles où le mètre cube d'eau coûte le plus cher. Sachant que ce dernier ne cesse d'augmenter, elle devrait bientôt atteindre la tête du classement encore détenue par Halle (Haute-Saxe) et Stuttgart, (Bade-Wurtenberg).

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 Berliner Wasser Betriebe, Regard de chaussée à l'image de la ville.
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"Fontaine, je ne boirai plus de ton eau"
La qualité de l'eau à Berlin est un véritable exemple pour les autres régions d'Allemagne. Pas d'odeur ou de goût de chlore et très peu de calcaire. Parfaitement potable, elle a même meilleur goût que dans beaucoup de régions rurales. Avec un indice de qualité de +2, Berlin est donc l'une des villes où l'eau du robinet est la plus "propre" à la consommation. Le secret de cette eau d'aussi bonne qualité repose sur le fait que Berlin est l'une des rares métropoles au monde à vivre sur ses propres réserves en eau. En effet, un système de filtration est utilisé le long des berges des rivières et des lacs environnants afin de récupérer de quoi alimenter la nappe phréatique. Celle-ci a l'immense avantage d'être filtrée naturellement à travers les sables, ce qui diminue considérablement l'emploi de produits plus nocifs. Seulement tout cela à un coût, et celui-ci n'est pas négligeable.
D'après une étude réalisée en 2009, le prix du mètre cube d'eau coûte 2 € en moyenne en Allemagne. A Berlin, il coûte 2,24€ contre 1,52€ à Munich. Seules Stuttgart et Halle appliquent des tarifs plus élevés, mais il est très probable que la capitale leur ravisse bientôt la première place. Depuis seulement 2003, ses tarifs ont connu une augmentation de près de 22%. La privatisation partielle du capital des Berliner Wasserbetriebe (BWB), la compagnie des eaux berlinoise, réalisée par la coalition locale CDU et SPD (1991-1995), sous le mandat du maire Eberhard Diepgen explique peut être ce phénomène. Ainsi, depuis 1999, la société française Veolia Environnement ainsi que RWE, fournisseur d’énergie basé à Essen (NRW), se partagent 49,1% des parts de l'entreprise. Le Land de Berlin en possède encore 50,1%, ce qui lui assure la moitié des gains réalisés par la compagnie, soit environ 100 millions d'euros par an pour la mairie.

Comparaison du prix de l'eau:

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 Source: BBU (Syndicat des bâtiments Berlin-Brandebourgeois)
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 Harald Wolf (Die Linke), sénateur pour l'économie à Berlin
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Un coup d'épée dans l'eau?
Harald Wolf (Die Linke), sénateur pour l'économie à Berlin explique que le coût de l'eau est dans la capitale "clairement au dessus de celui des autres fournisseurs". Au mois de février dernier, la Cour fédérale de Justice a rendu une décision permettant de soumettre les Compagnies des eaux au droit des cartels. M. Wolf en a profité pour saisir l'Office fédéral des cartels afin d'exiger que les tarifs soient réévalués en fonction des prix appliqués dans les autres Länder. Il explique qu'il est indispensable que dans le domaine de la distribution de l'eau, il existe une compétition juste et équilibrée. Ainsi les prix devraient êtres régulés et surtout justifiés.
Dans un entretien accordé à La Gazette, Mathias Kolbeck, porte parole de Veolia, nous explique qu'il envisage cette situation avec calme. "L'office des cartels devrait intervenir si les prix pratiqués à Berlin sont abusifs, mais ce n'est pas le cas. En comparaison avec les autres grandes villes d'Allemagne, le prix de l'eau à Berlin n'est pas inhabituellement haut, et en particulier si on le compare avec les autres villes de l'Est. Les grosses villes de l'Ouest n'ont pas la problématique de devoir assainir tout l'ancien réseau et de diriger comme à Berlin, deux entreprises et deux réseaux à la fois, ce qui induit des coûts considérables ». Expliquant que les surcoût d’aujourd’hui sont liés à l’histoire M. Kolbeck tente de rassurer : « Les investissements effectués aujourd'hui entraînent une hausse des prix mais sont à envisager sur le long terme, car le fruit des travaux actuels durera encore des nombreuses années ».
Il explique par ailleurs que la hausse de 22% ne s'est pas faite en sept ans mais pendant les onzes dernières années. Dans les faits, de 1999 à 2003, les prix n'ont pas augmenté en raison d'un accord passé au moment où la privatisation a eu lieu. Or les coûts ont crû pendant cette période en raison notamment de la hausse des prix de l'énergie. Donc à la fin de cette période convenue, il a paru nécessaire de rattraper ce décalage. Il s’agit ici d'une hausse moyenne de 2% par an, ce qui en comparaison avec le taux d'inflation et la hausse des prix de l'énergie par exemple, « n'est pas exorbitant » argumente M. Kolbeck .
La CDU souhaite surtout que le sénat renonce aux profits tirés de l'augmentation des prix. Pour Heiko Melzer (CDU), membre de la chambre des députés du Land de Berlin « le Sénat* ne doit plus s'enrichir aux dépends des Berlinois ». L'opposition reproche au Sénateur Wolf de s'occuper de ce problème seulement maintenant et d'avoir profité de l'augmentation des coûts pour remplir les caisses de la ville.
*Le Sénat est l’exécutif de la ville-Land de Berlin, la chambre des députés du Land de Berlin (Berliner Abgeordnetenhaus) incarne le pouvoir législatif local, où siège aussi l’opposition.
François Tillette de Mautort
12.05.2010
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je vous trouve bien gentil avec Veolia !
les dessous de l'eau ? et pourquoi pas " Ca coule de source " ??