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 Erika Steinbach, députée CDU et présidente de la Bundes der Vertriebenen
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Malgré la volonté d’apaisement des gouvernements allemand et polonais, de vieilles querelles continuent de ternir les relations entre les deux nations voisines. Au centre du malaise, une personne : Erika Steinbach, députée CDU et présidente de la Fédération allemande des expulsés.

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 conférence de Potsdam, W. Churchill, H Truman, J. Staline
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Retour sur l’Histoire allemande
Depuis des siècles, le territoire allemand n’a eu de cesse de subir d’énormes évolutions. Des populations germanophones s’étaient installées dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale. Or les crimes nazis et l’effondrement du troisième Reich devaient sonner le glas de l’essentiel de la présence de nombreuses minorités dans les différents pays d’Europe de l’Est. A la conférence de Potsdam en 1945, les vainqueurs, autrement dit l’Américain Harry Truman, le Britannique Winston Churchill et le Soviétique Joseph Staline décident de rendre officiel le déplacement de ces personnes d’ethnie allemande vers l’Autriche et l’Allemagne. Résultat : entre 12 et 15 millions de déplacés et de nombreux morts.

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 expulsés allemands des Sudètes
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Le lien avec Erika Steinbach
Face à l’effroi provoqué dans le monde après la découverte de la Shoah au sortir de la guerre, ces exactions étaient alors passées quasi inaperçues. C’est pourquoi, les familles concernées par le drame réclament aujourd’hui la reconnaissance des souffrances qu’elles avaient subit et subiraient encore aujourd’hui. Cette revendication est portée par La Bundes der Vertriebenen (Fédération des expulsés allemands) présidée par Erika Steinbach. Or la députée CDU élue à Francfort-sur-le-Main (Hesse) depuis 1990 souffre d’une très mauvaise réputation en Pologne pour plusieurs raisons : d’abord la députée est connue pour avoir pris position contre l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne. Par ailleurs, Erika Steinbach ne serait pas une « vraie expulsée » puisque sa famille n’était pas installée en Pologne depuis des générations. En effet, la famille d’Erika Steinbach, fille d’un officier de la Luftwaffe du troisième Reich, ne s'était installée en Pologne qu’après l’invasion nazie. Les Steinbach quittèrent le pays quelques années plus tard, en raison de l’avancée de l’Armée rouge. Côté polonais, on la considère donc volontiers comme une héritière du nazisme. L’affaire de la ligne Oder-Neisse fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

L’affaire Oder-Neisse Linie
La ligne Oder-Neisse* avait été temporairement retenue comme la frontière germano-polonaise au lendemain de la seconde guerre mondiale dans l’attente d’un traité de paix. Conséquence directe de l’exigence de Staline de déplacer les frontières de l’Union Soviétique plus à l’ouest, et donc subséquemment du déplacement latéral des frontières de la Pologne, la fixation de la partition entre Slaves et Germains sur ces deux cours d’eau devait « rapidement » (1950) être reconnu par la RDA mais ne fut que laborieusement accepté par la RFA à travers une série d’accords sur plusieurs décennies. Seule la Réunification en 1990 avec l’exigence ferme des quatre pays occupant encore l’Allemagne (Etats unis, France, Grande Bretagne et Union soviétique) d’une reconnaissance sans ambigüité mit un terme aux tiraillements.
Cette fixation de frontière a donc réduit significativement la superficie de l’Allemagne. Des territoires historiquement allemands depuis des siècles tels que la Poméranie, la Silésie ou les villes de Dantzig et Königsberg (la ville natale de Kant, aujourd’hui Kaliningrad en russe) se sont donc retrouvés en Pologne ou en Russie.


La construction d’un édifice à la mémoire des expulsés à Berlin
Si cette question fait autant parler d’elle en ce moment, c’est en raison de l’ouverture prévue en 2011 d’un centre à la mémoire des expulsés allemands à Berlin. Les dirigeants polonais disent respecter totalement le devoir de mémoire pour les millions de personnes déplacées et les victimes que cela a entraîné. Là où le bât blesse, c’est qu’ils ne veulent pas de la députée Steinbach à la direction du centre, considérant que cette nomination porterait atteinte à la mémoire de toutes les victimes des crimes nazis. De plus, le monument devrait être construit près de la Potsdamer Platz soit à proximité du monument en mémoire aux victimes de la Shoah. Cet élément ajoute au malaise ressenti par certains quant à une rivalité mémorielle entre victimes du Nazisme et celle des familles de déplacés.
Poursuite des négociations
Aujourd’hui, les négociations se poursuivent. En effet, la députée Steinbach a proposé de renoncer à un poste au sein du comité de direction sous certaines conditions : qu’un nombre plus grand de membres de la Fédération des expulsés aient le droit d’y siéger et que sa formation soit faite sans l’aval du gouvernement de la République fédérale. Toutefois Erika Steinbach conserve une image ternie aux yeux des Polonais et semble gênante pour le gouvernement fédéral. Ce dernier a exprimé son refus de la candidature d’Erika Steinbach par le biais du ministre des affaires étrangères Guido Westerwelle qui a répété que des « bonnes relations avec la Pologne sont prioritaires ». Toutefois la partie n’est pas gagnée. Des juristes tels que le professeur de droit Dietrich Murswiek de Friebourg, ou Eckart Klein, spécialiste du droit public à Potsdam estiment dans l’hebdomadaire Der Spiegel que l’Etat n’aurait pas les moyens juridiques de s’opposer à la candidature d’Erika Steinbach. Devant les tribunaux celle-ci « aurait de bonnes chances d’obtenir gain de cause » pronostique même M. Klein.

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 Guido Westerwelle, ministre des affaires étrangères
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Avant même sa construction, le futur centre de mémoire lancé officiellement en avril 2009 par le gouvernement suscite donc bien des tensions. On devrait donc aller vers un apaisement même si la situation risque d’être tendue tant que Mme Steinbach aura un mot à dire sur la direction du centre. Ceci est en tout cas très révélateur des susceptibilités encore vive entre les deux voisins.
Gaëlle Le Breton
Régis Présent-Griot
Le 19/01/2010
* Le fleuve Oder et son affluent la Neisse forment une ligne d’eau longue de près de 500km qui se jette dans la Baltique.
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réponse à "CLASS.christian":
ton rêve est un cauchemar!!!!!!!!!
vive la paix!
réveille-toi! on est tous des Européens, et heureusement!
Bravo , Erika , pour ce formidable travail de mémoire ! Oui au retour à l ' Allemagne des régions occupées par la Wallonie ( Eupen et Saint - Vith ) , l ' Italie ( le Tyrol du Sud ) , la Tchéquie ( le territoire des Sudètes ) , la Pologne ( Silésie , Brandebourg Oriental , Poméranie , Prusse - Occidentale ) , la Russie ( Prusse - Orientale ) , et la Lituanie ( Memel ) ... . Hélàs , avec la CDU , il ne faut pas plus rêver qu ' avec la SPD ... .