

Au lendemain de l’avant-première de « Bienvenu chez les Ch’tis » à Berlin, Dany Boon nous a reçu pour nous donner, à chaud, ses premières impressions. Rencontre avec un artiste à qui tout sourit.
Bonjour Dany. Alors, comment cela se passe-t-il à Berlin ?
C’est super ! L’avant-première a été fabuleuse. Je suis d’ailleurs resté tout le long de la projection tant j’ai été impressionné par le travail d’adaptation fait en allemand et par la réaction du public qui riait et applaudissait pendant le film. C’était comme en France et ça c’est vraiment génial !
Justement, est-ce que les adaptations de votre film à l’étranger vous préoccupent ?
Nous sommes très vigilants. C’est d’ailleurs une discussion que l’on a eue très en amont, à la sortie du film en France, quand on a vu que le film marchait très fort et que les étrangers s’intéressaient au film. A chaque fois, sauf cas isolé, on avait des propositions de plusieurs distributeurs étrangers. Et à chaque fois on les a choisis, non pas pour la somme qu’ils proposaient, mais pour la qualité de leur travail et ce qu’ils avaient déjà fait en sortie de film Français. Par exemple, pour l’Allemagne, les gens de Prokino ont été vraiment formidables. Le résultat est réellement incroyable.
Donc vous êtes satisfait ?
Très. Après, tout ça c’est du plus, car je ne m’attendais pas à ce que le film ait du succès à l’étranger. Sincèrement ! Et je suis ravi de voir que ça fonctionne ! A la projection d’hier, les gens riaient énormément et c’était chaleureux. Ils ont perçu à la fois l’humour, la tendresse et l’émotion qu’il y a dans le film. J’avais eu la même expérience en Italie, en Suisse, en Belgique ou aux Etats Unis, à Los Angeles. C’est étonnant de voir à quel point ce film a un côté universel.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour faire ce film ?
Je pense que c’est une histoire de maturité d’une part et ensuite la crainte d’éventuellement le rater. Quand vous avez une région qui est derrière vous – car ma région me soutient depuis longtemps, elle a été mon premier public et je suis très attaché à mes compatriotes – c’était important de ne pas décevoir. Donc, il a fallu que j’attende d’avoir une certaine maturité qui me donnerait le recul nécessaire afin d’écrire un film représentatif de ce qu’est la région, c'est-à-dire pouvoir créer une histoire à la fois drôle et émouvante. C’est tellement difficile de réussir un film.
Pensez-vous que, grâce à ce film, la vision collective en France ait changée ?
Je pense, oui. Déjà, rien que sur les gens provenant du nord et qui n’en parlaient pas obligatoirement : ils revendiquent maintenant leur appartenance à la région. Il y a une forme de fierté d’être du nord et de parler Ch’ti. Les enfants se mettent à parler le Ch’ti et à m’appeler « biloute » dans la rue. Il y a une fierté identitaire car le film véhicule beaucoup d’humanité, de tendresse et de gentillesse, sans être niais. C’est important pour les gens du nord d’avoir un cinéma différent, car avant les films qui se déroulaient dans le nord étaient des drames ! Et là, j’ai appris qu’il y a beaucoup de projet de comédie en préparation. Les auteurs et les réalisateurs qui veulent faire des films sur la région sont désinhibés sur le plan artistique. J’en suis heureux.
Pensez-vous que le même film réalisé par quelqu’un ne venant pas du nord, aurait eu le même impact ?
Je ne pense pas. C’est comme quand on m’a dit en Alsace ou en Bretagne « Ah ! Maintenant il faut faire un film sur nous ! ». Je réponds que je ne suis ni Alsacien ni Breton. Je suis du nord et j’en parle bien parce que j’ai ça en moi. J’ai grandi dans cet univers là. Dans une vie d’artiste, les émotions qu’on a eues étant enfant influencent toute ta carrière. Et souvent plus on est proche de ces émotions là, plus on touche le plus grand nombre.
A brûle pour point, quel est votre pire souvenir scénique ?
