

Mardi 27 avril, vont s'affronter en match retour des demi-finales de la ligue des champions, le Bayern de Munich et l'Olympique de Lyon. Il s'agit des têtes de classement respectives de la France et de l'Allemagne, mais qu'en est-il des clubs de la capitale: le Hertha BSC Berlin et le Paris Saint-Germain? Après un début de saison difficile, le PSG s'est péniblement hissé à la 10ème place de la ligue 1 alors que le Hertha stagne à la 18ème position de la Bundesliga. Au lendemain des matchs, les titres de journaux comportent les mêmes termes à savoir: "déception", "manque de jeu", d'enjeux", de "motivation" ou encore "débordements" et "violence dans les tribunes". Ces clubs qui ont tous deux connus des périodes de victoires et de splendeur, flirtent depuis quelques années avec le danger d'être reléguée en ligue 2 sans pour autant en subir l'affront.

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 Coupe de la ligue des champions
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Parisiens, Berlinois, même combat!
La France et l'Allemagne sont deux grandes nations du football, c'est un fait indéniable. Avec trois Coupe du Monde (1954, 1974, 1990) et trois Championnats d'Europe (1972, 1980, 1996), le palmarès de la Nationalmanschaft talonne de près l'Italie. L'équipe de France, remporte à domicile le championnat d'Europe des nations en 1984. Elle obtient un titre Olympique la même année. La consécration arrive à la fin des années 1990 où la France remporte la Coupe du Monde 1998 contre le Brésil, puis réalise le doublé en 2000 avec la Coupe d'Europe contre l'Italie.
Au niveau européen, presque chaque pays présent dans la sphère footballistique possède un club de haut niveau pour sa capitale. Londres compte plusieurs très bons clubs comme Chelsea et Arsenal, respectivement premier et troisième du classement national. L'Italie, quant à elle, est représentée par l'AS Roma et le Lazio Rome, la Hollande compte sur l'Ajax d'Amsterdam et le Portugal sur le Sporting et le Benfica de Lisbonne. Enfin, le Real de Madrid partage actuellement la tête du classement avec le FC Barcelone après avoir été élu meilleur club du XXème siècle. Toutes ces équipes possèdent une renommée importante au niveau mondial alors que Berlin et Paris, sont incapables de s'imposer à l'échelle nationale. Il faut également noter que parmi les capitales citées, Paris et Berlin sont les seules qui ne possèdent qu'un seul club attaché à la ville présent en première division. Il n'en existe pas d'autres que le PSG pour Paris et à part le FC Union qui évolue depuis peu en ligue 2 en Allemagne, Berlin ne compte réellement que le Hertha BSC Berlin. La création d'un nouveau club mobilise d'importants investissements financiers et nécessite la conquête d'un nouveau public. Le fait que ces clubs aient une histoire et des supporters inamovibles entraînerait sans aucun doute un échec tant sportif que commercial.

