C’est la petite surprise ciné du printemps ! A la fois comédie romantique et dramatique, le film « Vincent will Meer » s’est hissé à la troisième place des charts une semaine après sa sortie. Il faut dire que tous les ingrédients du succès sont au rendez-vous : une paire d’acteurs jeunes, beaux et talentueux, des scènes cocasses et une réalisation sobre mais rythmée… Ajoutez à cela un bouche-à-oreille flatteur et le tour est joué !
de gauche à droite : Florian David Fitz, Karoline Herfurth et Johannes Allmayer
L’affiche ne paye pas de mine : un jeune individu riant bêtement et une fille hippie-bohême derrière lui, esquissant un sourire. Et pourtant, le film Vincent will Meer s’annonce comme un succès. Sorti le 22 avril dernier, il enregistre 65.642 entrées (1) dès la première semaine et déloge Der Kautions-Cop avec Jennifer Aniston pour prendre la troisième place des charts. Après deux semaines d’exploitation, il est certes maintenant à la cinquième place mais cumule 167.791 tickets vendus. Fait non-anodin : il s’agit du seul film allemand dans le top 10, pris d’assaut par huit productions américaines et un long métrage anglais.
Malgré le titre qui joue sur le mot Meer pour signifier à la fois que Vincent veut la mer et que Vincent attend plus de la vie (mehr), l’histoire ne se limite pas seulement à ce jeune homme atteint du syndrome de la Tourette, et qui peu après le décès de sa mère se voit envoyer illico-presto dans un centre hospitalier par son politicien de père qu’il n’a pas vu depuis des années. Elle inclut Marie, interprétée par Karoline Herfurth, vue dernièrement dans The Reader aux côtés de Kate Winslet. Rencontrée dès son premier jour à la clinique et soufrant d’anorexie, la fameuse fille hippie-bohême de l’affiche embarque très vite Vincent pour une petite virée impromptue à bord de la voiture volée à leur psychothérapeute. Jouant les Jo l’incruste, Alexander, le voisin de chambrée un brin maniaque s’embarque dans l’aventure. Destination choisie par Vincent : la mer ! Aux basques du trio, la psy et le père du héros qui feront le road-trip en parallèle jusqu’à San Vincente en Italie.
Vincent voit-il la mer ?
Ecrit par Florian David Fitz qui incarne le héros du film, Vincent will Meer ne révolutionne pas le genre mais se laisse néanmoins regarder avec plaisir. La réalisation signée Ralf Huettner rappelle celle d’un long métrage indépendant où l’on suit les acteurs au plus près de leurs mouvements. Comme dans presque tout film-road-trip qui se respecte, les personnages sont en réalité en quête d’eux-mêmes. Si les ficelles peuvent parfois paraître énormes, pour preuve le changement volte-face du père de Vincent, ce que nos trois personnages principaux finiront par trouver en surprendra peut-être plus d’un. Sur leur route, les superbes montagnes des Alpes donneront presque envie de rentrer chez soi faire ses valises pour un petit voyage initiatique inopiné.
Un acteur également scénariste
Agé de 35 ans, Florian David Fitz livre ici son premier scénario. Et c’est plutôt un joli début. Il parvient à habilement distiller les moments dramatiques où les gorges se serrent et ceux qui détendent les zygomatiques en une seconde. Très crédible en Tourettien, il intègre si naturellement les tocs inhérents à cette maladie que l’on se surprend vers la fin à ne plus être surpris lorsque Vincent saute en l’air en lâchant deux-trois injures. Un autre argument en sa faveur qui ne convaincra qu’une partie du lectorat : le comédien n’est pas désagréable à contempler pendant 1h35. Pour les autres, vous saurez que vous regardez un film allemand quand vous verrez la psy fumer cigarette sur cigarette dans son cabinet au sein de la clinique,Un sans que cela ne choque personne dans la salle. Reste à voir si le public français accrochera. Aucune date de sortie en France n’a pour l’instant été annoncée.