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Après deux ans de restauration, la réouverture du plus vieux monument de Berlin a été inaugurée dimanche dernier. Aménagée en musée, l'église abrite les vestiges des différentes époques de son histoire.


 

              En 1230, la chapelle de bois se change en granit, s'étire vers l'est en basilique romane, s'allonge de tout son poids et étend son transept sur la place médiévale. Elle repose là, longtemps après ceux qui partent et disparaissent sous ses pierres qu'on déplace pour loger les morts. Le gothique surélève son sol, élance ses colonnes, lui perce les bas-côtés et ses formes s'élargissent avec le déploiement de sa nef. Un déambulatoire vient s'enrouler autour de son chœur resté intact et des chapelles pointent dans son abside. Elle trempe dans la lumière qui s'immisce de tous les côtés par de hautes verrières et au dehors, elle est couverte de briques rouges. Les siècles vont maintenant entrer et sortir de cette église-halle. L'âge baroque la pare encore d'avantage et y accroche ses fastes; le XIXème siècle l'épure à nouveau et la coiffe d'une deuxième tour gothique; le XXème la bombarde et l'éventre de tout son long. Elle reste pendant quarante ans, entrailles ouvertes vers le ciel, laissé pour compte du régime communiste qui attend 1980 pour engager des travaux de reconstruction achevés sept ans plus tard pour les 750 ans de la ville.

 

 

 

L'origine de la peau immense et mille fois tendue du ring berlinois, c'est le pan ouest de cet édifice, l'unique vestige de l'époque médiévale. L'intérieur de l'église a été recousu avec les membres disparates de ses métamorphoses. Elle est devenue toute blanche mais en élevant le regard, on aperçoit le bleu et l'orange de Marie, les couleurs vives des ogives, seules parties sur lesquelles ont été retrouvées des traces de pigments. Descendant dans le chœur, en place de l'autel détruit par la guerre, pendent en cercle les dernières figurines boisées appartenant à l'autel de l'âge baroque, détachées une à une de leur baldaquin et entassées par les architectes du XIXème siècle sous les toits du Märkisches Museum. Par endroits, les dalles au sol ont été creusées et s'ouvrent sur les fondations des piliers de la période romane. Et le long du déambulatoire s'enfilent les chapelles abritant, depuis la Réformation, la dépouille des familles illustres de la ville qui avaient fait tasser les reliques des religieux pour élever dessus leurs tombeaux.

 

 

 

 

Comme la survie de cette église tient à des détails péniblement rassemblés, ils occupent tous une place égale quelque soit leur valeur historique. Les restaurateurs se sont autant attachés aux vestiges des épitaphes qu'aux petites billes en pierres, aux marrons ou aux pièces de monnaie jetés en offrande par des orphelins et retrouvés dans la tombe de la bienfaitrice qui avait financé de son vivant la construction de leur foyer. Le jour de sa réouverture, 5000 berlinois sont venus visités la Nikolaïkirche, moins par conscience religieuse que par attachement aux ruines de l'endroit où a été fondée au Moyen-Age la première communauté politique de Berlin; où en 1809 s' est tenue la première assemblée municipale indépendante de l'autorité prusse et où a choisi de se réunir en 1991 le premier conseil municipal après la réunification de la ville.

 

Nikolaikirche/Stadtmuseum Berlin

Nikolaikirchplatz 10178 Berlin

Tel: 030 24 002 162

www.stadtmuseum.de

Lundi-Samedi 10-18H

Entrée:

5/3 euros (audioguides inclus)

Gratuit pour les moins de 18 ans et tous les premiers mercredis du mois

30/03/2010

Louise Bastard de Crisnay





Ruines de la Nikolaikirche après le bombardement de 1944 et Figurines de l'autel baroque après leur restauration







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