Jusqu’au 25 avril 2010, la deutsche Kinemathek de Berlin consacre toute une exposition au film culte de Fritz Lang, Metropolis*. Intitulée « The Complete Metropolis », l’exposition se déroule au moment même où Metropolis s’apprête à être diffusée en version intégrale pour lors de la 60ème édition de la Berlinale**.
D’emblée le contraste des deux mannequins noir et blanc frappe l’œil du visiteur. L’opposition flagrante annonce l’atmosphère sombre qui règne dans le film. Ces deux costumes sont portés successivement par le héro, Joh Fredersen, pour passer d’un côté de Metropolis à l’autre. Autour, nous retrouvons essentiellement des peintures de la ville souterraine toujours avec une dominante très grise et noire dans les œuvres. Cette première partie se consacre à la description de la ville et des machines où vivent tous les « ouvriers robots » qui ne cessent d’œuvrer pour le bon fonctionnement de la cité. S’ensuit, une partie sur la ville haute où les croquis des costumes des acteurs dans le jardin éternel sont affichés. Tout un pan de mur expose la variété des costumes très exotiques avec des couleurs vives, des plumes et des paillettes.
Puis vient la partie sur la maison de Rotwang. Le lieu où va être créée Futura, la femme robot. Dans l’histoire Joh est convaincu que Futura reproduit en milliers d’exemplaires permettra de remplacer les ouvriers. Le projet tourne mal et Rotwang kidnappe Maria, la bien aimée de Joh. Sur un autre pan de mur, les partitions de musiques du film composées par Gottfried Huppertz sont à découvrir. D’ailleurs l’audio-guide diffuse quelques extraits de morceaux. Au fil de la visite nous discernons de nouvelles images grâce aux diapositives projetées de chaque côté de la pièce. En plus de cela s’ajoutent les photos originales du tournage. Nous y voyons notamment Fritz Lang donnant des consignes aux acteurs ou avec sa caméra.
Les parties sur les catacombes et l’église précèdent la partie sur l’importante partie sur la restauration. Sous verre nous voyons l’énorme bobine restaurée. Les images issues de la bande sont affichées au fil de la visite. Puis viennent enfin les résultats obtenus après des heures de dur labeur. Sur écran en vis-à-vis l’ancienne et la nouvelle version. Le film se retrouve vraiment transformé et la performance impressionne quand nous connaissons la qualité de la photo de départ: tantôt flou, le rendu de la photographie devient net.
Pour clore l’exposition un documentaire réalisé par Artem Demenok est projeté sur grand écran. Le réalisateur retrace la restauration du chef d’œuvre. Gros plan sur la bobine retrouvée dans les archives et les travaux effectués minutieusement des mois durant. Les restaurateurs se sont acharnés pour réparer la bande endommagée. Puis visite guidée des locaux organisée par la directrice du musée de Buenos Aires, Paula Felix-Didier. Passage obligé par les ateliers où les gants blancs des restaurateurs manient avec dextérité la pellicule de 16mm.
En tout cas, Metropolis marquera plusieurs esprits. Source d’inspiration, Georges Lucas aura repris « Futura » avec son robot C3PO dans Star Wars et Madonna s’inspirera du film dans un clip. Cette exposition offre un avant goût plaisant avant la découverte de la version longue.