Vingt ans derrières des platines. Sur la frise chronologique de la techno, Josh Wink fait figure d’aïeul. Pourtant, ce DJ américain reste toujours d’actualité et n’a rien perdu de sa jeunesse ni de son talent d’électronicien. Après un album sorti en 2009, « When A Banana Was Just A Banana », Josh Wink avec « Remixed & Peeled » propose une nouvelle version de son dernier opus soigneusement remixé par de grands DJ. Découvrez Josh Wink et son régime de bananes.
Cliché à combattre : on peut avoir des dreadlocks et ne pas se sentir obligé de jouer du didgeridoo, du djembé ou de la fumette. Et heureusement. Josh Wink a longtemps arboré une magnifique crinière de locks à faire pâlir le premier rastafari venu mais a fait des platines sont instrument de prédilection.
Petit Josh Wink deviendra grand
1988 est une grande année pour Josh Wink : il a enfin 18 ans et bien qu’il taquine les platines depuis ses 13 ans, il a enfin l’âge légal pour mixer dans les clubs de Philadelphie, sa ville d’origine. Il ne se revendique pas d’un style particulier et aime se balader entre techno, House, Acid ou Drum’n’Bass. Il peut se targuer d’être l’auteur d’un des plus grands tubes techno: Higher States Of Consciousness, classé 8ème dans les Charts anglais lors de sa sortie en 1995, à la 5ème place pour le remix de Dex And Joseney (1996) et 1ère avec le remix de Dirty South (2007). Le morceau a même servi à la bande original du célèbre jeu vidéo Grand Theft Auto: Liberty City Stories. En 1996, Franck Broughton, journaliste de Rolling Stones, a théorisé le « style Josh Wink » :
« Pour réaliser ses morceaux, Josh Wink utilise une série de bruits samplés, ensuite il les tord et les travaille à travers un barrage de processeurs sonores. Il en résulte alors un mélange en spirale de lignes de basse acide et de rythme déconstruit ».
Très bien, très bien... Pour les non puristes de la « fusion hélicoïdale des basses et des rythmes » le meilleur moyens pour se faire une idée du « Josh Wink’s style » c’est d’écouter son tube « I’m Ready, qu’il a réalisé sous le pseudo Size 9. Et si vous n’êtes pas encore convaincu, vous pouvez vous rabattre sur son excellent remix de Everything In It The Right Place de Radiohead. Tom York et ses collègues ont tellement aimé le travail de Josh Wink qu’ils ont accordé les droits à l’américain pour faire figurer Everything In It The Right Place sur sa compil’ « Profounds Sounds Vol.3 », sorti en 2006.
« When A Banana Was Just A Banana » avant épluchage
Banana ramasse
Le quatrième album de Josh Wink, « When A Banana Was Just A Banana », est l’un des albums les plus diffusés dans les clubs en 2009. Josh Wink explique ce titre bananesque mais non moins banal :
« Je voulais symboliser mon approche innocente de la musique, un peu comme quand, gamin, la musique n’est que de la musique, qu’on ne l’apprécie pas à travers le filtre de ce qui est cool ou pas d’écouter, mais juste à travers de ce qu’elle provoque en nous. Je voulais symboliser cette approche pure et spontanée de la musique »
La tonalité de cet album est résolument minimale. Bien que ce genre électronique peut parfois s’apparenter à de la musique au kilomètre qui ne sert que de fond sonore, la minimale, quand elle est bien faite, transporte les oreilles et l’esprit. En ce début d’année 2010, « When A Banana Was Just A Banana » est épluché et remixé par des DJs et producteurs estimés de Josh Wink, qui ont personnellement choisi les morceaux à remixer. Le style de chaque remixeur sont divers : de la Deep Techno de Martin Buttrich, Pascal Feos et Chateau Flight à la House groovy de Nic Fanciulli, DJ Sneak, D'Julz et Jimpster, en passant par les versions accrocheuses de Agoria, Slam, Radio Slave et Benny Rodrigues. L’album est publié sur Ovum Reccording, fondé par Josh Wink Himself et coïncide avec le 15ème anniversaire du label. Et pour la petite histoire, l’artwork de « Remixed & Peeled », est toujours assuré par Parker Jacobs, nominé aux Emmy pour son travail sur le show jeunesse « Yo Gabba Gabba ! ».