
Cannes boude-t-il le cinéma allemand ? Le début du festival coïncidait avec la soirée de clôture du festival Achtungberlin. Regards croisés sur la production allemande.
En mai 2004, cela faisait onze ans qu’un film allemand n’avait pas été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes. Les Edukators (Die fetten Jahre sind vorbei) de Hans Weingartner était apparu comme une surprise. En 2005, rebelote avec Wim Wenders, « un habitué de la Croisette ». Mais cette année, les organisateurs ont de nouveau boudé l’Allemagne, et ce, malgré une très belle moisson 2006.
Das Leben der Anderen de Florian Henckel von Donnersmarck, la grande star des Lolas (l’équivalent des oscars, où le film raflé sept prix), avait pourtant failli être sélectionné. « De justesse», raconte Christian Dorsch, directeur de German films, l'association des exportateurs allemands. «Mais il s’est très bien vendu à Cannes »
Certes. Si l’Allemagne n’était pas présente en compétition, le public cannois a cependant pu découvrir deux productions d’Outre-Rhin. Sommer 04 an der Schlei de Stefan Krohmer, dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, ainsi que Ping Pong de Matthias Luthardt, dans le cadre de la Semaine de la critique.
Ping Pong, sorte de huis-clos entre quatre personnes et un chien, a enchanté la critique comme les professionnels. D’après Bertrand Tavernier, il signe le « renouveau du jeune cinéma allemand ». Tout va bien. Depuis quelques années, la France constate en effet ce que le public allemand ignore encore : l’apparition d’une nouvelle génération de cinéastes.
Intrigue simple et efficace, excellente facture, observation épurée et absence totale d‘effets spéciaux ou de séquences de masse, voilà ce qui caractérise la nouvelle vague allemande, que l’on appelle également « l’école de Berlin ».
C’est il y a trois ans qu’Hajo Schäfer, directeur du festival Achtungberlin, a vu naître ce concept. « Si la plupart de ses représentants ont été formés à Munich, tout le monde s’est entre-temps installé à Berlin ... » Parmi eux, Angela Schanelec, Benjamin Heisenberg et Christoph Hochhäusler ont été présentés ces dernières années à Cannes dans la sélection parallèle.
Finalement, l’Allemagne ne sera pas rentrée les mains vides des plages cannoises. Matthias Luthardt s’est en effet vu décerner le prix SACD ainsi que le prix de la très jeune critique*. A présent, il doit courir, il est en retard pour recevoir un prix décerné par les Britanniques : le prix pour la meilleure participation canine - la « Palme dog ».
Caroline Elias
* « Le prix de la très jeune critique» est décerné par une trentaine d‘élèves
Français et Allemands, à l’initiative de l‘Office franco-allemand pour la jeunesse.
Pour plus d’informations: www.ofaj.org
Voir aussi:
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>> La mer gelée, revue littéraire franco-allemande
>> Petite histoire de la Gazette de Berlin - Partie 1
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