Ouverte du lundi au dimanche de 11h à 18H. Entrée gratuite.



En 1988, alors que Berlin était encore divisée, des Allemands de l'Est envisagèrent d'aménager un espace silencieux au centre de la ville. L'idée se répandît à l'Ouest après la réunification et l'association berlinoise « Espace du silence » fut fondée à l'initiative de ce cercle. Sur le modèle de la salle de méditation crée en 1954 dans le bâtiment de l'ONU par le secrétaire général de l'époque, Dag Hammarskjöld, on inaugura en 1994 un lieu similaire dans la Porte de Brandebourg. Il offrait la possibilité à toute personne, sans distinction religieuse, ethnique ou idéologique, de se recueillir dans le silence complet d'une pièce dont la sobriété devait souligner la neutralité du lieu. Situé près de l'ancienne ligne de démarcation entre l'Est et l'Ouest, il appelait chacun à la tolérance et à la fraternité.
Cet endroit existe toujours. Un hall d'informations précède l'entrée de la « Salle du silence », au fond de laquelle deux rangées de chaises métalliques noires ont été disposées, sans doute pour laisser la liberté de s'asseoir à même le sol, en face du seul ornement de la pièce, une tapisserie de l'artiste hongroise Ritta Hager évoquant la lumière perçant les ténèbres. Des travaux ont même été récemment effectués pour préserver le silence de l'agitation de la place la plus fréquentée de la ville, où déferlent les cars de visiteurs qui s'arrêtent un moment devant la Porte de Brandebourg avant de s'agglutiner vers le Parlement.
Le silence a depuis quinze ans une institution, avec sa horde de brochures historiques traduites en plusieurs langues, de livres d'or et de gardiens de nuit. Un silence avec porte d'entrée en verre et issues de secours à tous les côtés. Un silence contraint et noyé dans la foule de la Pariser Platz. Si des siècles durant, l'histoire ne s'était pas jouée ici des symboles, on aurait sans doute installé le silence ailleurs, dans un autre réduit de dix mètres carré. Comme si en dernier recours, cette époque s'était accrochée au fétichisme des lieux et attendait d'eux qu'ils gardent le silence en sécurité, avec émotion en prime. Quand ce ne sont pas les hommes qui ont eux-mêmes fait vœu de silence et l'ont imposé autour d'eux, dans les monastères ou dans les rues, quand on a voulu obtenir le silence absolu dans une pièce vide, ça n'a jamais été que pour créer des salles de tortures.
C'est du silence anecdotique que renferme l'institution de la Porte de Brandebourg, mais pas moins de 200 personnes y pénètrent chaque jour, entrent quelques secondes par curiosité ou y restent un long moment. Il ne faut en conserver que le souvenir d'un lieu propice à l'incongru et s'y rendre pour lire les histoires rapportées par ses visiteurs dans les 34 volumes d'archives.
Louise Bastard de Crisnay
24/02/2010


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Bonjour,
Je suis actuellement étudiante en dernière année à l'école de design Strate College, et dans le cadre de mon diplôme, j'écris un mémoire sur le silence.
Je suis à la recherche d'illustrations, et les images de votre site me plaisent beaucoup, étant donné que je parle de cette salle dans mon travail.
M'autorisez-vous à les utiliser? J'en ferai bien entendu un usage personnel, et votre nom figurera dans les crédits images.
Merci d'avance de votre réponse.
Cordialement,
Anne-Cécile
merci et que cette idée se développe pour le bien de tous marig
A Berlin, une salle de meditation ouverte à tous sans distinction, puisse toutes les villes du monde
suivre cet exemple.....merci à tous les intervenants de cette superbe initiative. pour le bien de tous
Gilles Normand