Pour la 82ème fois, l'académie décernant la célèbre statuette dorée s'est réunie à Los Angeles afin de récompenser les personnalités des métiers du cinéma qui se sont illustrés au cours de l'année précédente. Dans la compétition pour l'Oscar du meilleur film, Démineurs de Kathryn Bigelow a écrasé le film Avatar de son ex-mari James Cameron, récompensant ainsi pour la première fois en 82 ans, une femme pour l'oscar de la meilleure réalisatrice. L'Allemagne grâce à deux Autrichiens avait sa place dans les nominations avec Le ruban blanc de Michael Haneke ainsi que le génial acteur polyglotte Christoph Waltz qui a reçu l'oscar du meilleur second rôle pour sa magistrale interprétation dans le non moins génial Inglorious Basterds de Quentin Tarantino (deux coproductions allemandes). Il convient également de revenir sur le petit ovni français qui a évincé ses concurrents dans le domaine des courts métrages: logorama
Le Ruban Blanc de Michael Haneke
Le cinéma allemand a tenté de se démarquer
La thèse du ruban blanc est de montrer les racines du totalitarisme à travers le portrait d'un village allemand en 1913. Ce film en noir et blanc a suscité des réactions contrastés : encensé par certains il a été jugé par d’autres scabreux et prétentieux. En 2009 il avait décroché la Palme d'Or à Cannes, une récompense qui avait jusqu'alors toujours échappé à Haneke. Il a par la suite obtenu durant le prix du cinéma européen 2009, les prix du meilleur réalisateur, scénario et film, et a également été récompensé par les golden globe 2010 en tant que meilleur film de langue étrangère. A l'origine, il s'agit d'un film produit en commun par la France, l'Allemagne et l'Autriche. German films, société de diffusion et de promotion des films allemand, en faisant siéger son jury plus tôt que les autres pays, a pu le choisir en tant que représentant officiel de l'Allemagne. Le ruban blanc, concourait pour l'oscar du meilleur film étranger ainsi que pour celui de la meilleur photographie; en le choisissant l'Allemagne voulait mettre toutes les chances de son côté. Le film était au coude à coude avec Un prophète de Jacques Audiard, qui vient de remporter le BAFTA du meilleur film étranger. Comme l'année dernière, le jury a défié les pronostiques en récompensant un film argentin, Le secret de ses yeux de Juan José Campanella.
Une autre chance de remporter un Oscar aurait pu se concrétiser avec le compositeur Hans Zimmer nominé pour la meilleure musique dans le film Sherlock Holmes de Guy Ritchie. Très souvent nominé aux Oscars, Grammy et Golden Globe, il a reçu plusieurs fois ces récompenses dans sa carrière (Le roi lion, Gladiator, La ligne rouge...). Mais cette année c’est le compositeur américain Michael Giaccino pour le film La-Haut qui a obtenu la récompense.
Christoph Waltz à Cannes
Christoph Waltz, le début d'une nouvelle vie.
L'oscar du meilleur acteur pour un second rôle a achevé le Palmarès impressionnant de récompenses moissonnées par Christoph Waltz au cours de l'année précédente. Son interprétation d’officier Nazi avait été quasi-unanimement saluée par la critique. Il a donc successivement remporté en plus de l'oscar, le prix d'interprétation masculine à Cannes, le Golden Globe et le BAFTA Award comme meilleur second rôle.
Avant de se révéler au grand public dans Inglorious Basterds de Quentin Tarantino, l'acteur autrichien, a accumulé les films et séries télévisées allemandes. Il déclare lui-même : « Il y a peu de films dont je n’ai pas honte ». A la sortie du film, le public s'est étonné de voir un acteur auparavant inconnu et avec autant de talent. Il est rapidement devenu la coqueluche des médias, les Francophones anglicisant au début volontiers son nom (« Christopher Ouals »), ce qui a moins de chance d’arriver aujourd'hui. Le brillant réalisateur américain, alors qu'il cherchait l'acteur parfait pour jouer le rôle de l'onctueux, sournois, menaçant, mais à la fois charmant SS versé dans la linguistique et chasseur de Juifs, tombe sur Christoph Waltz et sais dès les premières scènes jouées par le comédien qu'il a trouvé son interprète. « je savais que Landa était l'un des meilleurs personnages que je n'ai jamais créé et probablement un des meilleurs que je ne créerai jamais et je n’aurais pas réalisé Inglourious Basterds si je n’avais trouvé le bon acteur pour jouer le rôle clé d'Hans Landa. » En recevant la statuette des mains de l'actrice espagnole Penelope Cruz, Christoph Walz a rendu hommage «aux méthodes peu orthodoxes» de Quentin Tarantino, qu'il a qualifié «d'explorateur qui n'a pas froid aux yeux».
C'est désormais une nouvelle vie qui s'offre à lui, il habite aujourd’hui à Londres avec femme et enfants et est bien parti pour continuer sa carrière sur ce nouveau souffle. Il enchaîne les projets prestigieux, tels le prochain film de Michel Gondry, Le frelon vert, avec Cameron Diaz, une adaptation du roman De l'eau pour les éléphants, avec Reese Witherspoon, et le prochain film de David Cronenberg, où il jouera Sigmund Freud et donnera la réplique à Keira Knightley.
Logorama - Court métrage d'animation
Logorama, ou la face cachée de Ronald McDonald
Cette cérémonie a également récompensé le court métrage d'animation des français H5 (François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain). Ce groupe a surtout réalisé des clips de musique tels que ceux d'Alex Gopher, Massive Attack ou Röyksopp. Avec Logorama, ils signent une court métrage de 17 minutes où les protagonistes sont les personnages de publicité (M. Propre, Geant vert, Bonhomme Michelin et bien d'autres). Une course poursuite effrénée, des animaux sauvages lâchés dans la ville, une prise d’otage qui tourne au drame… Voila l'univers de Logorama. Dès l'annonce de la remise de l'oscar pour ce court métrage, l'oeuvre a fait le tour de la toile, mais seulement pour quelques heures. Elle a ensuite été supprimée petit à petit de toutes les plates-formes de vidéo. La voici quand même en bas de page.