„Da sind wir dabei. Das ist prima. Viva Colonia! »*. Quiconque s’étant déjà rendu à Cologne au mois de février connait assurément les premières paroles de l’hymne du célèbre Carnaval. Impossible de passer à côté, puisque toute la ville vit au rythme des nombreuses animations, des parades et divers défilés.
Bière et musique folklorique : deux accessoires indispensables
Le blanc et le rouge, couleurs du drapeau de Cologne, envahissent les rues tout comme ses habitants ainsi que les visiteurs venus en masse d’Allemagne et du reste de l’Europe. Jour et nuit, la fête bat son plein. Les bars bondés doivent même retirer toutes les tables et chaises pour laisser place à la foule entonnant les incontournables refrains des chansons folkloriques populaires. Oui, oui, nous parlons bien de cette musique que seuls les grands-parents du fin fond de l’Alsace-Moselle écoutent. Pour ceux qui s’attendaient à se déchaîner sur les beats les plus récents, nous vous arrêtons tout de suite, vous faîtes fausse route ! Revoyez plutôt les classiques allemands avant de pointer le bout de votre nez…rouge à Cologne. Effectivement, au vu de la quantité de bière coulant à flot, les esprits deviennent rapidement grisés. Mieux vaut-il avoir le cœur et surtout le foi bien attachés pour suivre la cadence imposée par les natifs du pays. Les étrangers, s’ils l’ignoraient encore, comprennent très vite d’où les allemands tiennent leur endurance à l’alcool : l’expérience et l’entrainement !
Un remake moderne des contes de fées
A l’exception de ces quelques excès, l’ambiance reste bon enfant. Les plus jeunes s’émerveillent de cette folle ambiance et s’exclament à la vue d’un Superman, d’un Buzz l’éclair ou encore d’une Cendrillon, certes un peu éméchée. Oui, la magique du Carnaval de Cologne c’est aussi cela, un remake moderne des contes de fées et dessins animés. Le temps de quelques jours, c’est l’occasion de retourner en enfance, au pays des merveilles, et de se prendre pour son héros préféré. Pour une fois, tout est permis, ou presque, car le choix du costume est aussi stratégique. En effet, quand les températures descendent en dessous de zéro degré, seuls quelques courageux ou plutôt courageuses osent dévoiler leurs formes. Sans exception, chaque participant redouble d’imagination pour trouver LE déguisement. Plus fantasques les uns que les autres, certains, véritables pros du Carnaval, change même d’accoutrement tous les jours.
Le défilé du lundi des roses : l’évènement incontournable
Non seulement original, le déguisement doit donc surtout tenir le froid et la distance, et ce, particulièrement le jour du très attendu défilé officiel, le Rosenmontagszug (le défilé du lundi des roses). Point culminant du Carnaval, la parade attire près d’un million de personnes dans les rues de Cologne, agitant les bras en l’air pour attraper un maximum de chocolats, bonbons ou encore bouquets de roses distribués par les chars. Plusieurs heures durant, les différentes associations, coopératives et clubs de la ville et des alentours défilent dans les rues. Les jours précédant le fameux lundi des roses, l’animation est assurée par d’autres parades plus petites, dont le plus beau char se voit offrir le droit de participer au défilé officiel en guise de récompense.
En résumé, le Carnaval de Cologne, c’est bien plus que le carnaval le plus connu d’Allemagne, c’est une véritable institution pour ses habitants : une hymne patriotique à leur ville, à leur région et à leur culture, tel qu’ils le fredonnent fièrement à tue tête dans l’autre célèbre chanson « Kölle alaaf » (Cologne avant tout).
Gaëlle Schwaller
18.02.2010
* « Nous sommes tous de la partie. C’est génial ! Vive Cologne ! »