Sans crier gare, Real Estate sort un premier album en novembre 2009 et crée l’événement de la fin d’année. La blogosphère et les critiques sont ravis. Les Top 10, 50 ou 100 des meilleurs disques de l’année sont modifiés pour faire place au nouveau venu. Real Estate serait bien le chainon manquant entre Neil Young et Beach Boys. L’Allemagne a la chance d’accueillir le groupe pour 3 concerts, le temps d’une escapade vers la côte ouest américaine.
Des petits gars du New Jersey en mal de plage et de soleil californiens qui font de la surf music ça donne quoi ? Ca donne Real Estate. Pour ceux qui la surf music n’évoque pas grand chose il suffit simplement de penser aux Beach Boys (ou Dick Dale) pour se faire une idée. C’est une pop-rock ensoleillée, joyeuses, qui donne envie de faire griller des chamalows l’été au dessus d’un feu de camps improvisé sur une plage. Le tout avec le soleil se couchant à l’horizon bien évidemment. Real Estate est un quartet du New Jersey et fier d’y être : Martin Courtney IV (guitare, basse chant), Matthew Mondanile III (guitare, clavier), Etienne Pierre Duguay (batterie, bongo) and Alex Bleeker (basse et percus). En 2009, Real Estate sort son premier album éponyme dont la jaquette évoque un peu l’univers de Myasaky. Bénéficiant d’un immense succès critique, l’album est immédiatement placé en tête de gondole de tout bon disquaire qui se respecte. Leur musique est d’une efficacité impeccable : ça gratouille allègrement les guitares, ça caresse la basse, ça sifflote, ça tapotte les bongos et ça fait danser filles et garçons. L’album débute avec Beach Comber, assurément l’un des meilleurs titres de la galette : ligne de basse sexy, batterie entrainante, guitare légèrement réverbée, le tout emmené par la voix délicieuse de Martin Courtney. Ce morceau constitue un magnifique point d’entrée dans l’univers coloré de Real Estate où joie et insouciance sont les maitres mots. « Until you find your Rolex in the sand, You won’t be stopping, Until that solid gold is in your hand, You won’t be happy » chante Martin Courtney sur Beach Comber, dénonçant ainsi l’avarice et l’égoïsme ; le peace & love pointe le bout de son nez. Sur Pool Swimmer, on se croirait avec Neil Young, tout y est : la basse folk, la slide guitare et même la voix un peu trainante et nasillarde.
Real Estate en concert...à la plage (photo de Colin O'Neill)
Le charme de Real Estate réside dans le choix d’une production lo-fi*. On retrouve alors le petit rétro de la surf music qui sent bon le sable chaud. L’abum est publié chez woodsist, excellent label américain fondé par Jeremy Earl (du groupe Woods) qui nous avait fait découvrir Vivian Girls et Crystal Stilts. Tout nouveau dans le monde de la musique, Real Estate promet de continuer à faire parler de lui. Foncez les voir en concert lors de leur tournée européenne. Vous pourrez ainsi dire « Real Estate, 2009, ils étaient à peine connus mais j’y étais!»
Le lo-fi (contraction de low-fidelity, en opposition à haute fidélité ou hi-fi) est une expression apparue à la fin des années 1980 aux Etats Unis États pour désigner les méthodes d'enregistrement primitives visant produire un son sale, volontairement opposé aux sonorités jugées aseptisées de production musicale. Exemples d’artistes utilisant le lo-fi : Beck, White Stripes, The Kills.