imprimer   12.02.2012 
N°. 35PolitiqueSociétéEconomieThéâtreExpositionsLivresCultureCinémaMusiqueSportLieuxEdition actuelleBlogsNos conseils BlogsSur nos blogs...Créez votre blog!ArchivesNos archivesChronique historiqueL'équipeQui sommes nous?Wer sind wir ?Who are we ?KTO мы ?ServicesLaisser une annonceInfolettre & RSSPetites AnnoncesPublicité / WerbungAnnonceursLiens / LinksContactImpressum











Carte de l'Europe au 9 Mars 2010

Si comme l’affirme un bloggeur « rien n’est plus romantique que de nommer une tempête », dans ce cas, à l’institut de météorologie de la Freie Universität de Berlin, c’est la Saint Valentin toute l’année. En effet, depuis 2002 et la mise en place du programme « Adopt a Vortex », il est possible d’acheter le droit de nommer un cyclone ou un anticyclone pour 199 ou 299 euros. Mais au fait Jamy, c’est quoi un Vortex* ?


Pour les experts, une tempête est un phénomène météorologique synoptique (visible à l’échelle planétaire) et qui a un diamètre compris en général entre 200 et 1000 km accompagné d’un vent moyen de 90 km/h, soit une force de 10 ou plus sur l’échelle de Beaufort**. Contrairement aux dépressions atmosphériques tropicales qui tirent leur énergie de la température de la mer, un cyclone extratropical de type « bombe » comme Xynthia tire sa force de l’atmosphère. Ainsi, le 23 février, après avoir reçu des informations satellitaires, Météo France remarque une dépression située juste au dessus de l’Atlantique, en plein sur le Tropique du Cancer, à la 30° longitude Ouest. Déjà susceptible d’être tempête, les experts décèlent en plus une anomalie d’altitude. Plus haute que la normale et couplée à un afflux de courant-jet, des longs et larges mouvements d’air rapide et confiné qui sont dans l’atmosphère à des altitudes de 6 à 15 km, la dépression eu les suites qu’on lui connaît : après quelques heures de températures anormalement hautes pour la saison (25° au Pays-Basque), les premières rafales arrivèrent. La France fut le pays le plus touché avec des vents à 242 km/h. Cependant, et comme pour la cinquantaine d’anticyclones et les quelques 150 cyclones européens annuels, c’est à Berlin que sont baptisés ces phénomènes météorologiques.




Karla Wege

Une tradition vieille d’un demi-siècle

C’est au lendemain de la Seconde Guerre-Mondiale que les Etats-Unis commencent à nommer les phénomènes météorologiques. Le but est d’avoir un aperçu plus simple sur la situation du moment, surtout quand plusieurs tempêtes virevoltent dans les cieux en même temps. Ainsi, les météorologues américains choisissent des prénoms féminins dans l’ordre alphabétique et recommencent ce roulement autant de fois que nécessaire durant l’année. Peu de temps après, en 1954, l’étudiante et future présentatrice météo Karla Wege propose de suivre l’exemple américain à l’Europe occidentale. Ainsi, la Freie Universität qui abrite à Dahlem la station d’observation 10381 devient le lieu de production du carnet des naissances européennes. Au fil des années, les experts ont trouvé discriminant le fait que les cyclones portent des noms de femmes et les anticyclones des noms d’hommes. Ainsi, à présent, une année sur deux, les tempêtes ont des noms de la gente masculine et inversement. Cependant, la plus grande innovation date de 2002 puisque depuis, moyennant quelques centaines d’euros, chacun peut choisir le nom d’un phénomène météorologique.


Quand restriction budgétaire est synonyme d’innovation

En 2002, lorsque l’institut de météorologie annonce à ses étudiants qu’une coupe sera faite dans le budget de leur station d’observation, beaucoup se mobilisent afin d’éviter que « des observations faites sans interruption depuis 1701 cessent pour cause de manque de fonds ». En effet, avec les moyens alors octroyés, la station n’allait être réellement active que huit heures par jour et fournir des mises à jour automatique le reste du temps. Cependant, un grand nombre de données importantes telles que les informations sur les nuages et la neige allaient être laissées de côté. Ainsi, les élèves ont spontanément décidé de prendre la relève et ont fait bénévolement des rondes. Après deux semaines de travail sans relâche, la vingtaine de jeunes a réalisé que ceci n’était pas tenable sur le long terme. En cherchant d’autres sources de financement, l’idée de vendre le droit de nommer les cyclones et anticyclones est née.




