Le 26 janvier, l’Admiralspalast propose une soirée slam avec Grand Corps Malade en tête d’affiche, accompagné de Bas Böttcher. Pour ceux qui trouvent la poésie un brin rébarbatif, Grand Corps Malade et Bas Böttcher vous réconcilieront définitivement avec l’art de faire danser les mots. La Gazette propose 1X2 places pour la soirée à gagner !
« Depuis la nuit des temps, l'histoire des pères et des mères prospèrent. Sans sommaire et sans faire d'impairs, j'énumère pêle-mêle, Pères Mères. Il y a des pères détestables et des mères héroïques. Il a des pères exemplaires et des merdiques. Il y a les mères un peu père et les pères maman. Il y a les pères intérimaires et les permanents. Il y a les pères imaginaires et les pères fictions. Et puis les pères qui coopèrent à la perfection. » Cette jonglerie de mots est tirée d’un texte de Grand Corps Malade, figure de proue du slam français. Venu des USA dans les années 80, le slam*, l’art oratoire de déclamer des textes sur scène, connaît aujourd’hui en Europe, un succès public et critique incontestable.
Fabien Marsaud aka Grand Corps Malade
J’voudrais poser un slam....
Il est des noms de scènes qui en disent long. Derrière Grand Corps Malade se cache Fabien Marsaud, qui doit s’aider d’une béquille pour déplacer son 1m94. La cause, un bête accident à 20 ans. Un saut dans une piscine qui n’avait pas assez de fond lui déplace les vertèbres. Pronostiqué paraplégique, il réussit, à force de rééducation à remarcher. Auparavant grand sportif et doué pour le basketteur, Fabien Marsaut cherche alors un nouveau moteur à sa vie. C’est dans la poésie que ce fils de bibliothécaire trouve un exutoire. Pourtant, comme il l’avoue dans son texte « rencontre », la chose n’était pas gagnée d’avance car la poésie « avait un air bien prétentieux. Elle prétendait qu'avec les mots on pouvait traverser les cieux. J'lui ai dit, j't'ai d'ja croisé et franchement tu vaux pas l'coup. On m'a parlé d'toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou. Mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes. J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes. »
Héraut du slam français
En 2003, Fabien Marsaud devient Grand Corps Malade et répand son slam aux côtés de John Pucc’ Chocolat et du collectif 129H. Ensemble, ils vont écumer les scènes ouvertes et forger leur art oratoire. Grand Corps Malade s’engage à la découverte du slam auprès des jeunes. Il fonde en 2005 l’association « Flow d’encre » afin d’animer des ateliers d’écriture et de slam auprès de municipalités, centres sociaux, établissements scolaires. Le poète, originaire de Saint Denis, s’implique dans le projet "93 Slam Caravane", ateliers d'écriture et scènes slam itinérantes dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis. Midi 20, le premier album studio de Grand Corps Malade sort en 2006. Pour mettre en musique ses textes, Fabien Marsaud s’est alloué les services de S Petit Nico, touche à tout musical qui compose aussi pour le théâtre, le cinéma et la pub. L’album est un succès public : 600 000 exemplaires vendus, et un succès critique : deux victoires de la musique en 2007 (Album révélation de l’année et Artiste révélation de l’année). Son deuxième album, Enfant de la ville paraît en 2008 se classe en deuxième position des ventes.
Faire rimer la vie
Grand Corps Malade poétise la vie. La sienne d’abord, sa jeunesse, ses amis, son handicap aussi. Il raconte le quotidien : l’amour (« Les voyages en train »), le spleen dans l’enseignement (« Le blues de l’instituteur »), les codes de la cité (« Je viens de là »), la famille (« Pères et mères »), sa Heimat (« Saint Denis »). Sa voix est grave comme la plupart de ses textes car après tout la vie n’est pas constamment joyeuse. Pas vraiment optimiste, ni foncièrement pessimiste, la plume de Grand Corps Malade reste toujours pragmatique. Cependant l’humour n’est pas absent de son univers, comme en témoigne l’hilarant « Ma tête, mon cœur, mes couilles » pamphlet contre le machisme primaire, ou encore « L’appartement », état des lieux tellement véridique d’une garçonnière d’un célibataire lambda. Grace à son flow reconnaissable entre mille et la justesse de ses textes, Grand Corps Malade s’est imposé comme l’un des chantres du slam français, au coté d’Abd Al Malik. Ils sont tout deux nommés Chevalier des Arts et des Lettres, en 2008, preuve de la reconnaissance entière du slam, sur la scène francophone.
Fabien "Bas" Böttcher
Bas Bröttcher, slameur allemand
La première partie du concert de Grand Corps Malade à Berlin sera assurée par Bas Böttcher. Ecrivain et slameur originaire de Brême, Bastien « Bas » Böttcher est l’un des fondateurs du slam allemand. Il remporte en 1997 la toute première compétition de slam germanophone. Son dernier album, « Néonomade », paru en 2009 regorge d’acrobaties verbales. Cet événement unique, se tient le 26 janvier, à 20H00, à l’Admiralspalast, organisé par Berliner Literarische Aktion, le Bureau Export de la Musique à Berlin, en coopération avec l’Ambassade de France en Allemagne, le Bureau du Plénipotentiaire pour la coopération culturelle franco-allemande et l’Office franco-allemand pour la Jeunesse. Afin de renforcer le caractère franco-allemand de la soirée, le concert de Grand Corps sera sous titré en Alleamnd. A l’origine de cette initiative, un grand concours organisé dans les écoles allemandes dont le but était la traduction des textes de Grand Corps Malade. Ainsi, le public germanophone ne sera pas lésé.
La Gazette de Berlin propose 1X2 place à gagner, pour cela envoyer un mail à camille.larbey@lagazette.net en répondant à la question suivante : quel est le véritable patronyme de Grand Corps Malade ? Un tirage au sort sera effectué parmi les bonnes réponses.
Camille Larbey, le 11/01/10
* Le slam vient de l’argot américain « slam » : une claque, un impact.