Les plus grandes équipes du Calcio concernées
Le football italien connaît des heures bien sombres. Le Directeur général de la Juventus de Turin, Luciano Moggi, est à l'épicentre d’un séisme qui secoue l’ensemble du football transalpin.
Au cœur de l’affaire, dix-neuf matches de la saison 2004/2005, dont les résultats auraient été influencés par M. Moggi, grâce à ses liens privilégiés avec le responsable des arbitres Pier Luigi Pairetto. Mais également par des pressions, physiques et financières, sur les joueurs et arbitres. Les faits sont graves, et toucheraient également trois autres grosses écuries du Calcio: la Lazio de Rome, la Fiorentina et le Milan AC de Silvio Berlusconi.
Les quatre équipes, dont trois devaient disputer la Ligue des Champions la saison prochaine, risquent la relégation.
Depuis la publication de retranscriptions d’écoutes téléphoniques par la presse, les démissions succèdent aux perquisitions, et la boîte de Pandore des affaires sales du calcio laisse chaque jour s’échapper de nouvelles révélations.
Comme l’affaire de la société GEA World, qui gère la carrière de 200 arbitres, joueurs, entraîneurs et présidents de clubs, soupçonné d’avoir abusé de sa position dominante, notamment dans le cadre de transferts. A la tête de cette société, Alessandro Moggi, le fils de Luciano Moggi, est dans le collimateur de la justice.
Quarante et une personnes ont déjà été mises en examen, parmi lesquelles des arbitres, des dirigeants de clubs et des joueurs. Les magistrats soupçonnent l’existence d’une « vaste association de malfaiteurs destinée à la fraude sportive ».
Les déclarations contradictoires des uns et des autres rappellent la « commedia dell’arte » mais ne font pas rire les Italiens, lassés des scandales à répétition.
Le tout nouveau gouvernement de Romano Prodi s’est saisi du dossier, avec la nomination d’un « Monsieur Propre » à la tête de la fédération italienne de football, l’avocat Guido Rossi. D’autre part, l’UEFA a annoncé qu’elle se penchait à son tour sur ce dossier brûlant. Dans un football italien où les conflits d’intérêt et les trafics d’influence semblent être la norme, la tâche de M. Rossi promet d’être ardue.
Philippe Dihalleau