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 Types de cartes concernées par le bug
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30 millions de cartes bloquées depuis début janvier en Allemagne. Au lendemain de la Saint Sylvestre, de nombreuses cartes Eurochèque (« EC Karte ») et cartes de crédit ont subitement refusé de fonctionner. Une semaine après, la situation revient presque à la normale.

Les cartes s’opposent au passage en 2010
Ces derniers jours les Allemands ont du se priver de certaines dépenses. En effet, à peine remis des fêtes que les propriétaires de cartes ont eu la surprise de voir le 1er janvier au matin leur carte avalée ou refusée dans les guichets et les magasins. Même problème pour les touristes allemands détenteurs de la carte. Le bilan est « chaotique » selon la fédération bancaire « Deutscher Sparkassen- und Giroverband » (DSGV) qui parle même « d’un bug de l’an 2000 retardé». D’après la « Zentrale Kreditausschuss » (ZKA) plus de 3O millions de cartes, sur les 120 millions en circulation, seraient concernées. Seule la Deutsche Bank semble ne pas être victime du bug.
A qui la faute ? A l’origine de ce dysfonctionnement : une erreur informatique. Le micro-logiciel installé sur la carte n’a pas reconnu le passage à la nouvelle année. Mais le véritable responsable reste le numéro un français de production de carte à puces: GEMALTO. Le groupe français a admis mercredi sa culpabilité concernant les cartes allemande défectueuses. Cette erreur pèse sur l’image du producteur de puces, qui a perdu 3,4 points en bourse mercredi. Olivier Piou, le directeur général de GEMALTO, assure toutefois tout mettre œuvre pour régler le problème.

Les solutions se font attendre
La reconfiguration des cartes est bientôt envisagée. Le porte-parole du producteur français a ainsi confié dans un communiqué avoir « travaillé avec ses clients pour analyser et rétablir la situation ». Le groupe français souhaite régler le problème rapidement. De fait, le groupe a écarté la possibilité de changer toutes les cartes. Christian Achilles, le porte-parole de la DSGV, a soutenu cette décision parce qu’il est convaincu que le changement de carte s’annonce « compliqué » et « prendra des mois ». En plus d’un processus lent, la facture se révèlerait salée. Ainsi, si GEMALTO choisit cette option, il lui faudra débourser pas moins de 300 millions d’euros pour remplacer la globalité des cartes. L’IFF (Institut des services Financiers) regrette que les cartes n’aient pas été testées auparavant. D’autant plus que cette erreur a de lourdes conséquences pour les commerçants qui essaient, en attendant, de trouver des solutions. Par exemple, certains ont trouvé une astuce. En effet, il suffit de mettre du scotch sur la puce pour que le lecteur de carte lise uniquement la carte magnétique et fonctionne ainsi normalement. A Francfort, un épicier témoigne : « au moins les clients ne s’énervent plus ». Une technique peu encouragée pourtant par le chef de „Fachbereichs Finanzdienstleistungen“ (IFF) car la carte devient beaucoup moins sécurisée sans la puce. De son côté, la ZKA assure que le fonctionnement est « largement rétabli sur le territoire ». Depuis mercredi les distributeurs fonctionnent de nouveau et la DSGV espère que situation sera réglée ce lundi.

Quand le Bargeld* prend le dessus
Les distributeurs en Allemagne ne sont pas autant monnaie courante qu’en France. En fait, les Allemands se méfient des cartes et considèrent le liquide comme le moyen de paiement plus sécurisant. C’est pourquoi en Europe, l’Allemagne est le pays où les cartes de crédit sont le moins répandues. Plusieurs cartes existent chez nos voisins. La plus répandue s’appelle la « Ec Karte » et permet à la fois de retirer du liquide dans les distributeurs automatiques et de payer en caisse. Mais la carte Eurochèque ne doit pas être confondue avec une carte de crédit. Sur la « EC Karte », le débit est immédiat et aucun découvert n’est autorisé sur le compte associé.
Une autre carte, moins répandue, est parfois utilisée, c’est la « GeldKarte ». Elle correspond à la carte Monéo en France et est utilisée pour payer les titres de transports, parfois le restaurant. Il s’agit d’un porte-monnaie électronique rechargeable auprès de bornes mises à disposition. Moins adoptée aussi, la « KreditKarte ». Cette carte est liée au système Mastercard et Visa et son principal avantage sur la « EC Karte » est de rendre possible le paiement d’achats sur internet. Mais elle s’avère plus coûteuse que la « EC Karte ».
Aujourd’hui encore, beaucoup de magasins n’acceptent pas les cartes de crédit. Alors à vos billets lorsque vous faites vos emplettes en Allemagne!
* Bargeld : argent liquide
Mélanie Duault
11/01/10