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Une Allemagne écologiste et pacifiste attachée aux droits de l’Homme découvre dans le nouvel hôte de la Maison Blanche un responsable ouvert à même de susciter l’adhésion. C’est peut-être une nouvelle ère qui s’ouvre dans les relations américano-allemandes sous le signe de la bienveillance réciproque…

 

Après le vote historique du 4 novembre 2008 qui a vu, à peine cinquante ans après l’abolition de la ségrégation, l’élection d’un président noir à la tête de la première puissance mondiale et à quelques jours de sa prise de fonction officielle, le 20 janvier 2009, le retentissement est encore important. L’émotion suscitée est plus que politique. L’Obamania a atteint l’Europe, ce vote symbolique a été accueilli avec un vif enthousiasme (voir p.26 l’article sur le soir de l’élection). En témoigne l’envie des Allemands d’avoir (enfin ?) un bonne raison d’aimer à nouveau les Etats-Unis (voir micro-trottoir p.2). Obama candidat du monde ? Presque. De l’Allemagne en tout cas. A Berlin, le candidat démocrate le 24 juillet 2008, devant plus de 200 000 personnes s’inscrivait dans l’histoire : « Peuples du monde, regardez vers Berlin, là où les Allemands et les Américains ont appris à travailler ensemble. (…) Tous les gens libres, partout dans le monde, sont devenus des citoyens de Berlin ».

« S’il y a encore quelqu’un ici qui doute que l’Amérique est un pays où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos fondateurs est toujours d’actualité, qui doute du pouvoir de notre système démocratique, la réponse lui est donnée ce soir.» assénait le candidat démocrate à l’annonce de sa victoire. Justement, des doutes, le monde entier et les Européens en particulier, en avaient. Les USA de Bush ne faisaient plus rêver, au contraire ils cristallisaient le pire : volonté de domination, puissance impérialiste et capitalisme aveugle. Fiasco irakien, mensonges d’Etats et plus récemment crise financière symptomatique d’un système déboussolé n’ont qu’accentué le trouble.

À Berlin, Obama a clairement exposé sa façon de voir les relations américano-européennes : « Les Européens, aujourd’hui, (…) doivent prendre plus de responsabilités dans les endroits critiques du monde (…) l’Amérique n’a pas de meilleur partenaire que l’Europe (…) et durant ce siècle, nous avons besoin d’une Union Européenne forte. » Un changement radical pour un Etat qui a toujours vu d’un œil méfiant la construction européenne.

Changement climatique, terrorisme, crise financière, après 8 années d’errements les défits qui attendent Obama sont nombreux. Son approche clairement multilatéraliste est une chance pour les Européens. Ils ont une carte à jouer.

En face, l’Europe et particulièrement l’Allemagne ont aussi changé. Le sentiment de culpabilité lié à la deuxième guerre mondiale est moins présent dans les esprits. Les nouvelles générations ne se sentent plus redevables aux Américains. Les dirigeants actuels n’ont pas vu les GI les libérer. De même, Obama arrive avec une image nouvelle de l’Allemagne, éloignée de la Shoah ou du Mur (voir article sur p.4 sur les « Autobahn Adventures »).

Les Etats-Unis semblent à nouveau être ce pays du possible et le rêve américain redevient crédible. Cette élection est aussi un exemple pour l’Europe et la pousse à s’interroger sur son propre problème d’intégration, et sur sa capacité de rebondir, de se réinventer au moment opportun.

Toutefois Obama est et reste américain. Il défendra légitimement d’abord les intérêts de son pays (voir article sur la présence militaire p.3). Aux Européens de saisir l’opportunité, la nouvelle donne qu’implique l’arrivée de ce nouvel interlocuteur. En nommant le Prix Nobel de physique et fervent défenseur des énergies renouvelables Steven Chu au poste de secrétaire d’Etat à l’énergie, Obama a retiré à l’Europe son monopole de la bonne conscience écologique. Les USA ne sont plus les méchants, et ne peuvent, pour l’instant, plus être montrés du doigt. Les attentes et espoirs sont énormes, nombreux pensent qu’Obama ne peut que décevoir. A l’Europe aussi de ne pas décevoir.

 

David Even

 

*les « Amis » : les Allemands surnomment ainsi les Américains

 

Lire également sur ce sujet >>  "Nouvelle ambassade sous haute sécurité" et >>  "Si Sarkozy est américain, l'Allemagne ne l'est plus"








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pierro /// Montag, 16-03-09 19:09

Ca dure combien de temps un etat de grace?

 
 

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