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 couverture Les tribulations de la liberté, par Daniel Vernet
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Daniel Vernet est l’ancien directeur de la rédaction du journal Le Monde et un spécialiste des questions de géopolitique internationale notamment concernant l’Allemagne. Dans cet essai, il dresse le bilan des espoirs portés sur la réunification des deux blocs qui régissaient le monde durant la guerre froide, autrement dit avant la chute du mur de Berlin. Cet évènement marque, en effet, un tournant décisif qui aurait pu changer la face du monde et forger un climat de paix pour ne plus avoir à vivre les tourments d’une guerre aussi dévastatrice que la seconde guerre mondiale. Le lecteur peut y (re)découvrir quels ont été les facteurs qui ont fait du monde actuel un monde paradoxalement meurtri par les guerres, la faim et de nombreuses crises tandis que 1989 présageait un avenir coloré de paix et de liberté.

1989 : la fin de 28 ans de séparation
Daniel Vernet raconte avec passion et une écriture qui vous replonge dans le contexte de l’enchaînement des évènements qui ont précédé la nuit du 9 novembre 1989 grâce à un œil omniscient international et retrace ainsi la question allemande depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Pour cela, il passe notamment en revue tous les grands noms de l’Histoire de la guerre froide et les évènements qui ont suivi : Mikhaïl Gorbatchev, Helmut Kohl, François Mitterrand, tous sont cités et il s’appuie sur de nombreux témoignages de spécialistes de la période. Il apporte ainsi de nouveaux éléments pour comprendre comment la déchéance du géant URSS est survenue notamment en parlant de la dissuasion nucléaire et l’incapacité de l’URSS à rivaliser à la « guerre des étoiles » menée par Ronald Reagan.

Internationalisation des droits de l’homme
Il est ici notamment question d’ingérence humanitaire. Certains discutent sa légitimité au regard de la souveraineté des Etats. Mais l’auteur semble donner le fin mot de l’Histoire à Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, qui met en exergue l’intolérance à avoir envers les crimes commis par les Etats eux-mêmes. Il dénonce le rôle des Etats-Unis dans ce système d’ingérence qui se réduirait à un engagement militaire uniquement lorsque ceux-ci sont en péril. Le bilan n’est pas très glorieux : au lieu du rêve attendu après 1989, c’est un cauchemar auquel on assiste aujourd’hui dans le monde. La faim, les guerres, la maladie etc.

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 Dmitri Medvedev et Bernard Kouchner
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 Ronald Reagan, discours à Berlin
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Les Etats-Unis, hyper puissance à la grosse tête
«L’OTAN est l’instrument du nouvel ordre mondial qui doit être fondé sur l’extension de la démocratie et de l’économie de marché ». Cette phrase résume à elle seule l’état d’esprit dans lequel se trouvait la classe politique américaine après la chute de l’URSS Tandis que l’Europe souffre d’un complexe d’infériorité en termes de forces armées et de dissuasion militaire face à la Russie ou aux Etats-Unis, ces derniers se considèrent comme le super héros des pays en guerre. Tout comme pour la Russie, l’auteur s’attaque à la deuxième ex grande puissance protectrice : l’empire américain, qui avec la fin de la guerre froide, a lui aussi perdu en crédit
même s’il croit en être sorti vainqueur. Daniel Vernet, mentionne les débats que posent les guerres d’Irak et d’Afghanistan avec leur contexte, les hommes politiques et les décisions qui en sont à l’origine et met en perspective l’absence de débats lors de la guerre du Golfe initiée dans les années 1990.

La Russie : une nouvelle démocratie ?
Daniel Vernet est également un spécialiste de l’Etat russe mais n’en fait pas l’apologie pour autant. Au contraire, il revient sur les nombreux problèmes de déficit démocratique qui touchent encore aujourd’hui la Russie et en quoi ce géant adulé de la moitié du monde du temps de la guerre froide a aujourd’hui une influence internationale amoindrie, même si de grands changements y ont été opérés depuis la chute de l’empire soviétique. Le journaliste revient sur le choc de l’ouverture à la fois pour les Russes et la Russie de ses frontières et la libéralisation de son économie, notamment avec la politique Perestroïka et Glasnost de Mikhaïl Gorbatchev, à tel point que l’Etat lui-même n’a pas réussi à trouver de solution pour adapter son économie à ce nouveau système. Daniel Vernet met également l’accent sur les pays occidentaux, qui se seraient montrés très « naïfs » vis-à-vis de la Russie et de sa capacité démocratique. Aujourd’hui, ce pays est de nouveau dans l’optique d’annexer des territoires perdus à travers la pression militaire. Mais son poids international est d’autant plus important qu’il possède une grande source de matières première notamment de pétrole qui empêche quelque Etat de remettre en question le géant, du moins géographique.
On peut également retrouver l’histoire du Kosovo et son processus indépendance longue et fastidieuse. L’auteur démontre comment la Russie a joué un rôle dans ce processus aussi laborieux avec notamment la place que cela lui donnait dans les négociations internationales.

Et l’Europe dans tout ça ?
Le journaliste met un point d’honneur à expliquer la révolution tant physique que psychologique qu’a entraîné la chute du mur pour l’Allemagne et les Allemands. Il explique par exemple le poids que représentait la mémoire de Berlin Est et son régime autoritaire socialiste sur les citoyens ouest-allemands. Daniel Vernet fait également un retour historique sur l’intégration européenne, la nature de l’Union actuelle et son modèle dénuée de force militaire. Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’au sein du continent européen, l’objectif de paix était rempli- à l’exception des Balkans. En effet, l’auteur n’omet pas de revenir sur le drame qui a eu lieu au cours des années 1990 en ex-Yougoslavie. C’est en 1989 que tout commence. Milosevic est président de Serbie. Il a alors la volonté de faire de la Yougoslavie une grande Serbie ce qui fait ressurgir les tensions entre les nations présentes en Yougoslavie. Aujourd’hui en Europe, on assiste à une baisse du supranational. La tendance est en effet à l’euroscepticisme et au ralentissement des élargissements en raison de 2004 qui a fait entrer 10 pays en même temps et ayant un retard de développement important par rapport au pays déjà dans l’Union.
Après avoir analysé toutes les failles des systèmes russe et américain, l’Europe se présente aux yeux de l’auteur comme le modèle démocratique à suivre. Qui aurait pu croire qu’une organisation telle que l’Union européenne et sa nature au carrefour entre fédération et confédération puisse finalement constituer ce qui se fait de mieux de nos jours ? C’est sans nul doute, un exemple de convecteur de paix.