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 Enseigne Karstadt, Hanovre (Creative Comons)
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Après Opel, c’est au tour d’Arcandor de se tourner vers l’État pour obtenir une aide publique. Le géant allemand de la distribution et du tourisme a jusqu’au 12 juin pour trouver une solution à ses difficultés financières.

Avec plus de 86 000 employés et des magasins dans près de 90 villes allemandes, Arcandor est l’une des plus grandes compagnies allemandes. Spécialisée dans le tourisme (Thomas Cook) et la distribution (Karstadt), le groupe est confronté à de nombreuses difficultés financières. Karl-Gerhard Eick, le nouveau patron du groupe, a même déclaré que sa société pourrait mettre la clé sous la porte s’il ne recevait l’aide de 650 millions d’euros demandée au gouvernement. Cette somme correspond au montant de la dette que le groupe Arcandor doit rembourser avant le 12 juin prochain. Le récent sauvetage d’Opel par l’État allemand a relancé les espoirs d’Arcandor qui compte des effectifs deux fois plus importants que le constructeur automobile et qui réclame une aide bien inférieure à celle demandée par la filiale allemande de General motors (1,5 milliards d’euros).

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 Frank-Walter Steinmeier, le 21 juin 2008 à Hannover. (Creative Commons)
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Arcandor divise la coalition gouvernementale
En pleine période de campagne électorale, le dossier Arcandor est loin de faire l’unanimité au sein du gouvernement. Frank-Walter Steinmeier, le Ministre des Affaires étrangères, semble être le seul à soutenir le sauvetage du groupe. Mais pour le candidat social démocrate à la Chancellerie, ce sauvetage ne peut se faire que sous certaines conditions : « Les propriétaires doivent clairement dire à combien va s’élever leur contribution dans la solution finale » a-t-il affirmé. De leur côté, les Conservateurs sont fortement opposés à toute nouvelle intervention de l’État dans l’économie. Pour Angela Merkel, le renflouement d’Opel est un « cas spécial » et qui ne doit pas se reproduire. Après avoir hésité sur le sujet, les Libéraux se sont également rangés du côté des Chrétiens Démocrates. Guido Westerwelle, le chef de file du FDP, entend défendre les citoyens allemands : « Ce n’est pas le devoir du contribuable de sauver la fortune d’une famille milliardaire » a-t-il déclaré à la presse allemande, « ce serait un pas de trop ». Guido Westerwelle a donc appelé les propriétaires d’Arcandor à prendre leurs responsabilités. Le dossier Arcandor permet donc au leader du FDP de se démarquer clairement de la CDU en affirmant sa position libérale et d'équité sociale: les contribuables ne doivent pas payer pour les erreurs de leurs patrons.

Des difficultés antérieures à la crise
L’utilisation du fond mis en place pour la crise afin de renflouer les caisses d’Arcandor fait débat car, pour de nombreux observateurs, les difficultés du groupe sont davantage liées à la stratégie hasardeuse de ses dirigeants plutôt qu’aux effets de la crise économique. Il faut rappeler que Thomas Middelhoff, l'ancien dirigeant d'Arcandor avait été chargé en 2005 de redresser la situation de l'entreprise. Mais loin d'améliorer la situation, l'ancien patron de Bertelsmann a été chassé du groupe pour sa gestion désastreuse. C'est donc dans un contexte déjà fortement dégradé que Karl-Gerhard Eick, l'ancien directeur financier de la Deutsche Telekom, a repris les reines du groupe en mars 2009. La Commission Européene a confirmé le 3 juin que le groupe ne pouvait pas prétendre au fond d'aide destiné aux entreprises victimes de la crise puisque ses difficultés sont antérieures à juillet 2008. Pour le moment, toute solution étatique semble donc être écartée.

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 Kauhfof à Alexanderplatz, Berlin
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Une fusion pour sortir de la crise ?
Dès le 18 mai, le groupe Metro, principal concurrent d’Arcandor dans le secteur de la distribution, a envoyé une lettre au Ministère allemand de l’Économie pour lui soumettre un projet de fusion de ses magasins avec ceux d’Arcandor. Les deux grandes marques Kaufhof et Karstadt ne feraient donc plus qu’une si le projet venait à se réaliser. Le groupe Arcandor se séparerait donc son activité la plus déficitaire, la distribution, pour ne conserver que ses activités rentables: Thomas Cook et Quelle, numéro un de la vente par correspondance en Allemagne. Derrière cette fusion, ce sont donc des milliers de postes à Karstadt qui risquent d'être supprimés, la majeure partie étant des femmes peu diplômées et donc très fragiles sur le marché de l'emploi. Mais au delà de ces suppressions d'emploi chez Karstadt, ce sont tous les petits fournisseurs du groupe Arcandor qui risquent de subir les effets de ce rapprochement.
Mais cette proposition de fusion peut surprendre puisque le groupe Metro traverse également une mauvaise période. En 2009, Metro a réduit de 5% ses effectifs et a fortement ralenti ses investissements. L’objectif du groupe étant de réaliser 1,5 milliards d’économie d’ici 2012. Dans ce contexte peu favorable, la fusion des magasins Karstadt et Kaufhof ne règlerait donc pas le problème de la dette d’Arcandor puisque le groupe Metro ne souhaite pas prendre plus de 50% des parts du nouvel ensemble. Une stratégie qui lui permettrait d’échapper à la reprise des dettes d’Arcandor. Selon, Eckahrd Cordes, le Président du directoire de Metro, donner une aide publique à Arcandor reviendrait à fausser la concurrence. La piste d’un prêt de la banque publique KfW semble aujourd’hui être la plus sérieuse car cela permettrait à Arcandor de gagner un peu de temps et de négocier dans de bonnes conditions son rapprochement avec Metro. Une rencontre entre les dirigeants de Metro et la Chancellerie est prévue dans le courant de la semaine prochaine pour discuter de l'avenir d'Arcandor.
Cécile Tran-Tien
03-05-09
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