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Si le nom de reine Louise n’occupe pas une place significative dans les manuels d’histoire français, ici il désigne la femme la plus populaire de l’histoire prussienne. Une exposition au château de Charlottenburg revient sur la vie de cette reine et son impact sur l’histoire allemande et européenne 




Jean-Charles Tardieu. Napoléon accueille la reine Louise à Tilsit.

Qui est donc Miss Prusse 2010 ? Le palais de Charlottenburg (à Berlin) consacre jusqu’au 30 mai prochain une exposition intitulée « Louise, la vie et le mythe de la reine » (1), à l’occasion du bicentenaire de sa mort. Les affiches promotionnelles disposées dans toute la ville montrent des portraits de la reine estampillés de jeux de mots anachroniques tels que « working mom » (maman au boulot), « it girl » (la fille du moment), « fashion victim » (victime de la mode), ou encore « Miss Prusse 2010 ». Icône populaire pour tout un peuple au XIXe siècle, elle reste notamment connue pour son opposition à Napoléon Bonaparte pendant les guerres contre la France.


Tout un pan de l’exposition traite de leur rencontre en 1807, à Tilsit (aujourd’hui Sovetsk en Russie) peu après les défaites de la Prusse à Jéna et Auerstedt. Louise essaie en vain de négocier des conditions acceptables de paix pour son pays. Mais Napoléon ne transige pas face à celle qu’il décrit comme étant « aussi fatale pour les prussiens que ne l’était Hélène pour les Troyens. »

 

Cet entretien privé a eu à l’époque peu d’importance politique. Ce n’est qu’en 1810 après la mort précoce de la reine à l’âge de 34 ans, qu’il prend une signification particulière : il passe pour « un acte de sacrifice » aux yeux des prussiens. Louise devient alors « l’ange gardien du pays », sa mort annonce un gage de victoire finale contre Napoléon. Les œuvres abondent pour illustrer l’entrevue de Tilsit, comme cette sculpture exposée à Charlottenburg, délibérément partiale montrant un petit Napoléon au regard froncé une marche en dessous d’une Louise majestueuse et un brin méprisante.

 

« La Lady Di de la Prusse »

 

La déclaration de guerre des Français, qui arrive à Berlin le 19 juillet 1870, soit le jour du 60e anniversaire de la mort de la reine Louise, renforça le patriotisme prussien. Avant de partir en guerre, le second fils de Louise, Guillaume 1er se rend sur le tombeau de sa mère. Une étape qui l’a peut-être mené à la victoire puisqu’il gagne la guerre et est proclamé empereur de l’Allemagne dans la galerie des Glaces du château de Versailles en janvier 1871. L’empire allemand est né, la défunte reine glorifiée pour avoir participé à sa fondation. L’utilisation patriotique de la mort de Louise conduit en filigrane l’empire allemand au pangermanisme et aux conséquences que l’on connaît quelques décennies plus tard…




Le château de Charlottenburg par HaystackPhotography (Flickr/CC)

Mais « la Lady Di de la Prusse » pour le National Geographic (magazine américain) n’a pas été que l’adversaire de Napoléon. Louise Augusta Wilhelmine Amélie de Mecklembourg-Strelitz, née en 1776, épouse Frédéric-Guillaume III à l’âge de 17 ans. Connue pour sa grande beauté, elle donne la vie à dix enfants, dont sept survivront. Mère aimante et femme de cœur envers son peuple, elle forme avec son mari un couple atypique : ils se tutoient et ne s’écrivent qu’en français. Atteinte d’une pneumonie, elle décède soudainement le 19 juillet 1810. Son mari lui fera ériger un mausolée en décembre de la même année, dans le parc de Charlottenburg.

 

 

Si elle n'est aujourd'hui plus revendiquée comme figure du patriotisme, Louise garde néanmoins une certaine popularité, preuve en est, les deux autres expositions prévues : la première à Peacock Island dans la banlieue sud-ouest de Berlin, où des artistes internationaux présenteront leurs œuvres sur le thème de la reine (2), et la seconde au Palais de Paretz (Brandenburg), jadis résidence d’été de la famille royale, qui abritera lui la garde-robe de la belle Louise (3). Entre histoire, art et mode, chacun devrait y trouver son compte…

 

 

Alexia Kappelmann

15.04.2010

 

 

(1)   « LUISE. LEBEN UND MYTHOS DER KÖNIGIN », du 6 mars au 30 mai au Palais de Charlottenburg

 

(2)   « LUISE. DIE INSELWELT DER KÖNIGIN », du 1er mai au 31 octobre  à Peacock Island

 

(3)   « LUISE. DIE KLEIDER DER KÖNIGIN », du 31 juillet au 31 octobre au Palais de Paretz








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eveline /// Sonntag, 18-04-10 11:07

genial et bien ecrit, ça donne envie d'aller voir l'expo, dommage pour moi ça fait un peu loin pour un week-end.félicitations.

 

tout schuss /// Samstag, 17-04-10 23:03

"french cousin"! c'est sympatique si tu aimes "french cousin" mais pourquoi ne pas exprimer ton enthousiasme en français?

 
 

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