

Le comédien français, Antoine Eliès, relèvera le défi d'être seul sur scène, le vendredi 28 mai à 20 heures 30, au Centre français de Wedding. Il interprétera Alfred Burbank et le cercle des majordomes du centre dans le Londres des années 1900. Une heure dix de petits bonheurs et grands déboires de la vie de ce personnage singulier pour un public « servi ».

« C'est en quelque sorte un rôle proche de mon caractère. Être au service des gens, dans le sens positif du terme. », confie Antoine Eliès. « L'écriture d'un personnage majordome a été donc facile, j'écris depuis pas mal de temps. Ce texte était l'occasion de jouer aussi ce que j'écrivais. J'ai choisi un univers rétro, qui permet de s'évader du quotidien et de tenir un langage soutenu, peu commun, afin de redonner plus d'attention à la langue. Le plus important pour moi était de raconter une histoire avec une tension narrative simple pour développer le côté dramatique du personnage. Il est difficile de donner une grande impression d'action en étant seul sur scène, mais c'est un défi à relever, et aussi une étape dans le parcours du comédien. »
En effet, c'est une intrigue simple, où il est question d'amour. Anna Kisofski est une séduisante jeune femme d'affaires qui se berce, le soir venu, des attentions inspirées d'Alfred. Mais lorsque Anna lui annonce d'une manière très étrange l'imminence de son mariage avec un parfait inconnu, il prend conscience de l'engagement de son cœur. L'histoire n'est bien sûr pas dénuée d'humour car Alfred Burbank est Anglais! Il sait opposer une bonne dose de dérision aux aléas de son parcours, les rendant ainsi supportables.

Berlinois depuis un an et demi, Antoine Eliès a commencé le théâtre il y a dix ans au conservatoire de Toulouse, puis a suivi la formation l'Oeil du silence auprès de Marcel Marceau et de Jean-Jacques Lemaître (Théâtre du soleil). Ce jeune comédien de 33 ans écrit des textes depuis plusieurs années et a souhaité cette fois interpréter l'un d'entre eux. Alfred Burbank, Majordome de son état est une pièce écrite pour un solo en langue française.
Nous sommes à Londres, au début des années 1900. Alfred Burbank, le troisième meilleur majordome du centre se raconte. Il donne vie à son histoire et aux personnages de sa vie, en alternant les moments de conte et de dialogue. Avec un décor minimaliste pour laisser une plus grande place au comédien, Alfred emmène le public pour plus d'une heure, dans le monde du service.

Le spectacle a déjà été présenté à Paris il y a deux ans, monté avec la participation de quelques membres de la compagnie dont Antoine Eliès fait partie. À la question « est-ce qu'il a été dur de laisser la mise en scène à un tiers alors que vous avez écrit et que vous jouez vous-même? », il répond: « On se connaissait très bien avec Régis Debraz. J'avais des idées de mise en scène, mais je l'ai laissé maître des décisions, parce que nous avons aussi une grande complicité. Pour donner vie à ce conte, nous avons introduit un peu de mime, quelques pas de danse, un zeste d’arts martiaux, et une bonne rasade de plaisir. »
Alfred Burbank, c'est aussi le symbole du comédien, le majordome de la Langue, celui dont la tâche est de faire reluire sa dimension poétique et vivante à la fois. Ce rapport cordial qu'on retrouve entre le majordome et sa maîtresse, c'est aussi celui de l'acteur et du texte: ils sont amoureux, ils ont besoin l'un de l'autre.

Fiche technique:
Antoine Eliès: auteur, comédien
Régis Debraz: mise en scène
Jonathan Pariente: creátion lumières
Romain Vaillon- création sonore
Infos:
La pièce sera jouée vendredi 28 mai 2010 à 20h au Centre français de Berlin. Pour terminer la soirée, le majordome et son équipe vous proposent de les retrouver au salon, autour du bar du festival.
Cécilia Coulon
27/05/10