

Au moment où les feuilles commencent à tomber, entre l'été qui s'achève et les premières fraicheurs automnales, les jours raccourcissent, l’Allemagne s’enivre pour quelques semaines. La fête de la bière ? Que nenni, le Federweisser !

 |  |
|
Comme son nom de l’indique pas vraiment, le Federweißer (blanc plume) est le petit nom poétique donné au jus de raisin fermenté. Sa fabrication est simple, sitôt après les vendanges, le raisin est pressé et directement mis en bouteilles. Son aspect de jus de pomme bio, son goût un peu sucré et ses petites bulles lui donnent l’air inoffensif. Mais attention, il y a vraiment de l’alcool dedans : son taux d’alcool varie entre 4% et 11% suivant le moment dans la saison. Produit principalement dans les régions viticoles, l’ouest et le sud-ouest de l’Allemagne, on le trouve partout, même à Berlin qui n’est pas du tout un région productrice. Ce petit jus a un succès fou et chaque année, plusieurs millions de litres sont écoulés. Simple et sans prétentions, ce petit jus peut se boire seul ou en accompagnement de petites choses automnales comme des châtaignes, un Zwiebelkuchen (une sorte de tarte ou de gâteau à l’oignon) ou bien un quiche lorraine.

Du vin blanc plume
Connu en France sous le nom de vin bourru, bernache (en Touraine) ou Neier Siasser (en Alsace), le nom courant varie de région en région mais la boisson reste la même. Le nom de Federweißer est inspiré par la couleur de la levure utilisée pour la fermentation, blanche comme une plume, federweiß en allemand. En Autriche, il a été baptisé le poussiéreux (Staubiger) à cause de son aspect trouble. Dans le Bade-Wurtemberg, on le trouve souvent sous le nom de Sauser ou Suser, par référence à au léger tournis qu’il peut provoquer si l’on en abuse. De même que dans la partie rhénane de la Hesse, où on lui a donné le nom de Rauscher, l’enivrant, car sous son petit nom innocent, il ne faut pas s’y tromper, c’est bien du vin !
Camille Farnoux