Deux cents ans après l’arrivée des premiers migrants d’origine germanique aux Etats-Unis, des signes de cette implantation sont encore visibles dans la culture américaine d’aujourd’hui. Cependant allemands et américains ne sont pas frères jumeaux mais seulement cousins germains. Bertrand Gallicher et Ursula Soyez ont chacun leur petite idée de ce qui rapproche ou éloigne les deux peuples.
Ce qui saute d’abord aux yeux est en rapport avec la vie quotidienne : comme les Américains, la plupart des Allemands vont au bureau tôt le matin, déjeunent sur le pouce, rentrent chez eux en fin d’après-midi – plutôt qu’en début de soirée comme les Français – et dînent de bonne heure. Les Allemands vouent un culte à l’automobile en tant qu’objet industriel, une sorte d’emblème national. Aux Etats-Unis, c’est le symbole du « way of life ». Un peu avant les Américains qui les ont copiées, l’Allemagne a construit les premières autoroutes au monde. Les styles architecturaux de la fin du XIXème siècle et du début du XXème s’inspirent les uns des autres et se répondent de Berlin à Boston, très loin du genre Haussmannien qui s’affiche à Paris. Voilà pour l’apparence.
Mais la vraie proximité entre l’Allemagne et les Etats-Unis est ailleurs. Prenez le rapport au politique et donc à la religion. La RFA est laïque, mais la croyance en Dieu est au cœur du système réel, comme aux Etats-Unis. Au point que cette présomption de foi est inscrite dans le préambule de la loi fondamentale allemande. Dans la vie politique américaine, la référence à Dieu est officiellement omniprésente. Impensable en France, pourtant « fille aînée de l’Eglise », où croyants et incroyants sont attachés à la laïcité de l’Etat. En Allemagne, la CDU/CSU revendique clairement sa filiation chrétienne, même si elle n’en fait pas un argument militant.
Dans leurs comportements individuels, Allemands et Américains sont souvent directs et pragmatiques. C’est particulièrement vrai dans les relations professionnelles – « Geschäft ist Geschäft, Schnaps ist Schnaps » – à l’opposé de la culture française, plus lente, et dont les codes sociaux sont plus sophistiqués.
Enfin, et parmi cent autres objets de comparaison, le rapport à l’argent. Un vrai sujet ici comme aux Etats-Unis, un non-sujet dans la vie sociale en France où quelqu’un ne dira pas qu’il gagne beaucoup d’argent, mais qu’il a une « bonne situation ».
Bertrand Gallicher (correspondant permanent de France Inter à Berlin)
Le 20-01-2009