J’en ai plusieurs (rires). Mais le pire c’est sûrement à l’époque de mon sketch « Je vais bien, tout va bien.. » (ndlr Le déprimé). Je faisais une sorte de danse un peu folle au début du spectacle sur « Kakaline » et, un jour, je suis tombé. Mon petit doigt a alors tapé et s’est retourné. En voyant ça, comme je suis très hypocondriaque, je me suis senti mal et j’ai demandé s’il n’y avait pas un médecin dans la salle. Personne ne bougeait et les gens riaient ! C’est mon équipe qui est allée chercher un médecin pour l’amener en bord de scène. A la vue de mon doigt, il m’a annoncé que c’était luxé et qu’il fallait le remettre. Comme je voulais faire le spectacle, je lui ai demandé de le faire sur place. Il s’y est quand même repris à 3 fois avant de réussir, et plus je hurlais, plus les gens riaient. A la fin, mon doigt a enflé et j’avais l’impression d’avoir deux pouces. Je repérais le dos de ma main grâce aux ongles ! Ce spectacle a été cauchemardesque ! Et ce jour-là, dans la salle, il y avait une journaliste du Figaro qui a écrit une critique en disant « c’est formidable, il a du talent mais il a un sketch avec un faux médecin qui est très mauvais, qui tire en longueur avec une histoire lamentable de doigt retourné » ! (rire)
Et vos projets ?
J’ai tourné avec Danièle Thomson le film « Chorale » dans lequel nous sommes 11 acteurs principaux et qui sortira en mars prochain. Avant cela, le 7 janvier il y aura une comédie romantique avec Sophie Marceau. Et en ce moment, je tourne avec Jean-Pierre Jeunet, et ça c’est vraiment formidable, je suis heureux. Quand à la scène, je serai à l’Olympia fin 2009. Sans doigt retourné !
Propos recueillis par Letizia Mariotti
« Bienvenue chez les Ch’tis - Willkommen bei den Sch'tis » en salle depuis le 30 octobre.
Le 08-12-2008
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Tout cela est vrai , mais il ne faudrait pas oublier le Tibet.
Cinéma de la Francophonie - Filme in Originalfassung mit französischen Untertiteln
Jeden Freitag im Institut français de Hambourg, ab 15 Uhr, Eintritt frei
En décembre 2008, la communauté internationale célèbrera le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. L’Institut français de Hambourg montre dans le cadre du ciné club une série de 17 documentaires en version originale proposant autant de regards originaux sur la situation des droits de l’Homme dans le monde, aujourd’hui et dans l’histoire récente.
Im Dezember 2008 wird die internationale Gemeinschaft den 60. Geburtstag der Verabschiedung der Erklärung der Menschenrechte feiern. Das Institut français de Hambourg zeigt in seinem Kinoclub 17 Dokumentarfilme in Originalfassung über die Lage der Menschenrechte in der Welt.
16 janvier 2009
S21, la machine de mort khmère rouge
France/2002/35 mm/105’
Sous Pol Pot et le régime khmère rouge, entre 1974 et 1979, près de 20 000 personnes sont internées, interrogées, torturées puis exécutées au centre de détention et de torture au cœur de Phnom Penh, S21. Rithy Panh tente de comprendre comment le parti communiste du Kampuchea démocratique a organisé et mis en œuvre sa politique d’élimination systématique. Pendant près de trois ans, le réalisateur a entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés (sept survivants), mais aussi auprès de leurs anciens bourreaux. Il a convaincu les uns et les autres de revenir confronter ensemble leurs témoignages dans le lieux même du centre, reconverti en musée du génocide. Confrontant bourreaux et victimes, Rithy Panh mène une réflexion bouleversante sur la mécanique totalitaire.
exact Benji je suis bien d'accord!
mais si tu dis ça en Allemagne tu passes pour un snob qui méprise 20 millions de spectateurs français...le pire c'est que ce gentil navet est en train d'avoir un succès ici aussi en Allemagne!
Dany boon est bien sympathique, mais cela ne change rien à l'affaire, il s'agit vraiment d'un film indigent, à se demander comment il a pu avoir un tel succès!