Il n'y a pas que le ballon qui se prend des coups
Le 23 avril dernier, à la demande du ministre fédéral de l'intérieur, Dr. Thomas de Maizière, une table ronde sur le thème "football et violence" a été ouverte à Berlin afin de discuter de ce problème qui n'a cessé d'empirer dans les gradins depuis une dizaine d'années. Il s'agira de chercher des solutions pour prévenir les incidents et faire en sorte que "le football reste l'une des plus grande force d'intégration de notre société". Les stades du Parc des Princes (44 283 places) et l'Olympia Stadion (74 228 places) sont de tailles colossales et les matchs sont souvent disputés à guichet fermé lorsque leurs équipes y jouent. La pression est palpable et les supporters veulent un spectacle que les joueurs ne semblent plus à même de leur servir. Il est désormais courant qu'en fin de match, des bagarres entre supporters éclatent contribuant à donner une triste réputation aux clubs et à instaurer un climat de tension. Certains groupes de supporters "ultra" viennent dans les tribunes avec une toute autre idée en tête que d'apprécier le match. On retrouve ainsi dans l'actualité récente des deux clubs, des problèmes liés à la violence et aux débordements dans les tribunes. Le 28 février dernier, à la suite d'un match entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain, une rixe a éclaté entre les ultras du PSG (KoP of Boulogne) et ceux d'Auteuil, l'un des supporters parisiens est décédé trois semaines après des suites de ses blessures. De la même façon, le 13 mars dernier, le Hertha BSC Berlin a perdu 1-2 contre Nuremberg et une centaine de spectateurs mécontents, armés de bâtons se sont rués sur le terrain dès la fin du match pour exprimer leur déception. La ligue allemande a condamné le club berlinois à une amende de 50 000€ pour n’avoir su maîtriser ses supporters. Déjà lanterne rouge en cette fin de saison, si l'équipe doit en plus assumer la responsabilité des actes de son public, le Hertha Berlin n'est pas prêt de remonter dans les classements et encore moins dans l'estime des spectateurs.
La plupart des institutions footballistiques (FIFA/UEFA), sont politisées à l'extrême. Il en résulte des prises de décisions dont les motifs ne sont plus essentiellement sportifs. La présidence du PSG a changé huit fois ces dix dernières années et celle du Hertha BSC Berlin neuf . Comment est-il possible dans ces conditions d'établir une stratégie stable sur le long terme? Friedhelm Funkel entraîneur depuis 2009, nommé afin de faire remonter le Hertha dans les classements, se retrouve dans la même position que son prédécesseur, Lucien Favre, un an auparavant. "Ce n'est pas le sujet pour le moment, mais si l'on m'a suivi dans le passé, on sait que, j'ai joué dans la deuxième ligue." explique-t-il. "J'ai travaillé cinq fois en deuxième ligue et je suis remonté les cinq fois! " Il ajoute qu'il pense toujours au prochain match.

Un milieu cramponné à l'argent
La différence majeure concernant les clubs issus des capitales, c'est que les enjeux sportifs sont rarement les premiers à rentrer en ligne de compte. Paris comme Berlin bénéficient d'une très bonne couverture médiatique ce qui permet d'attirer facilement des sponsors et de la publicité. L'argent n'est donc pas un problème, du moins pas dans sa disponibilité, mais plutôt dans son emploi. Les joueurs des équipes capitales sont considérés comme surpayés par rapport aux autres clubs. Par exemple, l'attaquant Serbe Mateja Kežman qui évolue au sein du PSG touche des sommes considérables (250 000€/mois en 2009) alors qu'il ne passe que peu de temps sur le terrain. La mauvaise gestion des finances et des salaires fait perdre leur motivation aux joueurs. Ils honorent leur contrat en venant jouer le match mais ils n'ont pas confiance dans leur jeu et font preuve d'une flagrante absence d'automatismes au sein de leur équipe. Ils sont pour certains moins attachés au "maillot", et cassent l'identité des clubs en agissant comme des girouettes et allant là où il y a le plus d'argent, laissant derrière eux leur dignité sportive.
Ces équipes gardent pourtant un potentiel non négligeable car elles continuent de vendre des maillots et remplissent les stades. Malgré cet intérêt financier certain, les investisseurs demeurent frileux. Bien entendu les risques sont plus élevés que dans d'autres clubs, mais les enjeux sont également plus importants. En 2006, Colony Capital, fond d'investissement américain spécialisé dans l'immobilier, a racheté le PSG pour 41 millions de dollars. François Bazin président de la branche Europe du groupe affirmait que « c’est le projet sportif qui doit nourrir l’ambition économique et non l’inverse." Pourtant, la politique du groupe ne semble pas être en adéquation avec cette affirmation et demeure incomprise des supporters. Colony Capital semble en effet, plus intéressé par le Parc des Princes que par le club lui-même. Le groupe ne réalise pas d'investissements sportifs mais essentiellement des investissements de fond, destinés à obtenir le prochain bail emphytéotique administratif délivré par la ville de Paris pour pouvoir exploiter le Parc des Princes pendant un demi-siècle, au minimum, et assurer une rente durant toute cette période. Une vision bien éloignée de l'esprit sportif en sommes.
François Tillette de Mautort
26.04.2010
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Commentaire intéressant, riche en valeur ajoutée et en point de vue objectif.
A souligner, un véritable effort dans le choix des mots et des louanges, sûrement l'oeuvre d'un proche de l'auteur ;) !
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A souligner , un véritable effort dans la recherche et des informations très précises , surement l'œuvre d'un grand expert du foot !