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Deux semaines après avoir été réélue à la tête de la Chancellerie, Angela Merkel vient d’annoncer le programme de la coalition noire-jaune pour les quatre ans à venir. La politique du nouveau gouvernement s’articule autour de cinq points principaux qui visent tous à ramener l’Allemagne au sommet. Les défis à relever sont de taille, mais la volonté des gouvernants sans faille. Avec force et détermination, la chancelière affirme vouloir ouvrir les yeux sur la réalité de l’Allemagne et agir avec une poigne de fer. Démiurge ? Elle a tout d’abord énoncé les commandements.




"Sortir de la crise avec brio", sloggan de la campagne électorale de la CDU

Les conséquences de la crise nous surmonterons :

 

                La crise économique et financière a occupé la place centrale des déclarations de la Chancelière. Comme elle l’a souligné, la situation est préoccupante : « l’Allemagne connaît la plus importante récession de son histoire ». Les répercussions actuelles de la crise sont cinq fois plus importantes que lors de la crise pétrolière de 1973. « Les principales banques du pays sont toujours soutenues par l’état et le marché financier n’est pas encore assez fort pour supporter la demande », insiste-t-elle. A l’image d’Helmut Kohl chancelier de la réunification, Angela Merkel veut devenir cette chancelière de fer qui aura enrayé la crise. Dans son discours, elle présente une politique pragmatique et réaliste et montre qu’elle est consciente des difficultés. Elle le prouve lorsqu’elle mentionne qu’un échec est envisageable : « nous pouvons échouer ou nous pouvons réussir. Les deux sont possible ». Objectif annoncé : la reprise de la croissance. Premier cheval de bataille, empêcher le chiffre du chômage d’empirer au moyen notamment du prolongement du « Kurzarbeitgeld », aide de l’état  pour les travailleurs subissant le chômage partiel. Mais le gouvernement n’entend pas réussir seul, Angela Merkel a lancé un appel aux citoyens « la situation ne pourra être améliorée que si nous y travaillons tous ensemble, dans une coopération loyale et confiante ». Seul hic, la confiance en l’état semble avoir été ébranlée.




Agentur für Arbeit, équivalent de l'ANPE

La confiance des citoyens en leur état nous rétablirons :

 

                Redorer le blason de l’état, un travail de titans auquel s’attaque la coalition. Le moyen utilisé sera la réforme fiscale prévue pour le début de l’année 2011. Il s’agit, selon les termes d’Angela Merkel de « rendre le système d’imposition simple, et que les impôts soient bas et équitables ». Si la chancelière semble sûre d’elle et de la réussite de cette mesure, l’opposition voit ici une faille dans le programme du gouvernement. Frank-Walter Steinmeier, député SPD et principal concurrent d’Angela Merkel lors des élections, qualifie la déclaration de la chancelière « d’énigme ». Entre les paroles et les actes, l’opposition dénote un décalage : tantôt présenté durant les dernières élections comme un géant protecteur des classes moyennes, l’état s’engage aussi à dorloter les classes sociales supérieures. Le SPD ne se prive pas de faire remarque que la réforme fiscale n’est qu’un leurre. « Si les classes moyennes devraient y gagner une petite somme, on leur demandera aussitôt d’en débourser le double, les besoins promesses d’investissements ayant elles aussi décuplé », souligne le député. La confiance ne semble pas acquise. 




Un vieillissement de la population inquiétant

Des réponses à l’évolution de la structure des âges nous apporterons :

 

                L’Allemagne vieillit. Ce constat est sans appel. Dès les années 70, l’Allemagne tombe en dessous des 2,05 enfants par femme, jugé nécessaire pour assurer le renouvellement des générations. Aujourd’hui le taux de fécondité est de 1,4. La situation est préoccupante et les scénarios échafaudés  jusqu’en 2050, alarmistes. D’ici là, les plus de 60 ans devraient représenter plus de 40% de la population et moins de 20 ans seulement 10%, selon « Satistische Bundesamt Deutschland ». En matière de natalité, le gouvernement compte sur son atout majeur, Ursula von der Leyen, Ministre de la Famille, de l’Intégration et de la Culture qui impulsait des mesures natalistes déjà lors du premier mandat d’Angela Merkel. Ses mesures bouleversent la politique familiale menée jusqu’alors avec notamment la promesse de 500 000 nouvelles crèches pour que les femmes n’aient plus désormais à faire le choix entre une famille et une carrière. Mais malgré la catastrophe annoncée, les solutions proposées sont loin de faire consensus.




La nouvelle coalition envisage un retrait de la loi de sorti du nucléaire prévu par le précédent gouvernement

L’utilisation des ressources naturelles nous réglementerons :

 

                Les manifestations des militants anti-nucléaires l’avaient confirmé : les questions énergétiques sont sensibles en Allemagne. Dans son discours, la chancelière a affirmé qu’il était indispensable de réglementer l’utilisation des ressources naturelles. La situation est urgente. Du 7 au 18 décembre se tiendra à Copenhague la conférence de l’ONU durant laquelle la lutte contre le réchauffement climatique sera à l’honneur. « Un échec de la conférence sonnerait le glas de la coordination des politiques mondiales dans ce domaine. Nous ne pouvons nous le permettre. », a affirmé Angela Merkel. Mais la coalition noire-jaune ne semble pas prête à toutes les concessions : il n’est nullement prévu d’abandonner le charbon et le nucléaire comme sources principales d’énergie. Le débat est loin d’être clos.


Les notions de liberté et de sécurité nous renforcerons :

 

                Dernier point abordé par la chancelière : allier les notions de liberté et de sécurité.  La première mesure annoncée par le nouveau gouvernement allait d’ailleurs dans ce sens là. A partir de janvier 2011, le service  militaire sera réduit à six mois. « L’OTAN reste important », précise la chancelière. La plupart des pays du pacte ont fait le choix de supprimer le service militaire obligatoire, mais l’Allemagne y reste attachée.

 

                Cinq travaux à accomplir en quatre ans. Le pari est risqué, mais la chancelière est confiante. Secondée par une armée de ministres, ils s’apprêtent à « poser des bases saines pour cette seconde décennie du 21ème siècle », selon les termes d’Angela Merkel.

 

 

Mathilde Frézouls

11/11/09








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