

Après un début un peu mitigé, le Festival du film de Berlin reprend des couleurs. A mi-chemin, petit tour d’horizon sur ce qui a été montré dans les différentes sections.

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 Eu cand vreau sa fluier, fluier
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Compétition :
Le film roumain « Eu cand vreau sa fluier, fluier » (If I want to whistle, I whistle) ou l’histoire d’un jeune délinquant Silviu détenu depuis 4 ans dans un camps de redressement et qui, à 5 jours de sa sortie, va commettre l’irréparable. Dès lors, sa vie basculera irrémédiablement. Un film superbement interprété par des amateurs - parmi lesquels de jeunes délinquants d’un centre de détention pour mineurs - qui confèrent au film un réalisme époustouflant.

Le thriller de Martin Scorsese « Shutter Island » (hors compétition) se déroule en 1954, dans l’angoissant milieu d’un hôpital psychiatrique situé sur une île au large de Boston. Le spectateur est entrainé dans une lente descente aux enfers sur fond de schizophrénie par un Leonardo Di Caprio torturé par un lourd passé. Un film vraiment réussit dans son ensemble mis à part une fin qui tourne un peu en rond. Dommage…

« Der Räuber », du réalisateur allemand Benjamin Heisenberg, retrace l’histoire vraie de Johann Rettenberger, un grand coureur de marathons reconnu mais braqueur de banques en série à ses heures perdues (parfois jusqu’à 3 banques par jours !). Ce qui fera de lui l’homme le plus recherché par la police autrichienne dans les années 80. Un homme à deux visages mais unis par une même addiction : l’incontrôlable besoin d’adrénaline. Un film qui tient relativement bien la route et Andreas Lust, qui joue le rôle principal, confère au personnage une certaine crédibilité émotionnelle grâce à un jeu tout en sobriété et peu de dialogues. A déplorer, cependant, un manque de développement dans la psychologie de Rettenberger qui expliquerait ses motivations.

Panorama :
A commencer par deux films italiens. D’un coté « Mine vaganti » du réalisateur Ferzan Ozpetec qui est dans la lignée des comédies à l’italienne. Le sujet : Tommaso souhaite profiter d’une réunion de famille pour y annoncer son homosexualité, mais son frère lui vole la vedette en déclarant avant lui que lui aussi est gay. Une comédie légère avec des scènes totalement « cliché » et attendues, mais où l’enthousiasme des comédiens réussit tout de même à convaincre. Contrairement au film « Due vite per caso » du réalisateur Alessandro Aronadio qui aborde le sujet dramatique des possibilités qu’offre la vie en proposant comme point de départ un accident de voiture. Aronadio déroule donc son film sur deux histoires : soit l’accident a lieu, soit il est évité. Du déjà vu présomptueux et ennuyant .

Le finlandais Aleksi Salmenperä aborde dans son film « Paha Perhe » (Mauvaise famille) le sujet du conflit parent/enfant, poussé à l’extrême dans tout ce qu’il a de plus malsain et de plus dramatique. L’obsession, le manque de confiance et la trahison sont les traits dominants de personnages qui sont psychologiquement fragilisés. Ajouté à cela un jeu d’acteurs fin et juste.

Le documentaire allemand de Rosa von Praunheim « New York Memories » est le vingt ans après de son film « Überleben in New York » qui retraçait la vie de trois protagonistes arrivées dans la Big Apple pour y faire leur vie. Avec « New York Memories » le réalisateur a cherché à savoir ce qu’elles sont devenues aujourd’hui. Mais c’est aussi l’occasion pour lui de revenir sur l’évolution de la ville depuis les années 70, et de savoir ce qu’il est advenu de sa « ville préférée où [il] passât autrefois les moments les plus heureux de [sa] vie. » Un documentaire instructif et nostalgique, sur les mouvements alternatifs d’un New York aujourd’hui disparu.

Forum :
Tourner un film documentaire c’est également prendre certains risques. Laura Poitras a choisi dans « The Oath » (Le Serment) de suivre d’un côté l’ancien garde du corps de Ben Laden, Abu Jandal, qui est aujourd’hui un homme « repenti » et libre conduisant un taxi au Yémen et d’un autre côté elle amène sa caméra à Guantanamo où Salim Hamdan y est jugé pour terrorisme. Un documentaire exceptionnel, qui pose une dérangeante question : y a-t-il une réelle possibilité de rédemption et de pardon pour des criminels de ce genre? Jusqu’à quel point rompt-on un serment de cette taille et aux conséquences si profondes ?

Un autre documentaire remarquable est « Black bus » dirigé par l’israélienne Anat Zuria qui traite de la relation homme/femme dans la communauté juive ultra orthodoxe. La caméra suit deux femmes qui ont eu le courage de s’opposer et de quitter leur communauté. Un combat difficile et solitaire, sans aucun soutien familial. Une œuvre à la fois magnifique et pudique.
Letizia Mariotti
15/02/2010

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Historique : http://lagazettedeberlin.de/5877.html
Ouverture et juri: http://lagazettedeberlin.de/5882.html
Infos billetterie : http://lagazettedeberlin.de/5883.html
Compétition: http://lagazettedeberlin.de/5886.html
Compilation francophone : http://lagazettedeberlin.de/5887.html
« Perspective du cinéma allemand » : http://lagazettedeberlin.de/5889.html
Frauenzimmer, de Saare Ailia Waasner : http://lagazettedeberlin.de/5891.html
I shot my love, de Tomer Heymann : http://lagazettedeberlin.de/5893.html
Cindy liebt mich nicht, de Hannah Schweier : http://lagazettedeberlin.de/5900.html
Coopération franco-allemande: http://lagazettedeberlin.de/5902.html
Submarino de Thomas Vinterberg : http://lagazettedeberlin.de/5903.html
Fermeture du festival : http://lagazettedeberlin.de/5909.html