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 Rokkz et Flex, à l'origine du groupe Buddah Woofaz
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Ils auraient pu se surnommer Max et Moritz*, ils ont choisi Rokkz et Flex comme noms de scène. Ces jumeaux de Fribourg-en-Brisgau, noyau du groupe franco-allemand Buddah Woofaz, la vingtaine bien entamée, rappent depuis 10 ans et sortent leur troisième album « Gemini », aboutissement d’un travail de passionnés, avec les efforts d’une production maison. Comment sortir des clichés du hip-hop.

« Si je n’avais pas de frère jumeau, je ne sais pas si j’aurais fait de la musique » avoue Flex à demi-mot. C’est toujours en binôme que les compères ont posé leur voix sur celles de leurs aînés, Samy Deluxe, Curse, Talib Kweli ou encore Common, avant de se jeter dans le grand bain. « Nous étions d’abord fans, puis nous avons essayé de rapper, et l’écriture est venue naturellement. Au-delà de nos goûts musicaux proches, nous nous comprenons vite » poursuit Flex. Les frangins ont bien saisi que leur gémellité apporte de l’originalité à leur musique, au point de baptiser leur album « Gemini ». Mais ils ne comptent pas que sur ça pour surprendre. « Nous fuyons les clichés du hip-hop, nous ne sommes pas des gangsters, nous faisons de la musique, et avons des choses à dire » explique Flex. Jeux de mots et humour bien sûr, mais pas seulement. « Forme et contenu sont très importants. Si des messages passent, c’est tant mieux » souligne Flex. « J’entends souvent dire que le hip-hop, ce n’est pas de la musique, mais quand nous avons appris qu’un professeur de musique reconnu appréciait notre travail, ce fut un beau compliment » confie le jeune homme. Et l’avantage du rap pour Lexot, rappeur franco-allemand qui a rejoint l’aventure en 2003, c’est qu’« il n’impose aucune limite, la création est omniprésente, on écrit ce qui peut sembler banal d’une façon différente ». Leur inspiration vient de la rue, du quotidien, du vécu personnel, ou de la musique en elle-même. Flex a ainsi imaginé l’histoire d’un somnambule dès l’écoute d’un beat. (Schlafwandler, Gemini). Le titre 26 Homies, fait écho aux lettres de l’alphabet, synonymes de création à l’infini.
Le multilinguisme comme marque de fabrique
Buddah Woofaz se définit comme un groupe franco-allemand et clame volontiers ses airs bilingues en région frontalière avec l’Alsace. « Nous sommes souvent en France, et mélanger les langues, c’est notre façon d’étonner, d’expérimenter » estime Rokkz. Franco-allemands de naissance ou d’adoption, les membres du groupe jonglent entre les deux langues avec naturel. Mais sur scène, chacun a sa préférence. Lexot maîtrise parfaitement les deux répertoires. Pourtant, il explique avoir plus de « facilités à écrire en français, Il y a plus de liaisons dans la langue française, et le rythme est coulé ». Flex de renchérir : « pour les Allemands, la langue française passe bien en musique, c’est plus difficile de se vendre en chantant en allemand ». Une règle encore plus vraie pour le hip-hop. Après les Etats-Unis, La France représente le second marché pour le hip-hop en termes de sorties et de ventes, alors que le marché germanophone peut s’élargir à la Suisse et l’Autriche, mais guère plus loin. Pour Lexot « le rap et le hip-hop francophones s’écoutent très largement, on y ajoute des variations antillaises, africaines. En Allemagne, les sonorités peuvent venir de l’Est, des Balkans ou de la Turquie, mais pour le moment, ces ambiances sont encore discrètes ». Buddah Woofaz semble, lui, avoir trouvé son équilibre entre les influences du rap français, allemand et des beats reggae, soul ou salsa de ses DJs H.P et Troove. « Gemini » se présente comme un album multiculturel donc, qui se décline même en anglais et en pidgin.
* Jumeaux espiègles de la bande dessinée de Wilhelm Busch
Lucie Dupin
26 décembre 2009
Album Gemini, 13 titres, 7 euros. Prochainement en concert à Fribourg.
Plus d’informations : www.buddahwoofaz.com
Photos : droits réservés Buddah Woofaz

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 Gemini, ou comment revisiter le hip-hop
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