

Le gouvernement a enfin donné son aval quant à l’accord conclu samedi 30 mai concernant le rachat de l’entreprise Opel . Le groupe canadien Magna international reprendra la marque allemande au détriment du groupe italien Fiat et de l’investisseur belge RHJ international.

La faillite financière de l’ancienne société mère d’Opel, General Motors, a laissé planer le doute sur l’avenir du constructeur automobile. Le groupe américain, qui emploi 25 000 personnes en Allemagne, ne détiendrait plus que 35% du capital qu’il partagerait avec le fournisseur equipementié Magna ainsi que la banque russe semi publique Sberbank et les salariés. Le gouvernement allemand participerait à ce plan de relance en accordant 1,5 milliards d’euros pour éviter à tout prix le dépot de bilan . Initiative critiquée par le parti libéral allemand, le FDP (Freie Demokratische Partei) qui accuse la grande coalition actuellement au pouvoir de vouloir sauver les entreprises allemandes aux frais des contribuables. « Est-ce la coalition qui sauve Opel ou Opel qui sauve la coalition ? », Guido Westerwelle, président du FDP, dénonce ainsi l’utilisation du cas Opel à des fins électorales et plaide avec le ministre de l’économie, Karl Theodor zu Guttenberg (CSU), pour un « dépot de bilan ordonné ».
Toutefois, l’Etat allemand entend participer activement au sauvetage d’Opel ; son avi ainsi que la somme d’argent (à travers un « crédit-relai ») qu’il est prêt à mettre à disposition ont d’ailleurs été décisifs dans l’élaboration du plan de reprise. Le poids de l’industrie automobile en Allemagne est tel qu’il suscite l’implication de l’Etat dans ce plan de sauvetage dans la mesure où il représente 3,3% du PIB allemand, 2,2% de l’emploi et 57,3% de la production destinée à l’exportation.



Franck Stronach, président de la nouvelle société mère, Magna International, voit, par ailleurs, Opel redevenir bénéficiaire d’ici cinq ans en vendant 2 millions de véhicules par an. Il projette aussi d’envahir un nouveau marché en construisant plus d’un million d’automobiles en Europe de l’Est ; et ce grâce au partenariat industriel avec Oleg Deripaska, oligarque russe à la tête du groupe GAZ. Ce constructeur automobile qui produisait en grande partie des véhicules commerciaux légers a des lors besoin des apports technologiques d’Opel. Le président de la Sberbank, German Gref a aussi déclaré qu’il était interessé par le fait que l’entreprise allemande « puisse aider à restructurer l’industrie automobile de la Fédération de Russie ». Cependant, General Motors produisant des Opel sous le nom de Saturn aux Etats-Unis et sous les nom de Buick en Chine, la vente par Magna d'automobiles dans ces pays lui est interdite.
Le rachat d’Opel par Magna devrait être conclu dès septembre prochain mais le gouvernement allemand se dit toujours « ouvert » à d’autres offres de reprise de l’entreprise automobile. En effet, cette solution semble être un pis-aller puisque sont annoncées, dès à présent, 2 500 suppressions d’emploi en Allemagne.
Mathie Espargilière
03-05-09
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