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 La ronde des taxis est repartie à l'aéroport de Tegel après la grève de lundi.
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Plusieurs centaines de taxis ont bloqué l’accès de l’aéroport Tegel lundi 16 juin pour protester contre l’augmentation de leurs tarifs imposée par la ville de Berlin et la création d’une nouvelle taxe de 50 centimes à partir du 1er juillet prochain.

Panique à l’aéroport. Lundi matin entre 9h et 10h30, les chauffeurs de taxi en colère ont cessé symboliquement leur travail pendant 90 minutes (équivalent à la durée d’un aller-retour entre l’aéroport et le centre ville) pour manifester leur mécontentement face à la réforme de leurs tarifs voté par le Sénat de Berlin. Pour desservir l’aéroport, les chauffeurs de taxi berlinois devaient jusqu’alors s’acquitter d’une somme forfaitaire annuelle de 70 euros. Mais à partir du 1er juillet 2009, cette somme forfaitaire sera supprimée au profit d’une taxe de 50 centimes pour chaque passager récupéré ou déposé à l’aéroport Tegel. Une réforme qui ne sera pas sans conséquences pour les chauffeurs de taxi qui se verront obligés de répercuter cette augmentation sur leurs prix. Le tarif de la course entre l’aéroport Tegel et le centre ville de Berlin passera donc en moyenne de 15,50 euros à 16 euros dès cet été. Une hausse des prix fortement contestée par la profession, à un moment où le nombre de clients est déjà faible à cause de la crise économique : « J’ai peur de perdre mes clients à cause de cette taxe » explique Murat, 35 ans, entre deux courses. « Généralement si le trajet coûte 15,50 euros, les clients arrondissent toujours à 16 euros pour le pourboire mais à cause de la réforme, ils ne nous donneront plus les 50 centimes en plus, cela servira à payer l’augmentation des tarifs » ajoute-t-il.

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 Chaque année on enregistre plus d'un million de trajet entre l'aéroport Tegel et le centre ville de Berlin.
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La qualité du service avant tout
Cette nouvelle taxe a été décidée par la ville de Berlin, propriétaire de l’aéroport de Tegel, dans le cadre d’une grande « Offensive sur la qualité». Cette taxe doit, entre autres, servir à améliorer la qualité des services rendus aux passagers de l’aéroport, permettre un meilleur contrôle technique des véhicules et payer les employés qui régulent le flux de taxis entrant et sortant de l’aéroport et ceux qui s’occupent de l’entretien du centre de stationnement des taxis. « Dans un futur proche, nos passagers pourront avoir le plaisir d’être accueillis par des chauffeurs sympathiques, dans un taxi propre, en allemand ou en anglais et ils pourront évidemment payer par carte de crédit » affirme Dr Rainer Schwarz, le porte parole du service chargé de la gestion de l’aéroport. Pour atteindre cet objectif, l’aéroport de Tegel a signé un nouveau contrat avec les patrons de compagnies de taxi berlinoises le 21 novembre 2008. « Ce contrat a été signé en 2008 par les dirigeants et ce n’est que maintenant que nous en avons connaissance. C’est malin parce que maintenant il ne nous reste plus que trois semaines pour décider de notre stratégie » nous explique Peter Kammer, un chauffeur en colère. Les chauffeurs de taxi ne comprennent pas pourquoi ce serait à eux de payer pour l’amélioration des services rendus par l’aéroport.

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 Les chauffeurs de taxi se rassemblent à la pause pour dénoncer le nouveau contrat.
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La partie visible de l’iceberg
Au-delà des 50 centimes, c’est l’ensemble de ce nouveau contrat qui inquiète. En effet, il sera exigé des chauffeurs de taxi qu’ils aient un très bon niveau d’allemand et des connaissances élémentaires en anglais. Un certificat de langue sera même nécessaire pour obtenir le droit d’exercer à l’aéroport. Une mesure qui a de quoi effrayer puisque la plupart des chauffeurs de taxi travaillant à Tegel sont d’origine turque et ne parlent pas ou peu l’anglais. Les sanctions en cas de non respect de ces nouvelles consignes pourront aller du simple avertissement, au retrait définitif du droit d’exercer, ce qui est jugé abusif de la part de la profession. Il faut néanmoins souligner que des formations linguistiques sont proposées par l’Aéroport de Tegel aux chauffeurs qui le désirent.

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 "Contre le raquette organisé par Tegel", plaque de protestation présente sur les taxis contestataires.
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Un conflit de longue haleine
Pour le moment, la réforme se limite à l’aéroport de Tegel mais les chauffeurs de taxi craignent qu’une taxe similaire leur soit imposée dans les autres aéroports de la ville ainsi que dans les principales gares ferroviaires. Ils entendent donc maintenir la pression sur le Sénat de Berlin pour obtenir le retrait de ce projet. « La grève n’est pas finie. Si le Sénat ne revient pas en arrière, il y aura d’autres actions » explique Murat avant de repartir vers son véhicule. Cette fois ci, un préavis de grève avait été déposé au préalable mais si les quelques 7 000 chauffeurs de taxi berlinois n’obtiennent pas satisfaction, des grèves spontanées risquent de se reproduire tout au long de la semaine. En attendant, les chauffeurs mécontents arborent des plaquettes de protestation sur leur voiture. Ne soyez donc pas surpris de lire sur les taxis de couleur ivoire de Berlin des slogans tels que « Gegen Abzocke in TXL » (Contre le racket organisé à Tegel) ou encore « Wer Taxler quält, wird abgewählt » (Qui crucifie les chauffeurs de taxi, ne sera pas réélu). Les sénateurs de Berlin risquent donc de perdre le soutient de toute la profession, si un compromis n’est pas trouvé avant les prochaines élections.
Cécile Tran-Tien et Carolin Voigtländer
17-06-09
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