Logo de l'Institut de météorologie de la Freie Universität

« Adopter un cyclone, c’est encore mieux que d’adopter une baleine ou acheter un morceau de lune »

Ainsi, tout en gardant le principe de l’ordre alphabétique ainsi que l’attribution d’un prénom féminin ou masculin en fonction des années paires et impaires, les particuliers peuvent acheter un prénom de cyclone pour 199 euros et un prénom d’anticyclone pour 299 euros. Cette différence de prix s’explique par le fait que les anticyclones vivent plus longtemps. L’idée a toute de suite séduite. De plus, lorsqu’il reste des lettres de l’alphabet à pourvoir, l’institut les met aussi aux enchères sur ebay. Depuis Novembre 2002 et le lancement de l’action « Adopt a vortex », plus de mille particuliers de treize pays différents, dont le Japon et les Etats-Unis alors que les tempêtes européennes ne peuvent techniquement pas les atteindre, se sont prêtés au jeu. Ainsi, comme nous l’affirme une des initiatrices du projet, Gera Rohlfing, « pour cette année, il ne reste plus de lettres possibles pour les anticyclones et il ne reste que les lettres Q, X, Y, Z pour les tempêtes car très peu de prénoms commencent par ces lettres ». En effet, c’est plus par narcissisme que par romantisme que des individus « parrainent » ces cyclones et anticyclones étant donné que la grande majorité leur donne leur prénom ! Sur internet, les bloggeurs s’en donnent à cœur joie pour commenter le programme. Il y a les convaincus de la première heure qui affirmeront qu’ « adopter un cyclone, c’est mieux que d’adopter une baleine ou acheter un morceau de lune », les dubitatifs sûrement jaloux qui se demandent « pourquoi ce sont les allemands qui nomment les tempêtes et les anticyclones alors que nous, britanniques, sommes les premiers à faire face aux phénomènes météorologiques de l’Atlantique ? » et bien sûr les moqueurs : « Nommer les cyclones et anticyclones ? Ces européens doivent être de piètres amants. Ici, on nomme ces putains de cyclones d’après les prénoms de nos aventures sexuelles. D’ailleurs, cette Katrina devait vraiment être quelque chose ! ».

 

Xynhia, celle qui aurait dû passer inaperçu

Wolfgang Schütte se serait bien passé d'être le "parrain" de Xynthia. Quand il participa à la loterie organisée en décembre 2009 sur le site de bulletin météo www.wetter.de, il ne pensait pas que "cela allait prendre une telle ampleur" et que "Xynthia allait [le] poursuivre toute [sa] vie". Seulement voilà cet ancien professeur d'informatique gagne le droit de parrainer un cyclone gratuitement. Il n'aurait jamais payé pour cela, comme il nous le raconte, il préfère épargner et faire des dons à des associations charitatives. D’ailleurs, le nom choisi n’a pas grand intérêt : Xynthia est un nom imaginaire qui provient certes du prénom Cynthia mais ce dernier n’a pas de signification particulière pour lui. Rejouer à la loterie de wetter.de? "Non! Que ce soit pour un cyclone ou un anticyclone. Ca suffit comme ça!".

 

Pour 2010, plusieurs lettres restent sans nom et les phénomènes atmosphériques attendent donc des parrains et des marraines. Les inscriptions pour avoir les premières lettres de 2011 commenceront le 29 Septembre 2010. La prochaine tempête s’appellera Brigitte. Du côté des anticyclones, le prochain sera Jochen. Son parrain, Anngrit Hacker, n’a malheureusement pas fourni plus de précisions quant à la prononciation adéquate !

 

* Tourbillon en anglais

** Echelle imaginée par l’amiral britannique Francis Beaufort en 1805 qui mesure la vitesse du vent de 0 à 12

 

Maud Koetschet

09-03-2010

 








pas encore de commentaire

 

Ins Gästebuch eintragen

 

Image CAPTCHA pour prévenir l'utilisation abusive
 
 

La Gazette sur les réseaux sociaux : "déjà plus de 4000 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 1500 sur Twitter" "déjà plus de 4000 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 1500 sur Twitter"

Google
Web La Gazette
Blogs Facebook


Prix d'honneur Louise Weiss du journalisme européen.




Jean-Patrick REVEL, avocat bilingue franco-allemand.
Rechtsanwalt – Fachanwalt f. Familienrecht
Beer, Gastl & Partner
Schloßstraße 17
13467 Berlin
Tel. +49 (0)30 810 335 620
www.ra-revel.de

Faites votre pub ici!

Auberges de Jeunesse à Berlin



KOCH KARIMI
Cabinet d’avocats franco-allemand
(Berlin – Paris)
Rechtsanwälte, in Deutschland und Frankreich zugelassen

MEDIATIS
Faire un crédit pour financer ses études à l'étranger

JOBISJOB
Toutes les offres d’emploi à Berlin et partout en Europe





LEO - Dictionnaire